La transformation de l'aluminium

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Une embellie se profilerait-elle, enfin, à l'horizon sur les marchés internationaux de l'aluminium?

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

La région agit parfois devant ses réussites avec une discrétion maladroite. Au récent colloque sur le Plan Nord, cette timidité s'est confondue en politesse. Et le pays des Bleuets, dont on admire la fierté symbolisée par le Grand défi Pierre Lavoie, a fait, en ce rendez-vous économique, une déplorable démonstration de masochisme.

Une hérésie tenace

Probablement intimidés par la présence du premier ministre Philippe Couillard et de quelques membres importants de sa garde rapprochée, les entrepreneurs les plus dynamiques ont laissé les économistes Jean Matuszewski et Hélène Bourdeau propager une légende tenace relativement à l'échec présumé de la transformation des matières premières, chez nous, surtout celle de l'aluminium.

L'analyse qu'ils ont présentée s'est limitée à la sous traitance que des équipementiers animés d'un exceptionnel esprit d'entreprise comme STAS et Mecfor pratiquent avec un succès de dimension internationale. Un exploit bien connu qui enrichit la région.

Mais les deux invités ont donné l'impression d'ignorer le succès de ces champions de la transformation que sont Devinci, Remac, Sotrem Maltech, Starwall, Kaskoo et une multitude d'autres PME bien de chez nous.

Un rejet suspect

Ils savent sûrement que la Chicoutimienne Devinci s'est intelligemment consacrée à un autre créneau de production après la faillite de La Société montréalaise de vélo en libre-service (SVLS) qui a coulé, par sa mauvaise administration, le succès mondial de BIXI. Pour récompenser Devinci de son exploit, la créature issue du régime Gérald Tremblay, l'ex-maire de Montréal, lui a fait perdre près d'un million de dollars.

Après avoir avalé sa déception, Félix Gauthier et son équipe se sont orientés vers la fabrication de vélos de montagne et de route. Tout comme pour la conception du BIXI, ils ont atteint l'excellence que le Canadien Steeve Smith a fait éclater en remportant la Coupe du Monde en descente.

Depuis, partout sur la planète, les athlètes qui pratiquent ce sport réclament un Devinci. Les ventes montent en flèche. Dans une mise à jour sur les PME du Québec qui poursuivent, avec des stratégies adaptées aux conditions présentes dans des marchés matures, Stéphane Champagne, de La Presse +, explique que « Devinci réussit à enregistrer une croissance variant, selon le territoire, de 10 à 20 %. Son secret ? La PME mise sur trois équipes de courses en vélo de montagne dont elle est propriétaire. »

Au Costa Rica seulement, les ventes de Devinci ont triplé en un an. « Ces temps-ci, rapporte-t-il, l'entreprise de 90 employés bat le fer pendant qu'il est chaud et poursuit sa prospection aux États-Unis (25 % de ses ventes) et en Europe (15 %). Elle vient d'ailleurs de participer coup sur coup à l'EuroBike en Allemagne et à l'Interbike à Las Vegas, les deux plus importantes foires commerciales au monde dédiées au vélo. »

Plusieurs autres PME de chez nous engendrent de la richesse en poursuivant la conquête des marchés d'ici et d'ailleurs sans mériter la reconnaissance de leur milieu. Pourquoi s'empresse-t-on d'enfouir sous le boisseau les réussites industrielles d'entrepreneurs dont les racines sont profondément enfoncées dans le sol saguenéen et jeannois ?

Doit-on comprendre que nos élites évaluent le mérite de ces gens non au résultat de leurs efforts et de leur réussite, mais plutôt à leur fidélité à des organisations politiques ?

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