Funérailles écologiques

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L'inhumation semble de moins en moins populaire.... (Photo Le Progrès-dimanche, Rocket Lavoie)

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L'inhumation semble de moins en moins populaire.

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Patricia Rainville
Le Quotidien

Recylclage, voitures électriques, nourriture bio, compostage, factures électroniques; le virage écologique est présent dans plusieurs sphères de la vie courante. Mais qu'en est-il de la mort? Les funérailles écolos, de plus en plus célébrées en Amérique du Nord, font tranquillement leur chemin au Québec. Dans la région, est-il possible de reposer en paix tout en protégeant l'environnement?

Urnes biodégradables, cercueils écologiques, produits d'embaumement plus respectueux de l'environnement; plusieurs alternatives sont mises à la disposition des défunts et des personnes endeuillées. Mais si on voit se pointer une légère tendance écolo dans le domaine des funérailles au Québec, rares sont les demandes en ce sens au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Carl Savard, qui a ouvert son complexe funéraire en 2010, à Chicoutimi-Nord, explique que les produits sont là, mais que les requêtes sont loin d'être chose courante.

«J'ai reçu peut-être trois ou quatre demandes en ce sens depuis l'ouverture du complexe, ce qui n'est pas beaucoup. Nous offrons les urnes et les cercueils dits écologiques, mais nous n'avons pas vraiment de question en ce sens», explique Carl Savard.

Même son de cloche du côté de Gravel et fils. La directrice, Kathy Gravel, explique avoir utilisé quelques urnes biodégradables (faites de bois ou d'un carton spécifique) et de cercueil sans métal et sans vernis. «Depuis quelque temps, il y a des produits d'embaumement beaucoup plus écologiques également (sans formaldéhyde). Je vous dirais que la tendance actuellement est vraiment à la crémation, que les gens estiment être davantage respectueuse de l'environnement. Chez nous, 94% des clients demandent la crémation, un chiffre qui a grandement augmenté au cours des dernières années», souligne Kathy Gravel.

L'inhumation semble en effet de moins en moins populaire. Chez Carl Savard, seulement 10% à 15% des funérailles organisées se terminent par une inhumation au cimetière. La tendance est également à la crémation au Complexe Carl Savard, qui s'avère également plus économique.

À La résidence funéraire du Saguenay, la directrice Brigitte Deschênes affirme n'avoir eu qu'une seule demande en ce qui a trait aux funérailles écologiques. «Peut-être qu'il y aura un changement avec les générations futures, mais pour le moment, ce n'est pas le cas.

100% écologique

Pour réduire au maximum son empreinte écologique, on peut choisir d'être inhumé sans cercueil, simplement dans un linceul.

C'est possible dans toutes les provinces canadiennes, sauf au Québec, où un cercueil est absolument nécessaire.

En Colombie-Britannique et en Ontario, notamment, il existe des cimetières entièrement verts, où tout a été pensé pour que la mort soit la moins polluante possible.

Chez nos voisins du sud, on compte une cinquantaine de cimetières de ce type. Car le moyen le plus efficace de reposer en paix tout en protégeant l'environnement, c'est de le faire sans cercueil, ni embaumement, ni crémation, le corps simplement enterré.

Saviez-vous que?

  • Au Danemark, la chaleur des crématoires est recylclée. Elle sert à chauffer des maisons et des écoles.
  • Certaines maisons offrent des funérailles vertes de A à Z : pas de vaisselle jetable au buffet, des signets en papier recyclé, le transport en voiture hybride.
  • Selon une étude de l'Université de Melbourne en Australie, chauffer un four crématoire pour brûler un seul corps produirait 160 kilogrammes de gaz à effet de serre.
  • Si vous le souhaitez, vous pouvez demander de maquiller le défunt vous-même et utiliser son propre maquillage.
  • La crémation était interdite par l'Église jusqu'en 1963.
  • Dans un cimetière standard de 10 acres se trouveraient assez de bois de cercueil pour construire 40 maisons
(Sources: Gouvernement du Québec et La Semaine Verte)

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