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Québec pourrait augmenter les volumes de bois

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs peaufine sa stratégie «... (Archives Le Quotidien, Louis Potvin)

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Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs peaufine sa stratégie « Caribou ». Elle permettra d'augmenter la possibilité forestière actuelle et ainsi éviter de diminuer les volumes garantis aux entreprises, en regroupant des unités d'aménagement forestier dans les régions, dont le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Dans le document Effets de nouvelles délimitations et de fusions d'unités d'aménagement sur la possibilité forestière, le forestier en chef transforme radicalement la structure territoriale régionale en créant une seule unité d'aménagement au Saguenay pour remplacer les deux petites, et il fond dans le même bloc les cinq unités d'aménagement du Lac-Saint-Jean. Ce faisant, le forestier en chef en arrive à la conclusion que la possibilité forestière va augmenter de 166 000 mètres cubes au Lac-Saint-Jean et de 50 000 mètres cubes au Saguenay.

Cette approche consiste à faire de très grandes unités d'aménagement pour faire croître la possibilité forestière, puisqu'il y a une modification des structures de peuplement et surtout de leur âge. Le gain serait suffisant pour contrer l'agrandissement de l'aire protégée pour le caribou forestier des montagnes Blanches à l'ouest du réservoir Manouane, alors qu'un vaste territoire sera soustrait définitivement de la récolte industrielle.

La mise en place de cet agrandissement, qui est aujourd'hui protégé administrativement et donc fermé à l'exploitation forestière, fera perdre 75 000 mètres cubes de possibilité forestière. Mais l'addition des volumes de bois obtenus avec la création des grandes unités et des volumes soustraits par la mise en place de l'agrandissement de l'aire protégée permettrait de construire une nouvelle scierie de la dimension de celle de Petit-Paris. Ou la création de 900 emplois dans la région en fonction du ratio de 300 emplois par tranche de 100 000 mètres cubes de bois.

Problèmes à court terme

Le Quotidien a effectué des vérifications auprès de certains industriels qui préfèrent pour le moment conserver l'anonymat. Ils font le constat que cette façon de faire va causer des problèmes importants à très court terme. Ils évoquent la trop grande exposition de l'exploitation forestière régionale à une éventuelle perte de certification. En ce moment, la taille des unités d'aménagement fait en sorte que la perte de certification peut être en partie contrée par le fait que d'autres unités d'aménagement possèdent leur certification, que ce soit pour les normes CSA, FSC ou SFI. C'est toute une région qui serait pénalisée par une perte de certification. L'enjeu est de taille, mais le gouvernement du Québec serait prêt à prendre ce risque énorme pour parvenir à satisfaire les appétits de Greenpeace sans s'attirer les foudres des politiciens locaux et des industriels.

Tout indique que les statistiques utilisées jusqu'à maintenant pour mesurer les impacts de la réduction de la possibilité forestière vont faire l'objet d'un autre débat. Le professeur Gilles Bergeron, de l'UQAC, et une collègue de l'Université Laval, Nancy Gélinas, réalisent une étude en ce moment pour déterminer les impacts et mesurer le ratio emploi/volume de bois.

Le gouvernement du Québec a toujours utilisé un ratio de 300 emplois par tranche de 100 000 mètres cubes de bois. Ce chiffre a même été évoqué dans les communications officielles avec le gouvernement fédéral dans le dossier du caribou forestier.

Dans une étude réalisée par l'ingénieur forestier Jules Roy, spécialiste de l'économie forestière, ce nombre dépasse les chiffres utilisés par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs depuis la Commission Coulombe. En 1999, le gouvernement du Québec voulait mesurer les impacts de l'arrêt des opérations forestières dans la région Nord-du-Québec (Chibougamau-Chapais, Baie-James). À l'époque, cette région ne comptait que la récolte et le sciage puisque Chantier Chibougamau n'avait pas encore mis en place ses usines de seconde transformation de bois d'ingénierie.

L'ingénieur forestier en arrivait à la conclusion que chaque tranche de 100 000 mètres cubes de bois générait 169 emplois directs, 110 emplois par « l'effet fournisseur » et 72 emplois induits, pour un total de 350 emplois.

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