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CHRONIQUE / Ce soir-là, nous étions allés manger au restaurant et pendant que nous mangions, on a tout bonnement décidé de retourner vivre à Alma.

Nous vivions alors à Chicoutimi depuis sept ans et comme nous attendions notre premier enfant, on s'était dit que « tant qu'à être dans les gros changements, autant en profiter ».

Le truc, c'est que Julie et moi, on a tous les deux grandi à Alma et on en était venus à la conclusion que ce serait cool que notre garçon ait la même chance que nous.

Or, ce à quoi je n'avais pas pensé, c'est que je n'ai jamais été un grand champion en matière de réseautage social.

Du coup, lorsqu'on est arrivé à Alma, on a eu quelques invitations ici et là d'amis qui avaient tenu le fort dans notre ville natale, mais il y a quelque chose d'étourdissant à s'intégrer parmi une bande de copains qui partagent leur quotidien depuis plusieurs années. Quand bien même on fera tout pour que vous vous sentiez à l'aise, il y a toujours cette crainte de déranger qui m'habite.

En fait, c'est probablement une des peurs qui m'habitent le plus souvent lorsque j'ai à interagir avec d'autres individus.

Je suis là à évaluer le moindre de mes gestes ainsi que chaque mot que j'emploie et pour vous dire vrai, ce n'est jamais bien long avant que j'aie cette impression que je parle trop, que je ne parle pas assez, que je n'ai pas l'air d'avoir du fun, que je saoule la planète avec mes anecdotes et tout le tra la la.

Alors hop, au fil des années, je me suis progressivement isolé à créer dans ma maison et dans mon garage, tout en m'offrant parfois quelques courts périples à Chicoutimi afin de donner signe de vie auprès de mes amis qui y sont toujours.

Voilà donc que dernièrement, j'ai décidé de faire des efforts afin de m'intégrer à la vie almatoise.

Ça peut vous sembler ridicule, mais il faut quand même une bonne petite dose de courage pour avouer qu'on a pas mal raté sa « shot » en matière de socialisation. Mais bon, il y a quelques semaines, j'ai osé le dire à l'ami Steeve Z et c'est alors qu'il m'a parlé des Caf'Arts qui ont lieu au Café Communautaire L'accès tous les premiers vendredi du mois.

Le principe est plutôt simple si vous connaissez les 3REG, les soirées Micro Ouvert ou bien les Kinos. Je vous dis ça, car les Caf'Arts, c'est une espèce de pot-pourri de tout ça. On peut donc y voir des gens présenter une nouvelle chanson, un court-métrage ou un texte et tout ça sous un thème qui a été choisi lors du précédent Caf-Arts. À titre d'exemple, la première soirée Caf'Arts à laquelle j'ai assisté était sous le thème de l'invincibilité.

D'ailleurs, j'ai bon espoir que je m'en souviendrai longtemps, notamment en raison de la prestation d'un type tout simplement hallucinant. Le gars était bâti comme une armoire à glace et en toute honnêteté, j'ai tout d'abord cru qu'il faisait la sécurité lorsque je suis rentré dans la place.

Le gars s'est donc avancé devant la cinquantaine de personnes qui y était présente et puis hop, quand il a ouvert la bouche, c'est une voix descendue tout droit du ciel qu'on a entendu.

J'ai donc mis de côté ma gêne maladive quant au fait d'aborder des inconnus et j'ai félicité le type après sa prestation. Le gars m'a alors raconté qu'il avait travaillé une partie de sa vie dans les ressources humaines jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus de renvoyer des gens et de faire la police. Il a donc changé de métier pour devenir débroussailleur et un jour, ses collègues l'ont entendu chanter au loin, lui suggérant fortement de faire briller ce talent unique.

Le débroussailleur-chanteur-ex-gars-des-ressources-humaines a donc entrepris un cours de chant classique et ce que nous avons entendu lors de cette soirée des Caf'Arts, eh bien, c'était justement une de ses premières prestations devant public.

Sans grande surprise, je n'ai pas parlé à personne d'autre ce soir-là, sauf à Steve et à Emma (qui organise les Caf'Arts), mais bon, d'assister à la naissance d'un tel talent, c'est un sacré privilège vous savez.

On est ensuite allé siffler une bière chez Steve et Emma et évidemment, ce soir-là, j'ai sûrement trop parlé. Mais bon, je finirai bien par comprendre comment tout ça fonctionne.

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