Hier, une quarantaine de représentants se sont réunis dans un motel de Jonquière pour écouter la présentation du budget avant de se livrer à un exercice d'analyse de principales mesures.
Selon François Malenfant, porte-parole de Solidarité populaire, ce budget ne contient pas les mesures appropriées pour combattre la pauvreté dont sont affublées des centaines de milliers de personnes. « Ce gouvernement dit avoir un plan pour être la nation où il y aura le moins de pauvreté d'ici 2013, mais on ne sent pas la volonté d'atteindre cet objectif. Nous avions mis au défi le ministre de parler d'inégalité et il n'en a parlé que deux fois « commente-t-il.
M. Malenfant ajoute que toute la population continue d'être affublée par les mesures annoncées dans les budgets précédents qui touchent la hausse de la TVQ de 2 %, de l'essence (1 cent du litre jusqu'en 2013), des tarifs, l'impôt santé, etc. Le porte-parole accuse le gouvernement de vouloir redresser ses dépenses en sabrant dans les services aux plus démunis puisque la clientèle du ministère de l'Emploi et de la Solidarité subit des coupes qui se répercutent directement sur les personnes les plus fragiles.
En ce qui a trait aux montants annoncés pour aider les personnes âgées à demeurer à leur domicile, M. Malenfant y voit une mesure positive.
FTQ
La présidente du Conseil régional FTQ, Marcelle Perron, s'est dite déçue que le ministre Bachand annonce la mise en place du nouveau régime volontaire de revenus de retraite, ce qui ne correspond pas du tout aux demandes logées par la centrale depuis deux ans. « Nous réclamons depuis deux ans une augmentation des cotisations à la Régie des rentes afin de permettre à tous d'avoir une meilleure prestation de retraite. Nous souhaitions une cotisation jusqu'à 62 000 $ comme ça se fait pour le régime québécois d'assurance parentale et la CSST. «
En ce qui sa trait à l'adoption de mesures pour favoriser le développement minier, Mme Perron aurait souhaité que Québec adopte des mesures pour favoriser le développement d'un noyau industriel dans la seconde et troisième transformation du minerai.
ASTUSE
Du côté de l'ASTUSE, un organisme de défense des chômeurs, Sylvain Bergeron estime qu'il s'agit d'un budget électoral à la mesure des moyens dont dispose le gouvernement. « C'est très négatif. Tous les ministères devront réduire leurs dépenses de 1 %, ce qui touchera directement les personnes à faibles revenus. «
Étudiants grévistes
Stéphane Dufour, du Comité de grève, secteur travail social, à l'UQAC, affirme que Québec a manqué une belle occasion de démontrer une volonté de négocier. « Ça nous fait dire qu'il faut continuer la lutte. On est 210 000 étudiants en grève et ça continue «.
Dvilleneuve@lequotidien.com
Josée Bouchard, présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec.
L'Almatoise Josée Bouchard n'en revient pas de l'ampleur des compressions budgétaires du gouvernement en éducation, qui sont de l'ordre de 150 millions de dollars, alors que les commissions scolaires viennent de subir des mesures de redressement de 200 M$.
« Je n'arrive pas à croire qu'il faille encore convaincre le gouvernement que l'éducation doit être la priorité de notre société. Pas une seule ligne du discours ne porte sur l'éducation préscolaire, primaire et secondaire. Cela ne fait plus partie de ses priorités, alors que pour développer le Plan Nord et former une main-d'oeuvre qualifiée, nous avons besoin d'un système public d'éducation financé adéquatement pour faire face aux défis », dit-elle.
« Ces nouvelles compressions enlèvent toute marge de manoeuvre aux commissions scolaires qui ne pourront plus faire le choix, par exemple, d'ajouter des services aux élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation. »
Sylvain Gaudreault, député péquiste de Jonquière
« Je retiens trois choses. Il s'agit d'un budget électoraliste, sans vision et il n'y a rien pour la région. Électoraliste, car le ministre annonce des petites mesures à la pièce, des crédits d'impôt pour satisfaire des clientèles en particulier. Sans vision, car il n'y a pas grand-chose qui se dégage du budget. Rien pour l'éducation. Pas un sou nouveau pour contrer l'intimidation ou encore pour la réussite et la persévérance scolaire. »
« Quant à la région, il n'y a rien. Je m'attendais à un début de commencement de réponse pour le barrage Jim-Gray. Il aurait pu le mettre aux enchères, lancer un appel d'offres ou annoncer une relance des négociations avec Produits forestiers Résolus. Rien », résume Sylvain Gaudreault.
Éric Dufour, président de la Chambre de commerce de Saguenay
« Les gens de la région peuvent tirer profit de ce budget, notamment avec l'enveloppe de 170 M$ pour la valorisation des ressources forestières et la deuxième et la troisième transformation. Il y a aussi des crédits pour les entreprises qui veulent se convertir en prévision du Plan Nord, de même que les crédits d'impôt pour la formation où le gouvernement a ajouté le volet des ressources naturelles. Il s'agit de mesures intéressantes », note Éric Dufour.
Sonia Côté, coordonnatrice de Loge m'entraide
« Le ministre Bachand jette de la poudre aux yeux quand il se sert du financement de 500 logements privés à loyer dit abordable en Abitibi et sur la Côte-Nord pour faire croire qu'il respecte son engagement de 3000 logements. Ce n'est pas la même chose que du logement social. »
« Même si le gouvernement augmente de 2000 à 2500 le nombre de logements sociaux financés, il renie l'engagement de 2008 alors qu'il avait promis de construire 3000 nouvelles unités par année sur une période de cinq ans. Cet engagement n'a pas été respecté en 2011. »