Une histoire d'envergure à Tadoussac

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Mara Tremblay fait partie de la distribution de Légendes d'un peuple-Le collectif, un spectacle qui sera présenté le 12 juin à Tadoussac.

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Daniel Coté
Le Quotidien

Le Festival de la chanson de Tadoussac a développé un goût pour les spectacles à grand déploiement. Il y a eu ceux consacrés à Brel et à l'Open Country, Les douze hommes rapaillés et l'hommage rendu à Anne Sylvestre, une jolie collection qu'enrichira Légendes d'un peuple-Le collectif, une production signée Alexandre Belliard.

L'ancien étudiant au Séminaire de Chicoutimi s'arrêtera le 12 juin. Ses compositions évoquant l'histoire des francophones d'Amérique seront interprétées par une impressionnante distribution comprenant Paul Piché, Mara Tremblay, Salomé Leclerc, Yann Perreau, Patrice Michaud, Jorane, Éric Goulet, Stéphane Archambault, Alexandre Désilets et Marie-Hélène Fortin.

«On se promène de la Nouvelle-France jusqu'aux années 1970, de Marie Rollet à Yvon Deschamps, en passant par les pionniers de l'Ouest. On montre ces personnes sous un jour humain et il y a toujours une charge émotive, des rires et un peu de colère», a décrit Alexandre Belliard récemment, à la faveur d'une entrevue téléphonique accordée au journal.

On pourrait croire que le spectacle durera jusqu'au petit matin, eu égard au nombre de participants, ainsi qu'aux trois disques et aux trois livres dont se nourrissent les interprètes. Or, le déroulement est on ne peut plus dynamique. En moins de deux heures, tout aura été consommé.

«C'est très précis. On ne peut pas niaiser parce que ça fonctionne au quart de tour. En plus, il y a une forme de partage, ce qui amène les artistes à travailler ensemble même lorsqu'ils ne chantent pas. Pendant que Paul prête sa voix à Papineau, par exemple, Salomé joue de la batterie, Mara est au violon et Jorane au violoncelle», note Alexandre Belliard.

Les pièges de l'histoire

Parler de l'histoire comporte son lot de pièges, en particulier dans ce drôle de pays qu'est le Canada. Une façon de rallier tout le monde consiste à braquer les projecteurs sur des gens méconnus qui ont accompli des choses remarquables, une définition qui convient parfaitement à Nolasque Tremblay et Émilie Fortin, une dame originaire de la région.

«Elle a été la première femme à traverser les Rocheuses et fait partie des nombreux francophones qui ont exploré les nouveaux territoires. Au-delà du fait qu'on a tenté de soumettre notre peuple par la violence, qu'on l'a conquis et méprisé, c'est quand même lui qui a développé ce pays», fait observer Alexandre Belliard.

Il n'a pas craint d'effectuer des choix que d'aucuns jugeraient subjectifs, invoquant le fait que Louis Riel et John A. MacDonald sont perçus comme des héros ou des traîtres, selon les textes consultés. Parfois, aussi, le chanteur a fait preuve d'ingéniosité.

«Pour illustrer la Crise d'octobre, au lieu de donner mon opinion, j'ai utilisé une source première, le poème Liberté surveillée écrit par Gérald Godin, que j'ai mis en musique. Il avait été arrêté en vertu de la Loi des mesures de guerre», souligne Alexandre Belliard.

Depuis la création du spectacle, qu'il rêve de présenter au Saguenay-Lac-Saint-Jean, les contacts établis au fil de la tournée ont enrichi le propos. «Après avoir chanté à Haïti, à Saint-Pierre-et-Michelon, au Canada anglais et aux États-Unis, j'ai ramené de nouveaux personnages et tracé de nouveaux liens», indique l'artisan de Légendes d'un peuple.

Il a aussi mesuré à quel point le fait français demeure une chose fragile, notamment dans l'ouest du pays. «Au Manitoba, il y avait 80% de francophones il y a un siècle, comparativement à 5% aujourd'hui, rapporte Alexandre Belliard. Ce n'est pas long, faire disparaître une langue.»

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