Chemin de croix de Shipshaw

À chacun sa raison de marcher

Quelque 125 personnes ont marché dans les rues... (Photo Michel Tremblay)

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Quelque 125 personnes ont marché dans les rues de Shisphaw, hier.

Photo Michel Tremblay

Katerine Belley-Murray
Le Quotidien

(Shipshaw) Il fallait être courageux, et très croyant, pour braver le vent froid et marcher le chemin de croix, à Shipshaw, pour commémorer la mort et la résurrection du Christ.

Une grande majorité de personnes âgées, quelques enfants et de jeunes adultes ont marché dans les rues de Shipshaw. Ils étaient quelque 125 croyants. Parmi eux, un homme avait une raison bien particulière d'y être. À pareille date l'année passée, il était cloué au lit et risquait de perdre une jambe.

«J'avais la bactérie mangeuse de chair. J'ai prié le Bon Dieu et mes parents. J'ai prié, et encore prié. Les médecins disaient que ça regardait mal. J'ai été 55 jours au lit, dont neuf à l'hôpital. Ça fait un an de cela. Aujourd'hui, je fête l'anniversaire de ma guérison», mentionne l'homme, qui refuse d'être nommé dans le journal, sauf par le surnom «l'Acadien». Il marchait hier avec sa canne, mais sans que le tout ne lui semble pénible.

Devant, deux jeunes filles de 14 ans marchaient ensemble. «Nous sommes venues pour notre grand-mère, mentionnent les cousines Kathie Tremblay et Vicky Gilbert, de Saint-Charles. On va à l'église quelques fois par année. La vérité, c'est que je ne ferais pas un chemin de croix tous les mois!»

L'une des organisatrices du chemin de croix de Shipshaw, Johanne Thériault, est certaine que le vent froid a eu une influence sur le plus bas taux de participation.

«Certaines personnes âgées n'apprécient pas particulièrement ce genre de température. Ç'a pu les décourager, souligne l'agente de pastorale. Personnellement, je crois que nous vivons des morts et des résurrections tous les jours. Ce chemin de croix nous fait revivre ce que Jésus a fait pour nous.»

Christine Bergeron participait quant à elle à la célébration en famille, avec son mari et ses enfants de 13 et 11 ans.

«Ça fait partie de notre carême. Nous ne mangeons aucun dessert durant cette période. Nous essayons d'être aussi pratiquants que possible. Pour nous, c'est super important. Ça fait plusieurs années que je viens. Je trouve que c'est encore mieux depuis que le trajet est moins long. Nous faisons plus d'introspection et marchons moins.»

Les personnages, tous costumés pour l'occasion, ont arrêté dans 14 «stations», question de prier et d'entonner des chants religieux. En plus de Jésus, plusieurs autres personnages, comme la Vierge Marie, les apôtres et les soldats, participaient à la célébration. Cette tradition du Vendredi Saint se poursuit à Shipshaw depuis 1984.

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