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Lévy Bourbonnais: paysages sculptés à l'harmonica

Lévy Bourbonnais a envoûté les 100 personnes rassemblées... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Lévy Bourbonnais a envoûté les 100 personnes rassemblées hier soir, au Café-Théâtre Côté-Cour de Jonquière. Il a livré l'équivalent d'un solo d'harmonica d'une heure, dans le cadre du Festival des musiques de création

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

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Daniel Coté
Le Quotidien

Un solo d'harmonica d'une heure, est-ce que ça se peut? Et si oui, faut-il y voir une performance comme celles qui ont fait la renommée du Livre des records, une forme de torture qui aurait échappé à l'attention d'Amnistie Internationale, ou l'occasion de partir sur un «nowhere» musical dont on ne sort pas indemne?

Pour les 100 spectateurs rassemblés hier soir, au Café-Théâtre Côté-Cour de Jonquière, la réponse ne serait pas longue à trouver. Silencieux tout du long, attentifs aux moindres nuances dans l'interprétation, ils ont salué avec tant de chaleur les efforts déployés par Lévy Bourbonnais, le sorcier dont il est question ici, que la troisième option coule de source.

L'invité du Festival des musiques de création avait pour mandat d'animer la première tranche du programme double complété par le saxophoniste Jason Sharp. Il s'agissait de sa troisième participation à l'événement d'envergure internationale, mais de sa première en solo. On lui avait donné carte blanche et l'homme en a fait bon usage.

«Le parc (des Laurentides) me fascine. Je l'ai traversé tard, hier, et la neige tombait sur les arbres», a-t-il raconté à son arrivée sur la scène. Le temps de remercier le festival pour sa confiance et l'harmoniciste soufflait dans l'un de ses instruments, tout doucement. Il y avait un peu d'écho, un zeste de mélancolie, mais aucune trace de folk à l'horizon.

On était ailleurs, déjà, mais ce n'était que le premier pas d'une longue marche, ou plutôt d'un film, celui que chaque spectateur a pu tourner dans sa tête. Des notes saccadées faisaient penser à des oiseaux énervés, une puissante pulsation à un train en marche, à moins qu'elle n'évoque un décor inquiétant, une forêt où il neigerait à la fin de mai.

Debout entre deux consoles d'où émanaient des effets électroniques, Lévy Bourbonnais changeait parfois d'harmonica pour obtenir des sons différents, parfois étonnants. On a eu l'impression d'entendre un orgue à un moment donné, puis la sirène d'un paquebot, puis un blues lent, beau et triste à la fois.

L'atmosphère changeait constamment, mais sans brusquerie, jusqu'au moment où l'harmonica a tracé une trame délicate, fragile comme la vie. Il y a eu un silence, comme un concentré d'éternité. L'artiste a éloigné l'instrument de sa bouche et on a compris que c'était fini. Le «nowhere» céleste était rendu au bout de sa course.

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