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«Comme faire faillite frauduleusement»

Environ 200 membres ont assisté à l'assemblée générale... (Progrès-dimanche, Mariane L. St-Gelais)

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Environ 200 membres ont assisté à l'assemblée générale samedi à l'hôtel Le Montagnais.

Progrès-dimanche, Mariane L. St-Gelais

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Le Syndicat démocratique des employés de garage du Saguenay-Lac-Saint-Jean (SDEG-CSD) estime que les quelque cinquante travailleurs, qui ont montré le désir de quitter l'organisation, vont reconsidérer leur position à la légalité incertaine. L'assemblée générale tenue samedi matin a plutôt rassuré les près de 200 syndiqués présents quant au paiement de la dette de 6 M$ contractée durant le conflit de presque trois ans avec les concessionnaires.

Le 8 avril, des employés de quatre garages, inquiets du montant d'alors 178 $ à verser par semaine pour la dette et la cotisation syndicale, ont déposé une requête en accréditation à la Commission des relations de travail du Québec. Ils souhaitaient être libérés de leurs obligations en s'affiliant au Syndicat des opérateurs de service du Québec, une entité créée par le Local 791 des opérateurs de machinerie lourde de la FTQ.

Le trésorier de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), Serge Tremblay, affirme que les avocats de l'organisation sont sur le dossier. «Ils vont analyser si c'est possible légalement de faire ça. Les membres ont voté démocratiquement pour avoir une plus grande allocation durant le lock-out. Ils savaient qu'ils allaient devoir rembourser ce montant à la fin. On pense que c'est l'équivalent de faire faillite frauduleusement.»

Le trésorier indique par ailleurs que la requête provenant de Léo Automobile est invalide, puisqu'elle n'a pas eu l'appui de la majorité des syndiqués. Les demandes de Rocoto Toyota, Alma Toyota et Automobile SG de Roberval devront être examinées par la commission, mais à la lumière des informations transmises samedi, les travailleurs changeront sûrement d'avis selon M. Tremblay.

Les employés subiraient une «perte considérable», ajoute-t-il, s'ils allaient de l'avant, en raison du régime de retraite. Près du quart des rentes et des actifs seraient perdus depuis les modifications législatives effectuées par le gouvernement. Le trésorier déplore aussi le maraudage pratiqué par le Local 791, un manque de respect croit-il, puisque les syndiqués ont été «fragilisés» par un long conflit.

Satisfaction

Les membres rencontrés à l'hôtel Le Montagnais samedi se sont montrés satisfaits à la sortie de l'assemblée. «C'est excellent», a commenté une syndiquée. «Ce n'est pas inquiétant la dette, ça va se payer tout seul», lance un autre. Seulement quelques employés des garages souhaitant se séparer du SDEG étaient présents cependant. Délégué syndical chez Rocoto Toyota, Claude Gagné a assuré qu'il communiquerait l'information avec une attitude compréhensive, sans «menace, colère ou ressentiment».

«Tout le monde était invité, mais en raison de ce qui s'est passé la semaine passée, peu de gens étaient à l'aise. Ce n'est pas juste la question de la dette qui était en jeu, explique le représentant syndical. Depuis le retour au travail en janvier, il y a eu une succession d'évènements, comme la restructuration et le changement de présidence au syndicat. Les membres se sont sentis abandonnés et ils vivaient de la pression durant le maraudage. Ils ont eu peur de manquer leur chance s'ils n'acceptaient pas tout de suite. Ce n'est pas facile tout ce qu'on a vécu. Il y a eu un manque de communication.»

Le délégué syndical de Rocoto Toyota, Claude Gagné,... (Progrès-dimanche, Mariane L. St-Gelais) - image 2.0

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Le délégué syndical de Rocoto Toyota, Claude Gagné, parlera aux employés de son garage qui songent à changer de syndicat.

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Une baisse de la cotisation

Grâce à une aide de 1,25 M$ du Syndicat national des employés de garage du Québec (SNEGQ) et de la CSD Construction, l'organisation syndicale régionale compte rembourser la dette de 6 M$ de dollars en quatre ans au lieu de six ans, peut-être même moins en économisant sur les intérêts.

L'emprunt a été contracté auprès de Desjardins durant le lock-out pour que les membres puissent profiter d'une allocation supplémentaire de 175 $ par semaine, pour un total de 400 $. Le reste était assumé par la CSD, qui a décaissé 10 M$ lors du conflit. Les syndiqués n'ont pas à rembourser cet argent.

Depuis samedi, les syndiqués consacrent 145 $ par semaine au paiement de l'emprunt et 28 $ en cotisation syndicale, somme qui était de 45 $ en janvier et qui pourrait descendre jusqu'à 25 $. «On a adopté une série de mesures pour fournir des liquidités aux employés. Par exemple, la structure administrative est moins lourde. L'argent pour la dette ne sort pas directement de leurs poches», précise le trésorier de la CSD Serge Tremblay. Sans ces moyens, la somme hebdomadaire serait plutôt d'environ 250 $.

M. Tremblay est également entré en relation avec les dirigeants régionaux de Desjardins. «Tous les syndiqués sont invités à rencontrer leur conseiller financier dès maintenant. Leur dossier va être revu pour que leurs engagements se règlent de la manière la plus intéressante possible.»

Le trésorier de la Centrale des syndicats démocratiques... (Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais) - image 3.0

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Le trésorier de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD) Serge Tremblay a dressé un portrait juste de la situation aux employés de garage.

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Fusion possible avec Québec

Les membres du SDEG-CSD de la région, présents lors de l'assemblée générale samedi, ont voté à l'unanimité en faveur d'une entente de services avec le Syndicat national des employés de garage du Québec (SNEGQ), qui pourrait se conclure par une fusion.

«Ce syndicat a une grande expertise dans le milieu automobile depuis 75 ans dont on pourra profiter. Ils ont signé la convention collective à Québec en cinq jours pour 1100 membres. C'est ce genre de relations qu'on veut développer ici avec les patrons», explique le trésorier de la CSD Serge Tremblay.

Si les employés de garage de la région veulent fusionner, ils devront voter à une proposition lors d'une prochaine assemblée générale. «Déjà ce matin, les gens étaient prêts à le faire! Ça va se faire naturellement, mais là on se concentre sur le financement», poursuit-il.

Être au sein d'une plus grande cotisation syndicale permettrait également aux membres de baisser leur cotisation.

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