Des informations stratégiques livrées aux compétiteurs

Denis Villeneuve
Le Quotidien

(JONQUIÈRE) La divulgation mercredi de l'entente secrète signée en décembre 2006 avec le gouvernement du Québec a porté un coup à Rio Tinto Alcan qui voit d'un mauvais oeil que ses compétiteurs aient maintenant accès à des informations stratégiques. La société entend procéder à un examen afin de déterminer d'où peut provenir la fuite ayant permis de dévoiler le document.

Hier, le chef des opérations de RTA Métal primaire, Étienne Jacques, s'est présenté devant la presse afin de faire le point sur l'entente signée en 2006 et exprimé sa déception à la suite des derniers événements. « Je suis déçu parce qu'on vient de mettre au jour les informations d'une entente, un contrat que tous les compétiteurs peuvent avoir. Nous sommes une compagnie privée qui a des coûts de production à assumer. Quelqu'un est capable aujourd'hui d'estimer avec une bonne précision l'argent que je dois mettre pour rencontrer mes engagements en investissements, en recherche et développement. Je n'ai pas ces informations sur internet pour mes compétiteurs au Moyen-Orient «. Selon lui, un tel dévoilement pourrait avoir un impact sur la compétitivité de l'entreprise.

Devant le fait accompli, la direction de RTA entend faire enquête auprès des partenaires que sont Hydro-Québec et le gouvernement du Québec pour déterminer d'où provient la fuite médiatique.

M. Jacques a confirmé que l'entente comporte une clause de force majeure et que RTA ne s'est pas prévalu officiellement de cette clause majeure qui lui aurait permis de se soustraire aux obligations de l'entente en cas de lock-out. Il est vrai, selon lui, que les surplus d'électricité sont acheminés vers Hydro-Québec même si la société d'État n'a pas besoin de ces surplus. M. Jacques a indiqué que tout est lié à l'hydrologie. L'électricité acheminée sur le réseau d'Hydro-Québec par RTA permet à la société d'État d'accumuler l'eau derrière ses barrages en vue d'un turbinage plus tard dans l'année. « Pour nous, ce sont des pertes. La pire des choses que pourrait faire Hydro-Québec serait d'ouvrir les pelles actuellement. « Il maintient que le conflit actuel à Alma entraîne des pertes de 1 million$ par jour sans compter les frais de redémarrage des cuves de l'aluminerie almatoise.

Il a réitéré que RTA est avant tout un producteur d'aluminium avant de produire de l'électricité et il en veut pour preuve le redémarrage des installations de Shawinigan, mises hors service en raison d'un bris majeur. « C'est plus payant pour nous de produire de l'aluminium que de l'électricité «.

Bonne entente

Le chef des opérations a qualifié de super bonne l'entente de 2006 pour l'économie régionale, le Québec et le Canada puisqu'elle comporte un programme d'investissement de plus de 2,2 G$ pour la modernisation des usines, le maintien des efforts en recherche et développement, le soutien aux équipementiers. M. Jacques a mentionné que RTA dépassera les prévisions d'investissement liés aux phases 2 et 3 de l'usine AP60, ce qui fait de l'entreprise le plus important investisseur au Québec.

Rappelons que l'entente de décembre 2006 prévoit un prêt sans intérêt de 400 M$ remboursable dans 30 ans ainsi qu'une aide fiscale de 112 M$ en retour d'investissements de 2 G$ pour la construction d'une nouvelle usine au Complexe Jonquière et une hausse de production à l'aluminerie Alma. La fermeture de l'usine Vaudreuil, prévue pour 2008 (non effective), de l'aluminerie Beauharnois (survenue en 2010), Shawinigan (prévue pour 2014) et l'arrêt de salles de cuves à Arvida figurent au document.

Dvilleneuve@lequotidien.com

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