Résolu a des questions sur les normes

Richard Garneau... (Archives Michel Tremblay)

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Richard Garneau

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Le Quotidien

Monsieur Dufresne,

Par la présente, j'aimerais vous informer que c'est avec étonnement que j'ai pris connaissance de vos propos dans le journal Le Progrès Dimanche du 21 décembre dernier où vous mentionnez que vous êtes disposé à faire les interventions nécessaires auprès de l'auditeur Rainforest Alliance pour que nous puissions obtenir un délai " de grâce " pour le maintien de notre certificat FSC (certificat " Lac-Saint-Jean ") dont l'échéance est prévue pour le 1er janvier. Vous mentionnez également que vous pourriez intervenir pour que le certificat expiré au début décembre (certificat " Mistassini-Péribonka ") puisse être rétabli, mais que nous devrions quand même rectifier les non-conformités qui ont mené à sa suspension et ultimement, à son expiration.

Dans nos communications passées avec vous, vous avez toujours maintenu la " nécessaire " distance qui doit exister entre le registraire et FSC Canada et que le registraire a pleine autonomie pour la conduite des audits. Notre compréhension du processus d'audit était qu'il ne pouvait y avoir aucune intervention externe dans ce processus, ce qui semble être possible actuellement selon vos propos.

Vous n'êtes pas sans savoir que, tant et aussi longtemps qu'il subsiste une seule non-conformité, le certificat FSC ne peut être rétabli. À l'instar des certificats avoisinants, nous avons soumis pour le certificat Mistassini-Péribonka, dont le certificat est échu, le plan de rétablissement du caribou préparé par le gouvernement du Québec, qui a été jugé inacceptable par notre auditeur alors qu'il a été accepté ailleurs pour un autre détenteur de certificat FSC.

Devant cet état de fait, nous ne pouvons que nous interroger sur le rôle qu'ont joué les multiples plaintes de Greenpeace auprès des auditeurs à l'encontre de nos certificats au Lac-Saint-Jean. À ce propos, Résolu serait disposé à collaborer dans le cadre d'une analyse comparative indépendante de tous les audits réalisés au Québec et en Ontario selon la norme boréale du FSC au cours des dernières années afin de comparer les exigences et les interprétations des auditeurs, ainsi que les efforts déployés par les détenteurs de certificats pour rencontrer ces exigences. Nous sommes convaincus qu'une telle analyse permettrait de démontrer sans équivoque à nos employés, aux communautés, aux gouvernements et à nos clients que Résolu est une entreprise qui a à coeur le développement durable qui repose sur l'équilibre entre les trois piliers que sont l'environnement, l'aspect social et l'économie.

En ce qui a trait au certificat Lac-Saint-Jean, qui devrait être révoqué le 1er janvier prochain, le conflit entre la Première Nation Crie et le gouvernement du Québec concernant le territoire Baril-Moses n'est toujours pas réglé. Ce dossier concerne une série d'aires de trappe pour lesquelles le gouvernement du Québec avait convenu de certains éléments avec les Cris, mais qui sont également incluses dans le territoire que le gouvernement du Québec a reconnu être celui de la nation Innue de Mashteuiatsh dans l'entente cadre connue sous le nom de l'Approche commune. Ce dossier n'est pas du ressort de Résolu mais du gouvernement lui-même. Vous avez convenu " qu'il y a une forme d'injustice pour la papetière Résolu qui est pénalisée en raison d'un conflit sur lequel elle n'a aucun contrôle ".

Dans l'édition du 3 octobre du journal Le Quotidien, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, M. Laurent Lessard, mentionnait que la suspension des deux certificats sur les deux territoires de récolte de bois de Résolu référait à des éléments concernant le gouvernement lui-même. Le 12 décembre dernier, toujours dans Le Quotidien, le premier ministre du Québec, M. Philippe Couillard, renchérissait en statuant que les dossiers portant sur l'Approche commune et sur l'habitat du caribou relevaient, tous deux, de la responsabilité du gouvernement du Québec.

Si vous avez identifié des pistes de solution, pour éviter que Résolu ne soit pénalisée avec la révocation des certificats FSC sur les territoires au nord du Lac-Saint-Jean, nous serions heureux d'en prendre connaissance.

Il est certain que nous préfèrerions rétablir ces certificats, mais d'une part il n'appartient pas à Résolu de solutionner les deux principales problématiques qui affectent ces certificats, et d'autre part, nous voyons difficilement - en regard des interprétations des auditeurs - comment le gouvernement lui-même pourrait les solutionner à court terme sans engendrer des impacts socio-économiques majeurs auprès des communautés et des travailleurs. Il est important de mentionner que bien que les suspensions de ces deux certificats soient le résultat de 13 non conformités, celles-ci sont essentiellement liées aux deux problématiques mentionnées.

Ainsi, à moins que vous ne disposiez de solutions claires qui permettraient de résoudre les deux enjeux principaux qui sont à l'origine des suspensions de ces deux certificats, et ce, tout en maintenant la viabilité de notre entreprise et des communautés dans lesquelles nous oeuvrons, nous envisageons prendre une pause afin de permettre à FSC de prendre position sur la reconnaissance des plans d'action régionaux et provinciaux pour la conservation du caribou ainsi que sur la mise en oeuvre de la résolution 65, proposée par Greenpeace et adoptée lors de la dernière assemblée générale du FSC en septembre à Séville en Espagne concernant la conservation de 80 % des paysages forestiers intacts dont l'implantation est prévue à la fin de 2016.

Pour notre part, et ce depuis l'obtention des certificats FSC, nous nous conformons aux règles les plus strictes du régime forestier québécois et nous demeurons convaincu que nos méthodes de récolte respectent les plus hauts standards à travers le monde, tel que rapporté dans une étude de l'université Yale.

Il va de soi que je serais intéressé de vous rencontrer pour en connaître davantage sur les pistes de solution que vous envisagez mettre de l'avant.

Veuillez accepter, monsieur Dufresne, mes salutations distinguées.

Richard Garneau

Président et chef de la direction

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