Pour la première fois depuis l'annonce de la mort du «gourou du mont Éternel», en Gaspésie, Gabrielle Lavallée a commenté, hier, les sentiments qui l'ont animée dans les instants qui ont suivi le meurtre. Elle l'a fait en marge d'une visite dans une école de Roberval, à l'invitation d'une professeure de cinquième secondaire.
«Moïse» Thériault, qui a avait fait de Gabrielle Lavallée une de ses femmes au sein de sa secte, a été assassiné par un voisin de cellule à la prison de Dorchester, au Nouveau-Brunswick, le 26 février dernier. La secte de Moïse a fait grand bruit. Mme Lavallée a elle-même écrit un livre sur son histoire et un film, «Moïse, l'affaire Roch Thériault», a été produit.
Gabrielle Lavallée est claire. Selon elle, l'assassinat de l'ancien gourou était un geste prémédité.
Aujourd'hui âgée de 62 ans, Mme Lavallée croit que la préméditation s'explique par deux événements. D'une part, le reportage exclusif de La Presse, dans lequel il n'exprimait aucun remord, aurait choqué des gens et, d'autre part, son état de vulnérabilité, par suite d'interventions chirurgicales, ont facilité son assassinat, croit-elle.
«J'ai le profond sentiment que le détenu qui a commis ce geste était de connivence avec les autorités en place pour l'éliminer. À ce moment, il ne croyait pas mériter l'emprisonnement et il n'avait fait aucune allusion à la culpabilité», se dit la Chicoutimienne, qui a vécu l'enfer au sein de la secte de Moïse.
«Roch Thériault était un homme très fort et, pour une rare fois, il ne pouvait pas se défendre».
Bien qu'elle se sente sereine depuis la mort de Thériault, elle affirme qu'aucun être humain ne mérite une mort aussi brutale que celle dont a été victime son ancien gourou. «Il est mort au bout de son sang. Je suis sûre qu'il a eu le temps de voir le film de sa vie. Je priais pour sa conversion depuis des années et je crois sincèrement qu'il s'est converti in extrémis», exprime celle qui s'est tournée vers la religion depuis.
(La suite dans la version papier du Quotidien)