• Le Quotidien 
  • > Émilie Émond honorée à l'Assemblée nationale 

Émilie Émond honorée à l'Assemblée nationale

À seulement 17 ans, Émilie Émond a reçu... (Progrès-dimanche, Rocket Lavoie)

Agrandir

À seulement 17 ans, Émilie Émond a reçu le prix Jeune bénévole - Prix Claude-Masson, pour son implication au sein de plusieurs organismes.

Progrès-dimanche, Rocket Lavoie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Patricia Rainville
Le Quotidien

Un coeur sur deux pattes. Émilie Émond, aujourd'hui âgée de 17 ans, a été honorée pour son implication bénévole, cette semaine à l'Assemblée nationale. Du haut de ses six ans, elle a décidé de s'investir pour la Fondation Jean-Allard. C'est sa petite soeur Ann-Sophie, atteinte d'autisme, et le manque de soutien qu'avaient ses parents, qui ont poussé la jeune fille à vouloir faire bouger les choses.

Émilie Émond a commencé à s'impliquer dès l'âge... (Progrès-dimanche, Rocket Lavoie) - image 1.0

Agrandir

Émilie Émond a commencé à s'impliquer dès l'âge de six ans. Elle voyait ses parents en manque de soutien, devant sa petite soeur Ann-Sophie, atteinte d'autisme.

Progrès-dimanche, Rocket Lavoie

Émilie Émond n'avait que deux ans lorsque sa petite soeur Ann-Sophie est née. Rapidement, leurs parents, Carl Émond et Nancy Tremblay, ont appris que la cadette était atteinte d'une forme grave d'autisme. «Il s'agit de l'un des cas les plus lourds au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Elle est encore aux couches à 15 ans et elle nécessite des soins 24 heures sur 24. Elle ne se lave pas toute seule. À vrai dire, c'est comme si c'était encore un bébé, mais dans un corps de jeune femme. Il y a sept ans, nous avons pris la décision de la placer en famille d'accueil. C'était trop difficile», explique Carl Émond.

Voyant ses parents chercher du soutien et des services, Émilie a décidé de s'impliquer dès son tout jeune âge. «Mes parents étaient déjà à bout de souffle et je constatais qu'il y avait un manque de soutien pour ceux qui ont un enfant autiste. J'avais seulement six ans, mais je voulais faire quelque chose», ajoute la jeune fille de 17 ans. Elle a donc commencé à faire des colliers, vendus au profit de la Fondation Jean-Allard. «J'ai eu immédiatement la piqûre pour le bénévolat, car je sentais que ça faisait plaisir. J'ai continué, en faisant des toiles, toujours pour la fondation. Je voulais qu'il y ait plus de services pour les familles qui vivent avec quelqu'un atteintes d'autisme. C'est vraiment difficile et on ne s'en rend pas compte tant et aussi longtemps qu'on ne l'a pas vécu», explique Émilie Émond, qui termine actuellement son cinquième secondaire.

Il y a neuf ans, la famille a accueilli une troisième petite fille. Léa-Rose est aussi née avec une déficience. Bien qu'elle ne soit pas diagnostiquée autiste, la petite souffre d'un retard de développement sérieux. «Elle commence tout juste à parler et elle a neuf ans. Elle doit également porter des couches. Elle n'est pas aussi atteinte qu'Ann-Sophie, mais elle nécessite tout de même beaucoup de soins», explique le papa.

En vieillissant, Émilie n'a pas cessé de s'impliquer. Toujours active au sein de la Fondation Jean-Allard, elle participe également à des activités de la Croix-Rouge et de la Maison Notre-Dame du Saguenay. Elle a aussi organisé des fêtes d'Halloween et de Noël au département de pédiatrie de l'hôpital de Chicoutimi., en plus de réaliser un stage au Guatemala, où elle a participé à la construction d'une école.

Pour la reconnaissance

Mais d'où lui viennent toute cette énergie et ce besoin d'aider les autres?

«La reconnaissance. On ne fait pas ça parce qu'on est obligé, on le fait parce qu'on aime ça. Et voir les gens reconnaissants devant notre travail est la plus belle des motivations. Comme à l'Halloween, je pensais à tous ces petits enfants qui voyaient les autres se promener déguisés dans les rues et, eux, ils ne pouvaient pas sortir. J'ai voulu leur offrir quelque chose», raconte la jeune fille.

Encore aujourd'hui, Émilie a des projets plein la tête. Celle qui entamera des études en diététique au cégep à l'automne prochain compte poursuivre ses études à l'université en kinésiologie. Une autre sphère d'activité où le besoin d'aider les autres est bien présent.

