Mordicus lance Edgar Allan Pop

Trois rockers sous la neige, une image poétique... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Trois rockers sous la neige, une image poétique concoctée par les membres originaux du groupe Mordicus, les Saguenéens Luc Gagné, Maxime Desrosiers et Martin Moe.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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Daniel Coté
Le Quotidien

Un soir de grosse neige au centre-ville de Chicoutimi. Regroupés au bout d'une table, dans un coin tranquille du café Cambio, Maxime Desrosiers (voix), Martin Moe (basse) et Luc Gagné (batterie), les membres originaux de la formation Mordicus, complètent une réunion qu'on pourrait qualifier de semi-formelle.

On les sent à leur affaire. Relax, mais vraiment pas dans la lune parce que le lendemain, des entrevues auront lieu à Montréal. Ce sont les premières d'une longue série pendant laquelle il ne sera question que d'une chose: l'album Edgar Allan Pop.

Dans le contexte où évolue Mordicus, c'est l'équivalent d'une campagne militaire et l'improvisation n'est pas de saison. Tout a été soigneusement planifié, y compris le concept sur lequel reposent les thèmes abordés, de même que la musique et l'image du groupe complété par les guitaristes Pier-Luc Laberge et Laurent Racine.

Prenez le nouveau symbole graphique qui montre des cheveux noirs encadrant des lunettes rondes. Il est calqué sur le look de Maxime Desrosiers et se retrouve autant sur les communiqués de presse qu'à l'intérieur de l'album. Le titre de cet enregistrement émane également du chanteur. Il en a eu l'idée il y a un an, lors d'une tournée en Abitibi.

«J'aime la photo la plus célèbre d'Edgar Allan Poe, celle où il a l'air d'un hipster», énonce-t-il. Auteur de la pochette, le peintre Hugo Mudie a représenté l'Américain en ajoutant plein de références aux années 1950 et 1960, du bolide de James Dean aux boîtes de soupe Campbell qui ont fait la fortune d'Andy Warhol.

Plus cru, plus épuré

La musique aussi traduit la nouvelle approche du groupe. Les arrangements concoctés par André Papanicolaou, responsable des sessions d'enregistrement tenues l'été dernier, au Studio B-12 de Valcourt, marquent une évolution par rapport à l'opus précédent, Cri primal.

«C'est plus cru. On a du piano, mais pas de synthétiseur. André étant un gars de guitare, on est retournés aux instruments de base», décrit Martin Moe. «Nous voulions épurer parce que le dernier disque était chargé. Cette fois, ça respire», complète Maxime Desrosiers.

Lui aussi a apporté sa contribution en chantant d'une manière différente. Il fait état d'un ton plus naturel, proche de celui de la conversation. Il y a aussi la pièce Vautour qui l'a éloigné de sa zone de confort. «J'ai dû m'ajuster au ton RnB de cette composition. On ne doit pas avoir peur de changer», affirme le chanteur.

Auteur des textes, il lève le voile sur une autre dimension du concept: l'équilibre des contraires. Parfois, la musique est plus sombre que les paroles, alors que sur d'autres plages, c'est l'inverse. «Ça reflète le travail de Poe. Il abordait des sujets sombres, notamment la mort, mais son écriture était lumineuse», note Maxime Desrosiers.

Enregistré en quatre jours, dans l'ancienne résidence de J.-Armand Bombardier, l'album suscite de grandes espérances au sein du groupe. Comme il renferme des pièces de facture différente, tout le monde y trouvera son compte, des adolescents aux boomers nostalgiques.

«C'est comme dans le temps où il y avait une face A et une face B», avance Martin Moe. Du début jusqu'au sixième titre, Top modèle, la pop est très présente, alors que la seconde partie se révèle plus «lousse», pour reprendre le mot employé par Maxime Desrosiers.

«Des amis me disent que cet album marque un retour à l'esprit des Mockin'Birds (le groupe qui a précédé Mordicus). Il y a plein de ''hooks'' accrocheurs», relève le chanteur. «Ça va bien vieillir», anticipe Martin Moe en parlant des 11 chansons qui seront disponibles à compter de vendredi.

Une belle foule attendue à Chicoutimi

Mordicus attend ses fans vendredi, au restaurant L'Entrée de Chicoutimi. Le groupe profitera d'un 7 à 9 pour lancer son nouvel album, Edgar Allan Pop. Comme on sera en famille, pour ainsi dire, le programme sera différent de celui auquel les Montréalais auront eu droit la veille.

«Ici, nous ferons presque toutes les chansons. Ça durera près d'une heure», annonce Maxime Desrosiers. Il rappelle qu'une copie physique de l'enregistrement sera remise à tous ceux qui auront déboursé 20$ pour avoir accès à cet événement.

Déjà, plus de 200 places ont été retenues sur un total de 300, ce qui laisse entrevoir la possibilité d'une salle comble. La formation a mis toutes les chances de son côté en se produisant dans un lieu accessible à tous, y compris les mineurs.

La tournée, elle, se mettra en branle au printemps. Quelques spectacles seront donnés en milieu scolaire, un marché qui serait particulièrement réceptif. Viendra ensuite la saison des festivals, que les membres du groupe abordent avec confiance.

«Il y a des événements auxquels nous n'avons jamais participé: Jonquière en musique, le Festif de Baie-Saint-Paul, le Festival d'été de Québec et les Rythmes du Monde», rapporte Maxime Desrosiers. Lui et ses camarades sont d'autant plus optimistes que chaque album a élargi leur public.

Depuis quelques jours, ils misent sur le premier simple, Grandville, pour signaler leur retour à l'avant-scène. Un clip réalisé par Ken Allaire accompagne cette chanson qui, de leur point de vue, a le potentiel pour se frayer un chemin dans les radios commerciales.

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