Aluminium: de nouveaux jalons

Saguenay, Québec et Rio Tinto (RT) doivent établir... ((Archives))

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Saguenay, Québec et Rio Tinto (RT) doivent établir une stratégie afin d'assurer la pérennité de l'Usine Vaudreuil, clé de la position stratégique du Complexe Jonquière.

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Saguenay, Québec et Rio Tinto «sans A» (RT) ont un défi important à résoudre avant la fin de la présente décennie: établir une stratégie afin d'assurer la pérennité de l'Usine Vaudreuil, clé de la position stratégique du Complexe Jonquière, qui emploie directement ou indirectement un millier de travailleurs. Le chef des opérations RT Métal primaire Amérique du Nord, Étienne Jacques, a profité de la soirée de consultations préparatoires au forum régional du 18 juin prochain, récemment, pour attacher le grelot: si des solutions ne sont pas trouvées avant longtemps, le site de dépôt de résidus de bauxite de l'Usine Vaudreuil atteindra sa pleine capacité en 2022. À ce moment, à défaut d'alternatives valables sur les plans social, économique et environnemental, celle-ci devra cesser ses opérations, avec toutes les conséquences que cela impliquerait au sein de la filière régionale de l'aluminium, au Complexe Jonquière et du côté du Roberval-Saguenay.

La bonne nouvelle, c'est que les élus de la capitale régionale et du gouvernement du Québec, ainsi que les dirigeants de RT, disposent de temps pour réfléchir à la situation et aux enjeux qu'elle soulève. Cela ne signifie pas qu'il faille procrastiner. Mais, au moins, les solutions ne doivent pas être identifiées à très court terme, dans l'urgence. Avec les risques, alors, que ce dossier, crucial, ne dérape.

Ce délai permet aussi à la compagnie d'améliorer ses procédures en matière de stockage et de traitement des résidus. Voire de trouver éventuellement un véritable débouché pour revaloriser ces déchets. Au cours des dernières années, d'ailleurs, la multinationale a mis beaucoup d'emphase en cette matière.

Dans son mémoire, M. Jacques a également plaidé pour que le Saguenay-Lac-Saint-Jean, Québec et RT renouvellent l'esprit du partenariat désormais centenaire qui les lient et qui ont fait de la région un pôle international incontournable dans le domaine de l'aluminium. Indéniablement, le métal gris continuera à être un moteur économique au fil des prochaines décennies. En ce sens, il est nécessaire, en effet, que RT et la région continuent à tisser des liens durables et profitables. Le renouvellement du décret concernant la gestion du lac Saint-Jean et la préservation de ses rives constituera un premier test afin de poser un jalon en vue de ce renouvellement du partenariat souhaité par la multinationale, surtout dans la foulée de son controversé changement d'appellation. En ce sens, la volonté de Rio Tinto de négocier de manière hâtive le renouvellement de l'ensemble de ses conventions collectives régionales représente un signal à l'effet que la compagnie cherche à se doter d'une stabilité opérationnelle accrue pour se positionner dès maintenant envers ses projets d'avenir.

Québec aura également un rôle à jouer via ses futures politiques en matière d'énergie et d'aluminium dans l'objectif d'assurer des conditions propices à la concrétisation des projets majeurs qu'espère la région.

La question des tarifs énergétiques est également cruciale dans le dossier de l'implantation d'une éventuelle aluminerie dans le Haut du Lac. Comme l'a révélé Le Quotidien récemment, ce projet piloté par Century Aluminium prend de plus en plus forme. La clé de sa réalisation s'avère justement de régler le prix de vente de l'électricité aux promoteurs. En cette période de surplus énergétiques appréhendés, Québec a la marge nécessaire pour fournir à bas coût l'énergie requise pour ce projet qui dynamiserait l'économie jeannoise et donnerait une toute nouvelle impulsion à l'ensemble de la filière régionale du métal gris. Québec dispose aussi de toute la latitude voulue pour accorder à RT les blocs énergétiques nécessaires à la réalisation de ses propres projets, à des tarifs compétitifs. Car, si Rio Tinto dispose de ses propres barrages, la compagnie demeure un acheteur net d'électricité, et elle aura besoin d'acheter des MW additionnels à mesure que ses installations régionales prendront de l'expansion et généreront de précieux emplois. Si RT «sans A» se montre prête à investir à brève échéance Québec devra répondre à l'appel.

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