Une ouverture peu prolifique

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Roger Blackburn
Le Quotidien

Pour une première fois depuis une vingtaine d'années, la pêche au doré a ouvert une semaine après l'ouverture de la pêche à la ouananiche au lac Saint-Jean. L'ouverture de la pêche au doré n'aura pas été aussi spectaculaire que l'an dernier en raison du mauvais temps et du peu de succès de capture.

Le directeur général de la CLAP, Marc Archer, avait peu d'informations à communiquer sur cette fin de semaine d'ouverture, le nombre de pêcheurs n'étant pas très élevé en raison des grands vents qui ont fouetté le lac toute la fin de semaine et l'arrivée d'un front froid qui a souvent des impacts sur les succès de pêche.

«Il n'y a pas grand-chose à dire sur l'ouverture de la pêche au doré cette année. Il n'y avait pas beaucoup de pêcheurs sur le lac, l'eau était sale dans plusieurs secteurs et il n'y pas eu de nombreuses captures», laisse-t-il savoir.

«Nos employés sur le terrain (sur l'eau) ont rapporté qu'il y avait des pêcheurs dans les secteurs de Belle-Rivière, au grand marais de Saint-Gédéon, dans la baie de Desbiens, sur la rivière Mistassini dans le secteur du ''bom'' à Saint-Méthode, sur la rivière Péribonka à la hauteur de l'île du repos et dans la rivière Ashuapmushuan dans le secteur Saint-Prime. La seule place où il y a eu un peu de résultats, en terme de quantité, c'est au ''bom'' de Saint-Méthode. Il s'est pris quelques gros dorés dans la baie de Desbiens, où il y avait le tournoi semi-pro. Il y a eu quelques grosses prises dans le grand marais de Saint-Gédéon, mais ce n'était pas le Klondike. Ce fût un peu mieux dans le secteur dans la Belle-Rivière, mais rien de comparable avec l'an passé», commente le directeur général.

L'an dernier, les pêcheurs avaient capturé autour de 42 000 dorés (en soirée) pour un ratio de 0,78 dorés à l'heure par pêcheur. Selon les données de Corporation LACtivité pêche (CLAP), 25 % des captures ont été remises à l'eau.

Ce nombre de 42 000 dorés en 2013 est encore bien loin des 83 000 captures enregistrées en 2012, un record de tous les temps pour le lac Saint-Jean.

«Au cours des deux dernières années, le succès de pêche au doré a diminué considérablement. Je regarde surtout le succès de pêche pour y voir un indicateur de l'abondance des poissons. La capture et la récolte, c'est fonction du succès de pêche et de l'effort de pêche. En 2012 nous avons établi un record de succès de pêche depuis qu'on suit la pêche au doré au lac», met en relief Marc Archer

« Ces bons résultats de pêche font suite aux deux fortes classes d'âge 2005-2006, deux années consécutives où il y a eu une très forte production de jeunes dorés. On connaît ces informations grâce aux pêches expérimentales faites par le ministère de la Faune tous les cinq ans», explique Marc Archer.

Ces jeunes poissons nés en 2005-2006 se sont retrouvés au bout des cannes des pêcheurs à partir de 2010, alors qu'ils avaient cinq, six ou sept ans, et ces cohortes ont été fortement pêchées au cours des dernières années. «Les dernières pêches expérimentales du ministère ont été faites en 2010 et 2011 et elles indiquent des classes d'âge faibles. Il n'y a pas d'importantes naissances et il n'y a pas d'augmentation à constater avant quelques années. La saison de pêche devrait ressembler à ce qu'on a vécu entre 2002 et 2009. Les succès de pêche devraient être en dessous des moyennes», estime Marc Archer.

Les prochaines pêches expérimentales du ministère devraient avoir lieu en 2016 et 2017. «À partir de ces nouvelles informations, nous allons voir ce qui s'en vient au cours des prochaines années et on verra s'il y a lieu de modifier la réglementation», commente le spécialiste. La remise à l'eau de taille minimum et l'établissement des limites de prises quotidiennes pourront faire partie des modifications réglementaires.

Comme pour la ouananiche et l'éperlan, la recherche scientifique est à la base des décisions qui seront prises pour réglementer les activités de pêche sportive. La Chaire de recherche sur les espèces aquatiques exploitées de l'UQAC a fait de belles avancées ces dernières années. On sait notamment que la faible croissance du doré est en partie attribuable au climat.

«Les années globalement chaudes, caractérisées par un printemps hâtif et/ou un automne tardif sont associées aux meilleures années de croissance des jeunes dorés», affirment les chercheurs qui étudient le doré du lac Saint-Jean. La CLAP a investi 103 700 $ l'an passé pour le développement des connaissances scientifiques dans quatre projets de recherche concernant la ouananiche, le doré, l'éperlan et la lotte.

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