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Des souvenirs qui datent de l'adolescence

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Les auteurs-compositeurs Jocelyn Boucher et Bruno Simard étaient dehors lorsque le glissement de terrain s'est produit.

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Les auteurs-compositeurs Bruno Simard et Jocelyn Boucher ont commencé à joueur de la musique ensemble à Saint-Jean-Vianney, dans des garages de la rue Stanley. Ils étaient âgés d'une quinzaine d'années lorsqu'ils ont vu les maisons être emportées par la boue, le 4 mai 1971, alors qu'ils se promenaient dehors. Ce sont leurs souvenirs d'adolescents de la vie dans le village qu'ils ont voulu chérir dans l'album Devoir de mémoire.

Chacun y signe huit chansons, en plus d'une pièce musicale intitulée Terres rompues, comme le lieu-dit un peu en aval de la rivière Shipshaw où on retrouve les premiers signes d'habitation et le futur site de Saint-Jean-Vianney. Les compositions seront présentées en spectacle le 4 mai prochain au Centre multiservice de Shipshaw. Cinq musiciens seront sur scène.

«De plus en plus, on découvre de nouvelles archives, des reportages produits quelques jours après la tragédie, etc. Mais des traces historiques de ce qu'était la vie à Saint-Jean-Vianney, il n'y a presque rien, que des documents très standards comme la date de la fondation ou la venue du premier curé», explique Bruno Simard.

Celui qui retourne régulièrement sur les lieux du drame déplore la désolation présente. Il a soudainement eu l'idée, en novembre 2014, de rendre hommage en chansons au village, pas seulement à la catastrophe. «J'y ai vécu dans les années soixante. C'était une époque d'effervescence en Amérique, avec le rock'n'roll et le Québec qui commençait à s'affirmer... C'est aussi de ce contexte qu'on s'est inspiré. Le drame a été amplement traité. On fait la place au plaisir de vivre à cet endroit. Ce qui était particulier, c'est qu'il y avait beaucoup de musiciens par rapport à l'importance de la population!»

Bruno Simard, comme il le chante dans la pièce Dormir en paix, se rappelle un village en développement, plein d'espoir. Ses parents y avaient d'ailleurs emménagé quand il avait environ huit ans, comme plusieurs autres familles. «Nous étions plusieurs jeunes à avoir quitté les centres-ville de Jonquière ou de Chicoutimi. On ne voulait pas aller vivre là, loin de tout, avec les agriculteurs, mais finalement on a commencé à beaucoup aimer ça. Lors du glissement de terrain, c'était comme être déraciné une seconde fois.»

La maison de M. Simard a été déménagée sur le plateau Deschênes à Arvida, comme ce fût le cas de la majorité des résidences. Il habite maintenant dans le secteur de Lac-Kénogami, tandis que son ami Jocelyn Boucher réside à Montréal. Internet a beaucoup facilité le travail des deux hommes.

Les artisans André Tremblay à la réalisation, Richard Dallaire à la batterie et Sabin Fleury à la basse ont contribué à l'enregistrement de l'album de façon presque bénévole. Leur implication, ainsi que la commodité des nouvelles technologies, a permis de produire un disque d'une qualité étonnante étant donné le budget accordé, selon Bruno Simard. Il a été parrainé par la Corporation de sauvegarde et de valorisation du territoire de Saint-Jean-Vianney pour le financement et compte produire 250 copies.

«On va voir avec la demande si on va en faire plus. On va peut-être aussi faire un autre soir de spectacle s'il y a beaucoup d'engouement, fait-il part. J'ai présenté l'album à un groupe plus élargi de personnes, et il y a eu un très bel accueil. Évidemment, c'est aussi émouvant.»

L'artiste originaire de Saint-Jean-Vianney, Ginette Chavarie, a réalisé... (Photo courtoisie) - image 2.0

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L'artiste originaire de Saint-Jean-Vianney, Ginette Chavarie, a réalisé cette oeuvre qui illustre l'album Devoir de mémoire.

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Les auteurs-compositeurs Bruno Simard et Jocelyn Boucher jouent... (Photo courtoisie) - image 2.1

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Les auteurs-compositeurs Bruno Simard et Jocelyn Boucher jouent de la musique ensemble depuis très longtemps. On les voit ici quelques années après la tragédie, en 1974.

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Des chansons pour se rappeler

Les anciens habitants du village de Saint-Jean-Vianney comptent réaliser leur «devoir de mémoire» et «tourner la page», le 4 mai prochain, au Centre multiservice de Shipshaw, lors d'une soirée spéciale de commémoration des 45 ans du glissement de terrain qui a coûté la vie à 31 personnes.

Des retrouvailles sont organisées en début de soirée afin de se rappeler des souvenirs en convivialité, suivies d'un spectacle où seront présentées 17 chansons originales composées par des témoins oculaires de la tragédie. Une centaine de personnes ont déjà manifesté leur intérêt pour l'événement organisé par la Corporation de sauvegarde et de valorisation du territoire de Saint-Jean-Vianney. Le nombre de places est limité.

«Oui, il y a eu des blessures, mais il faut aller de l'avant. Les anciens du village, on aime se retrouver. Beaucoup sont décédés, mais il reste encore la génération qui était jeune à l'époque. On ne peut pas se permettre de perdre cette mémoire», confie la présidente de l'association, Rolande Lavoie, qui avait 23 ans, le 4 mai 1971.

Celle qui demeure aujourd'hui à Shisphaw milite depuis plusieurs années pour que le site soit valorisé. En plus du volet historique, la corporation intègre aussi les autres usagers, comme le club d'aéromodélisme, le quad et le motocross. La Ville de Saguenay a tenu un appel d'offres il y a quelques mois afin de coordonner les différentes initiatives du milieu.

«Notre projet a été retenu avec quelques autres, s'enthousiasme Mme Lavoie. On ne peut pas donner de détails tout de suite, car ça touche plusieurs choses.»

La conseillère municipale du secteur, Julie Dufour, assure que le travail du comité «va bien» et que des «focus-groupes» sont organisés. «C'est très grand Saint-Jean-Vianney, ce n'est pas que le trou de boue où certains vont s'amuser», mentionne-t-elle.

Fille du maire de la municipalité à l'époque, Rolande Lavoie voit grand pour ce territoire. Elle souligne le travail de Mme Dufour, qui a réussi à gagner l'intérêt de la ville, et celui de la firme Eureko, qui a identifié plusieurs points d'intérêt.

«On a présenté le projet individuellement aux députés Denis Lemieux, Serge Simard, Karine Trudel et Sylvain Gaudreault, qui l'ont reçu très positivement», affirme la présidente de la corporation.

Tout indique que cette année, le rappel de la tragédie prendra un plus vaste déploiement qu'une simple soirée, croit Mme Lavoie. Par ailleurs, elle invite les personnes qui possèdent des documents, des objets ou des photos par rapport à Saint-Jean-Vianney à les donner pour qu'ils soient mis en valeur au centre d'interprétation du Centre multiservice.

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