De l'autre côté de la grille

CHRONIQUE ÉGLISE / Quand j'étais petit, ma chère grand-maman (paix à son âme)... (123rf)

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Le Quotidien

CHRONIQUE ÉGLISE / Quand j'étais petit, ma chère grand-maman (paix à son âme) insistait pour que je l'accompagne aux célébrations paroissiales du pardon. Heureusement, c'était seulement deux fois par année. Car j'avoue que j'y allais un peu à reculons. Je ne trouvais pas très agréable d'aller confesser mes péchés au prêtre.

Avec les années, ma vision de ce sacrement a beaucoup changé. La conscience de ma misère s'est développée et avec elle, mon besoin d'avoir recours à la miséricorde. On entend souvent des témoignages de personnes qui ont vécu de mauvaises expériences dans les confessionnaux, et qui ont développé par la suite une méfiance envers les prêtres et même envers Dieu. J'ai pensé vous partager un autre point de vue, celui du confesseur. Je vous emmène l'instant de quelques paragraphes, « de l'autre côté de la grille ».

D'abord, quand je vois arriver un pénitent, je remercie toujours le Seigneur d'avoir inspiré à cette personne de venir le rencontrer. Je prie l'Esprit Saint de l'aider à se confesser avec sincérité et confiance, sans peur d'être jugée. Qu'elle ne craigne pas de me dire franchement ses péchés. Ce n'est pas que je suis curieux de les entendre, mais je ne veux pas qu'elle garde ça pour elle. Le péché, c'est un cancer qui ronge de l'intérieur. Pour le traiter et le guérir, il faut le localiser.

Supposons que je vais chez le médecin, que je refuse de lui dire mes symptômes (par orgueil ou par pudeur) et que je lui demande un traitement. Comment peut-il me soigner si je ne lui dis pas où j'ai mal ? C'est pourquoi l'aveu des fautes est si important... et libérateur.

Le pénitent qui se présente à moi n'est pas un criminel. Oui, il a commis des fautes, il a fait des erreurs et il se reconnaît coupable. Mais je ne suis ni policier, ni juge. Moi, j'accueille une personne blessée par le péché et qui a besoin d'être guérie; je reçois les bras ouverts un enfant de Dieu, qui veut revenir vers son Père. Jésus leur ouvre les bras du haut de la Croix et leur dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau... » (Mt 11,28).

Mon coeur de prêtre est en fête quand je vois un pénitent repartir le coeur léger, le sourire aux lèvres, après avoir osé laisser son fardeau à Jésus à travers le prêtre. Et que dire des larmes ! Combien ces larmes de la pénitence sont précieuses !

S'il m'arrive d'en verser, moi aussi dans mon ministère de confesseur, ce sont des larmes de joie. Parce qu'un miracle se produit à chaque fois : « mon frère que voilà était mort et il est revenu à la vie; il était perdu et il est retrouvé! » (Lc 15, 32).

En ce Jubilé de la Miséricorde, prions pour que les confesseurs soient des témoins de la tendresse du Père pour chacun de ses enfants, et pour les pénitents que nous sommes. Que notre monde redécouvre la beauté de ce sacrement de réconciliation, de guérison et de paix.

Petit Frère Marie-Jonathan

Moine du Coeur de Jésus

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