Vols à la baisse à Saguenay

La capitaine à la direction des enquêtes criminelles... (Photo Le Progrès-Dimanche, Michel Tremblay)

Agrandir

La capitaine à la direction des enquêtes criminelles à la Sécurité publique de Saguenay, Christine Tremblay, et le porte-parole de la SPS, Bruno Cormier.

Photo Le Progrès-Dimanche, Michel Tremblay

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le portrait de la criminalité change. Entre 2003 et 2013, à Saguenay, les introductions par effraction ont diminué au même rythme que les plaintes pour intimidation, harcèlement et menaces ont augmenté.

Le Progrès-Dimanche a consulté les rapports annuels de la Sécurité publique de Saguenay publiés entre 2003 et 2013. L'année 2003 constitue la première année complète de référence depuis la fusion de Jonquière, Chicoutimi et La Baie.

En 2003, il y a eu 946 introductions par effraction à Saguenay. En 2013, on en dénombre 575, soit une baisse de l'ordre de 40%.

«Les types de crimes et les façons d'enquêter ont changé, particulièrement au cours des dernières années alors que la société a évolué rapidement. Ton criminel, il ne dort plus juste dans ton secteur, il peut être partout en province et même ailleurs», explique la capitaine à la direction des enquêtes criminelles de la Sécurité publique de Saguenay, Christine Tremblay.

En 2001, avant la fusion, les trois villes avaient cumulé un total de 1408 introductions par effraction. «Avant la fusion, s'il y avait deux ou trois intros dans chaque ville, ça ne semblait pas si pire, explique la capitaine Tremblay. Maintenant, si on a neuf intros à Saguenay, on se dit: ''Wo! '' On voit plus rapidement les modus operandi des criminels et ils sont donc arrêtés plus vite. Avant, nous nous parlions moins entre policiers de chaque ville.»

Me Denis Dionne, qui a été procureur de la Couronne dans la région de 1976 à 2010, explique que les systèmes d'alarme, le fait qu'il soit possible d'être découvert sur place et l'impossibilité de revendre les biens dissuadent les bandits de s'adonner à ce genre de délit.

«Ils volaient de beaux bijoux et vendaient ça à une danseuse pour 20$ ou un sachet de coke! Les gens aujourd'hui sont ultra-endettés, mais ils se procurent leurs biens. Imagine un voleur qui voudrait revendre une télévision... Tout le monde en a une. Il y a de moins en moins d'acheteurs de matériel volé. La vente de stupéfiants est plus facile et plus payante. Ça ne nécessite pas d'investissement, c'est clair d'impôt et c'est facile.»

Au Québec, seulement entre 2012 et 2013, les taux d'introductions par effraction par 100 000 habitants ont diminué de 16%, selon le document La criminalité au Québec - Principales tendances 2013 du ministère de la Sécurité publique. Une baisse significative est notée depuis dix ans.

Le risque n'en vaut plus la chandelle pour les voleurs, qui se tournent vers de nouvelles techniques pour soutirer de l'argent à leurs victimes (voir autre texte).

Les vols en général, d'ailleurs, sont passés de 2292 en 2003 à 1228 en 2013 à Saguenay.

«La technologie a tellement évolué que ce n'est plus facile comme avant de voler, explique Christine Tremblay. Avant, avec un tournevis, un criminel pouvait voler une voiture. Il y avait des autos avec lesquelles tu n'avais qu'à tourner le démarreur et elles décollaient! Maintenant, il faut avoir les portes débarrées et les clés dans l'auto pour se la faire voler.»

Le harcèlement à la hausse

Les plaintes pour harcèlement, menaces et intimidation ont quant à elles augmenté de manière drastique au cours des dernières années. Les campagnes de sensibilisation semblent faire leur effet. Les jeunes dénoncent aujourd'hui davantage ce type de crime.

«Un jour, ce sera tellement ancré dans la tête de nos jeunes qu'il ne faut pas agir ainsi, qu'ils vont tout naturellement créer le changement dans la société. Ils vont faire en sorte que les autres générations comprennent. À ce moment, on aura moins de plaintes, parce que moins de personnes agiront ainsi. Quand on était enfant, l'intimidation était acceptée. Ce n'est plus le cas - c'est tant mieux - et c'est pour ça que nous avons tant de plaintes. C'est devenu tolérance zéro», affirme Mme Tremblay.

La SPS avait traité 347 dossiers de cette nature en 2003, contre 609 en 2013.

Voir autres textes dans la version papier et électronique du Progrès-dimanche.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer