Voilà l'un des principaux constats qui ressort d'une conférence sur l'identité numérique prononcée par le professeur Patrick Giroux aux élèves du Séminaire de Chicoutimi.
La conférence livrée aux élèves de secondaire I à V hier, est la première activité de trois volets pour connaître les impacts du cyberespace sur la vie réelle.
Loin de vouloir empêcher les jeunes d'utiliser les réseaux sociaux, M. Giroux, qui est professeur à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), souhaitait plutôt que ceux-ci réalisent l'importance de leurs actes ou de leurs paroles sur la toile.
«On devrait en parler plus, donner des exemples positifs. Surtout, il ne faut pas continuer à jouer à l'autruche et éviter les réseaux sociaux», explique celui qui enseigne aux futurs professeurs.
Mais pourquoi faut-il à tout prix surveiller les Facebook, Google" et autres sites du genre?
«Il ne faut pas faire l'ermite, parce que les autres autour de vous vont continuer à y aller. (..) Vous devez savoir ce qui se dit sur vous», met-il en garde.
Une situation dont peut témoigner le directeur général du Séminaire, Grant Baergen, qui a vu des personnes malintentionnées créées un faux compte sur Facebook à son nom. M. Baergen, qui s'était juré de ne jamais céder à la tentation, a donc dû se joindre lui-même au site de réseautage pour rectifier les faits.
Conséquences réelles
Selon M. Giroux, il faut toujours garder en tête que les réseaux sociaux sont des endroits publics. Et avec 800 millions de comptes actifs sur Facebook, tout finit par se savoir...
«Vous avez beau avoir restreint vos photos, rien n'empêche vos amis de copier votre photo et de la mettre sur leur profil ou leur ordinateur. Un ami aujourd'hui peut l'être moins demain, c'est pour cela qu'il est important de faire du ménage», suggère M. Giroux.
Il rappelle aussi que les différents sites sont des mines d'or d'informations pour les futurs employeurs.
«Disons que vous allez porter votre CV au dépanneur du coin pour travailler le samedi matin, mais que l'employeur découvre sur Facebook que vous sortez tous les vendredis soirs, est-ce qu'il va vous engager?», dit-il soulignant au passage que les étudiants apprennent à l'université comment fouiller sur Facebook.
«Les employeurs prennent votre CV lisent le nom et vont immédiatement sur Google, avant même de lire la suite.»
Une photo peu avantageuse prise à 16 ans peut donc revenir hanter une personne des années plus tard.
«Ce que vous mettez en ligne, ça ne disparaît pas. Même si vous le supprimez, ça reste sur des serveurs, quelque part...»