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L'Agence régionale améliore sa gestion

La présidente-directrice générale de l'Agence de la santé... (Photo Rocket Lavoie)

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La présidente-directrice générale de l'Agence de la santé et des services sociaux, Martine Couture, souhaite que la réorganisation de la prise en charge des grands consommateurs permettra à l'Agence de réduire les coûts qui y sont associés.

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(CHICOUTIMI) Personne n'aime aller à l'urgence. Pourtant, dans la région, certains malades chroniques sont contraints de s'y rendre cinq fois et plus par année. L'Agence de la santé et des services sociaux régionale souhaite changer la donne en permettant à ces «grands consommateurs» d'obtenir un meilleur suivi médical et du même coup désengorger le système, en plus de réduire les coûts des visites à l'urgence reliés à cette clientèle, qui atteignent plus de 19,6 millions$.

L'Agence régionale s'attaque à cette problématique depuis 2011. Elle a toutefois récemment décidé de mettre les bouchées doubles en améliorant sa gestion des grands consommateurs (voir ci-dessous pour définition détaillée) en participant à un programme canadien d'amélioration des services de santé.

«Des efforts importants ont été faits dans les dernières années pour réduire l'impact des grands consommateurs sur notre système de santé, et améliorer leur suivi, et nous avons eu des résultats positifs importants», souligne la présidente-directrice générale de l'Agence régionale, Martine Couture, rencontrée par Le Quotidien aux bureaux de l'organisation.

«Mais nous nous sommes demandé: est-ce qu'on donne le meilleur service possible? Est-ce qu'on pourrait le donner autrement pour que les patients soient mieux pris en charge?», poursuit-elle.

Projet FORCES

Cette réflexion a incité l'Agence à déposer une demande de parrainage auprès du programme FORCES. Ce programme, créé par la Fondation canadienne pour l'amélioration des services de santé, permet à des gestionnaires en santé de travailler sur un projet d'amélioration de leurs services.

Chaque année, une dizaine d'équipes de quatre personnes peuvent prendre part au programme de 14 mois, qui inclut des cours de formation et la rédaction d'un rapport.

En plus de Mme Couture, le groupe de la région qui fait partie de la cohorte 2013 est composé de Christine Mimeault, coordonnatrice des services spécialisés à l'Agence régionale, de Caroline Savard, directrice des services hospitaliers au CSSS Cléophas-Claveau, et du docteur Guy Verreault, directeur des services professionnels du CSSS Lac-Saint-Jean-Est.

Les quatre responsables ont travaillé plus précisément sur l'évaluation du suivi des grands consommateurs atteints d'une maladie chronique pulmonaire obstructive effectué au CSSS Cléophas-Claveau et à la Clinique médicale d'Alma.

Le rapport de l'équipe, déposé au début du mois d'août, a permis de démontrer que l'Agence régionale est sur la bonne voie, indique la PDG.

«Le projet FORCES nous a montré que nous devions, d'une part, continuer de faire ce que l'on fait, tout en accentuant le suivi des patients et en offrant un meilleur suivi en amont», note Mme Couture.

Pour améliorer le suivi des grands consommateurs, les équipes médicales devront travailler davantage en interdisciplinarité. Le tout vise à offrir un accès à des ressources dites «plus légères» que l'urgence ou l'hôpital.

L'accès à une infirmière ressource et un travail étroit avec le pharmacien, par exemple, permettent à un malade chronique de mieux suivre ses traitements et contrôler davantage sa maladie. Résultat: une réduction des visites à l'urgence et du nombre d'hospitalisations.

Si ces solutions semblent simples, leur mise en oeuvre est particulièrement complexe. «C'est une gestion de changement qui demande la participation de l'ensemble des intervenants, soulève Mme Couture. Il faut s'assurer que le grand consommateur, une fois identifié, se retrouve au bon endroit, au bon moment, avec la bonne personne.»

La réorganisation de la prise en charge des grands consommateurs permettrait à terme à l'Agence de réduire les coûts qui y sont associés.

«Ce n'est toutefois pas notre but premier: la priorité est la qualité des soins, pointe Martine Couture. Toutefois, c'est certain que nous faisons face à un double défi d'amélioration des services et d'équilibre financier.»

LES GRANDS CONSOMMATEURS

Définition - Il s'agit d'un petit groupe de personnes atteintes d'une ou de plusieurs maladies chroniques qui utilisent un grand nombre de ressources du système de santé.

En 2010-2011, l'Agence avait brossé le portrait de l'impact des grands consommateurs sur le système de santé régional. Pour ce faire, l'organisation a rassemblé des données pour créer le " CSSS type " régional. Cette démarche a permis d'établir que :

La région compte quelque 5500 grands consommateurs, soit environ 2 % de la population;

De ce nombre, en une année, 4288 personnes se rendront cinq fois et plus à l'urgence, 957 seront hospitalisées trois fois et plus, et 442 personnes bénéficieront chacune de plus de 100 interventions médicales diverses (visites à domicile d'une infirmière, par exemple).

Les visites à l'urgence des grands consommateurs coûtent annuellement 19,6 M$, soit entre 33 à 49 % du budget total des CSSS de la région.

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