Que d'émotions

Le chroniqueur François St-Gelais et Dave McMullen à... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Le chroniqueur François St-Gelais et Dave McMullen à leur arrivée de l'Ultramarathon.

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L'an dernier, dans les minutes qui ont suivi la fin de mon premier Ultramarathon Leucan/Odyssée-Lafontaine-Dominique-Racine, fatigué et fourbu, alors que je revivais l'expérience dans ma tête avec encore des flots d'adrénaline circulant dans mes veines, je m'étais juré que si jamais j'en avais encore l'occasion, je rembarquerais sans hésiter dans l'aventure. Justement afin de ressentir les émotions qui m'assaillent au moment d'écrire ces lignes, quelques minutes après la fin de mon deuxième «Ultra Leucan»: soit un curieux et indescriptible mélange de fatigue, de raideurs musculaires et d'un merveilleux sentiment de mission accomplie. Ce cocktail d'émotions, j'en suis convaincu, habite les 70 autres coureurs qui ont pris part à ce périple autour de la région.

La course à pied est un sport essentiellement solitaire. On peut bien sûr courir en groupe, comme nous l'avons fait. Mais, surtout sur de longues distances, la course finit toujours par devenir un sport que l'on pratique pour soi-même. Et contre soi-même. Chaque foulée devient plus pénible à mesure que le temps passe et que les kilomètres s'accumulent. On a les jambes de plus en plus raides. Même dans les meilleures conditions climatiques, même avec la meilleure des meilleures des formes physiques, la course à pied devient toujours une lutte contre sa propre volonté, contre ses propres limites. C'est cette notion propre à ce sport qui donne toute sa signification à l'Ultramarathon.

Car, notre sport solitaire par essence, devient alors un défi collectif, contre le chronomètre, contre les éléments, contre la distance, contre les faux-plats et les côtes... Et des faux-plats, au «Lac», il y en a plus que l'on pourrait le croire! Un défi collectif qui vise une cause qui ne laisse personne indifférent: les enfants courageux de notre région atteints du cancer et leurs proches non moins courageux, ainsi que les élèves moins favorisés du Saguenay qui font l'effort, chaque matin, de se lever et d'affronter leurs propres défis personnels. C'est pour eux, qu'ensemble, nous, les membres des dix équipes de «l'Ultra», avons récolté des fonds - plus de 25 000$ au total-, nous sommes préparés en multipliant les kilomètres de course au cours des derniers mois et avons complété notre boucle de quelque 300 kilomètres en une trentaine d'heures ces deux derniers jours. C'est pour eux que nous pouvons, ce matin, clamer que nous avons accompli notre mission.

Tout comme ma première expérience, ce deuxième Ultramarathon me laisse en tête une foule de souvenirs impérissables, tous imprégnés de camaraderie et d'un puissant sentiment de solidarité. Les paysages magnifiques de la région, les odeurs des champs jeannois, les coups de klaxon et les cris d'encouragement des automobilistes et des gens croisés sur le parcours... Courir en pleine nuit dans les longues lignes droites du chemin de la Friche, entre Saint-Félicien et Dolbeau-Mistassini, procure un sentiment de liberté incomparable. Même quand les autobus de la caravane nous dépassent en grondant et disparaissent dans un lointain virage, laissant notre petit peloton de coureurs fin seul dans le noir! Parce que courir dans la fraîcheur et le calme de la nuit, c'est absolument magique!

D'autant plus que Dame nature, qui apparaissait menaçante au départ dans les bulletins météo, aura finalement été sympathique à notre noble cause. Sauf pour quelques relais, en début de soirée jeudi, entre Roberval et Saint-Prime, il n'aura pas plu. Bien sûr, j'ai fait partie des malchanceux... Nous aurons eu du soleil, un vent modéré, et des millions d'étoiles pour nous guider la nuit.

Impossible également de passer sous silence l'accueil chaleureux et émotif que nous ont réservé les enfants et le personnel du Collège Saint-Ambroise, de même que la part des citoyens et pompiers locaux. La communauté appuie justement une famille ambroisienne dont le garçon combat la leucémie... Voilà qui a donné tout son sens à notre course, et quelques larmes. Voilà qui nous a fait oublier la courte nuit et les courbatures. Alors, serais-je partant en 2016? Sans aucun doute. Mais avant, j'ai besoin d'une douche, d'un bon repas et d'une longue nuit de sommeil avec les jambes étendues!

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