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Traversée du lac Saint-Jean: Desharnais, seul à l'arrivée

Après avoir partagé le trophée du vainqueur l'année... (Gimmy Desbiens)

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Après avoir partagé le trophée du vainqueur l'année dernière, Xavier Desharnais l'a remporté seul, cette année.

Gimmy Desbiens

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(Roberval) Cette fois, Xavier Desharnais a été seul à toucher la plaque en premier à l'arrivée de la Traversée internationale du lac Saint-Jean. Ex aequo l'an dernier avec Tomi Stefanovski, le Sherbrookois a mis la pédale au plancher dans les derniers kilomètres pour devancer de quelques longueurs un autre Québécois, Philippe Guertin, au terme du marathon de 32 kilomètres.

En 2008, les deux nageurs avaient également réussi un doublé lors du Marathon de la relève.

Pour une deuxième année de suite, la course passera dans les annales de la compétition internationale. Après une égalité en tête l'an dernier, la deuxième de l'histoire, il s'agissait de la première fois que deux Québécois montaient sur le podium, ce qui n'avait pas été vu pour deux Canadiens depuis 1962 avec Cliff Lumsden et le Montréalais Régent Lacoursière qui avaient terminé deuxième et troisième. En plus de tout ça, Xavier Desharnais est le premier Canadien à être sacré deux fois de suite depuis Paul Desruisseaux en 1956 et 57. « On se sent au sommet du monde. C'est vraiment un sentiment incroyable», a-t-il lancé quelques minutes après avoir rallié l'arrivée après 7h20, un peu plus d'une minute devant son compatriote. Je suis très fatigué, mais très fier. Je vais m'en rappeler toute ma vie. »

Un bon bout de temps, ils ont été quatre nageurs à pouvoir espérer à la victoire. En plus des deux Québécois, Bertrand Venturi et le Portuguais Hugo Ribeiro se sont aussi détachés du lot, mais ont lâché la tête avant d'aborder le sprint final.

Desharnais savourait évidemment plus cette victoire que celle de l'an dernier acquise après une heure de délibérations. «C'est sûr. En touchant la plaque, je savais que je gagnais. C'était vraiment un bon ''feeling''», a exprimé le double champion qui a pris ses distances sur Guertin quelques mètres avant d'entrer dans la rade.

Philippe Guertin a enregistré son meilleur résultat après une troisième position en 2012. Comme la majorité, il a peiné dans le dernier droit.

«J'ai frappé un mur avec un kilomètre à faire. J'ai levé la tête et je lui ai laissé prendre un peu d'avance, mais je ne pensais pas qu'on était aussi proche de la rade. Je pense qu'il m'aurait eu pareil», a-t-il affirmé, précisant que l'expérience et la plus grande facilité de son adversaire dans les vagues ont fait la différence.

Forcé à l'abandon l'an dernier à sa première participation, le Français Bertrand Venturi a pris sa revanche de très belle manière, s'adjugeant la troisième place. «On va le dire comme ça, même si les conditions étaient pires que l'an dernier. Qu'est-ce que ça peut être dur comme épreuve! C'est bien comme résultat », a laissé tomber l'athlète de 30 ans qui, victime de crampes aux jambes à partir du 28e kilomètre, a été largué par le duo de tête qui avait un train d'enfer, a-t-il souligné.

Pilar Geijo, la reine

Pilar Geijo a encore une fois été dans une classe à part chez les femmes. Elle a mené pratiquement de bout en bout pour signer une quatrième victoire, en six participations, une deuxième consécutive.

«Pourquoi pas, je suis la reine! », a acquiescé la nageuse originaire de l'Argentine lorsque questionnée à ce propos. Elle a également dominé la compétition en 2010 et 2011. Hier, elle a fait fi des conditions difficiles pour arriver à destination après 7h48, près de 15 minutes plus rapidement que sa plus proche poursuivante, l'Espagnole Esther Nunez Morera. «C'était vraiment très froid. Ça m'a rappelé 2010. Je crois que c'était aussi pire», a-t-elle estimé même si elle était encore ravissante et souriante.

À contrecoeur, Sabryna Lavoie a été forcé à l'abandon après un peu plus de quatre heures dans l'eau froide du lac Saint-Jean et plus de la moitié du chemin parcouru. L'athlète originaire de Saint-Bruno et seule de la région dans le peloton était littéralement inconsolable à son arrivée par bateau à la Place de la Traversée.

«Je savais que j'étais quand même bien classée. Ça me déçoit beaucoup », a-t-elle laissé tomber, incapable de retenir ses larmes.

Conditions difficiles

Le lac Saint-Jean a été littéralement sans pitié avec les nageurs hier. Plus du tiers des participants ont été forcés à l'abandon dont deux des favoris chez les hommes, Tomi Stefanovski et Damian Blaum.

Les 11 retraits représentent le plus haut total depuis l'hécatombe de l'édition 1998 qui avait été marquée par 12 abandons.

Au départ à Péribonka, sur le coup de 8h, il était évident que le marathon de 32 kilomètres serait une épreuve digne de sa réputation. Les gens sur place s'entendaient pour dire que ce serait une vraie traversée pendant que plusieurs nageurs hésitaient à se jeter dans une eau à 63 degrés Fahrenheit. Ce n'était pas extrême, toutefois, car la règle de la FINA stipule que l'eau doit être au minimum de 59 degrés pour autoriser le départ.

Après seulement une heure, un premier participant, le Brésilien Matheus Evangelista, était retiré de l'eau. Il a été imité quelques minutes plus tard par l'un des cochampions en titre, Tomi Stefanovski, qui avait annoncé plus tôt cette semaine ne pas être au sommet de sa forme. L'Argentin Damian Blaum, le plus expérimenté à sa 12e participation, a également été retiré un peu plus loin au cap des deux heures. Il a fallu passer la barre des trois heures de nage pour voir une première fille abdiquer avec la Russe Anna Mankevich, suivie une trentaine de minutes plus tard de la seule participante régionale, Sabryna Lavoie.

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