«J'aime le contact humain et j'aime être utile à quelque chose», note-t-elle.

Et, une chose est sûre, elle n'abandonnera pas son implication bénévole.

«L'important, c'est de le faire pour soi et de ne pas s'épuiser. Il faut être en mesure de trouver notre équilibre dans tout ça», a affirmé Émilie.

La complicité entre Émilie Émond et son père,... (Progrès-dimanche, Rocket Lavoie) - image 2.0

Agrandir

La complicité entre Émilie Émond et son père, Carl, est palpable.

Progrès-dimanche, Rocket Lavoie

La plus forte c'est ma fille

Les yeux du père d'Émilie, Carl Émond, brillaient de fierté, mais aussi de larmes, lors de l'entrevue réalisée par la journaliste du Progrès-Dimanche. Lorsque questionné à savoir comment il se sentait devant la générosité de sa fille, le papa n'a pu répondre, sa voix étranglée par l'émotion.

«J'imagine que vous êtes très fier de votre fille?», a demandé la journaliste du Progrès-Dimanche à Carl Émond, une fois que la jeune fille eût terminé son récit. Aussitôt, les yeux de l'homme se sont remplis de larmes.

«Oui, très. Je l'ai toujours connue comme ça», a répondu le papa, avant de se retirer dans une chambre pour gérer son trop-plein d'émotion. Émilie, touchée, a rapidement pris son père dans ses bras. «Tu es tellement ''cute'', papa!»

La complicité entre le père et sa fille est palpable. C'est d'ailleurs lui qui l'a accompagnée à Québec, lorsqu'Émilie a reçu son prix, récompensant son implication bénévole.

Questionné sur les services offerts aux parents d'un enfant atteint d'autisme, Carl Émond a affirmé que la situation avait grandement évolué au cours des dernières années. Même son de cloche du côté d'Émilie.

Plus fréquent

«Les gens comprennent mieux notre réalité, parce qu'on entend davantage parler de l'autisme. Les gens jugent plus devant l'inconnu», estime la jeune fille.

«Il y a 15 ans, les services étaient très limités. Aujourd'hui, nous avons accès à davantage de soutien, notamment les maisons de fins de semaine de répit. Mais il reste encore bien du travail à faire, surtout lorsqu'on parle des gens atteints d'autisme qui atteignent l'âge adulte. C'est comme si, tout d'un coup, ils n'étaient plus malades, alors que c'est souvent bien pire», ajoute Carl Émond.

Une invitation à s'impliquer

Émilie Émond encourage les gens à se tourner vers le bénévolat. Elle estime que les besoins sont criants et que trop peu de jeunes décident de s'impliquer. «Le plus difficile, c'est de se lancer. Souvent, on entend des gens dire qu'ils ne savent pas par où commencer. C'est vrai que c'est difficile, mais je leur conseille de prendre leur temps. Même si ça prend un an monter notre projet, personne n'attend après nous, alors ce n'est pas grave. L'important, c'est de ne pas se précipiter», affirme la jeune fille, qui a réussi à convaincre quelques-unes de ses amies à participer à des activités bénévoles. «Maintenant, elles ne veulent plus arrêter!», ajoute Émilie Émond.

La candidature soumise par la fondation

C'est la Fondation Jean-Allard qui a soumis la candidature d'Émilie Émond au prix Jeune bénévole - Prix Claude-Masson, remis mardi à l'Assemblée nationale. Il s'agissait de la première reconnaissance pour la jeune fille de 17 ans.

«On ne fait pas ça pour les prix, mais c'est certain que ça m'a fait chaud au coeur! C'était super intéressant, car on était invité à visiter le Parlement. Je n'y étais jamais allée», a raconté Émilie. «J'ai également pu jaser avec des bénévoles de partout au Québec.»

Les prix Hommage bénévolat-Québec soulignent le travail de bénévoles et d'organismes de toutes les régions du Québec. Ils récompensent les efforts déployés par des citoyennes et des citoyens dans leur communauté ainsi que l'action d'organismes en vue de promouvoir et de favoriser l'essor de l'engagement bénévole. Quarante personnes, des quatre coins du Québec, ont reçu un prix.

Outre Émilie Émond, une seconde bénévole du Saguenay-Lac-Saint-Jean a reçu un prix. Il s'agit de Yolande Pilote, une dame engagée auprès de plusieurs causes et organismes de la municipalité de Saint-Nazaire.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer