Alain François enflamme la rue Racine

L'homme qui va dans les coins

Vous savez, le genre de gars qui n'a pas peur d'aller dans les coins de... (Rocket Lavoie)

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Rocket Lavoie

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Daniel Coté
Le Quotidien

(Chicoutimi) Vous savez, le genre de gars qui n'a pas peur d'aller dans les coins de patinoire, même quand l'adversaire est plus gros et plus méchant. Celui qui bloque les rondelles au risque de perdre quelques dents, qui défend ses coéquipiers. Tout le monde aime les joueurs de cette trempe et c'est pareil pour Alain François.

Il n'est pas «cute» à la façon d'un Bon Jovi, on ne confondra jamais sa voix avec celle de Bono et son violon ne sonne pas comme celui d'Angèle Dubeau, mais ce n'est pas grave. Quand on lui demande d'animer une soirée, même devant une foule aussi dense que celle qui s'est formée sur la rue Racine, hier soir, on a l'assurance, une certitude quasi métaphysique, que l'homme s'en tirera avec les honneurs.

Le Festival international des Rythmes du Monde lui avait confié la grande scène, celle de la cathédrale, et c'est lui qui devait clôturer la soirée. Or, avant même l'apparition de ses invités, Marjo et Marco Calliari, Alain François avait mis le public dans sa petite poche avec ses airs folkloriques livrés avec un enthousiasme contagieux.

Pas du type à ménager ses effets, il a vite ressorti son classique, La tête de lit, avec la complicité de ses quatre musiciens. Des têtes, il y en avait trois, en fait, des structures en métal manipulées de telle manière qu'elles suggéraient toutes sortes de choses, y compris celles que son grand-père aurait faites plus longtemps si une certaine pilule avait été commercialisée dans son temps.

C'est comme une chanson à pentures, La tête de lit, le prétexte à mille facéties qui ont réchauffé les gens pour la peine. Même les plus jeunes avaient adopté Alain François lorsque son guitariste a tricoté une intro rock qui, heureusement, n'a pas percé les nuages qui flottaient sur le centre-ville de Chicoutimi.

Marjo est alors apparue, telle un diable sorti d'une boîte. Le temps d'un bref salut et elle a offert une version de Provocante qui a constitué un pur plaisir. La voix un peu éraillée et la gestuelle rock avaient déjà ensorcelé la foule quand Alain François y est allé de quelques traits de violon fort judicieux. Pendant quelques secondes, on aurait dit du Mellencamp, tendance Paper On Fire.

Je lâche pas, a enchaîné Marjo avant de retraiter dans les coulisses sous de chaleureux applaudissements. Son hôte n'allait pas laisser baisser le niveau d'énergie après une telle performance. Mis en orbite par une histoire de tablier, ainsi que La danse à Saint-Dilon, un pot-pourri à saveur folklorique a placé la barre un cran plus haut.

Le moment était venu d'accueillir Marco Calliari et bien sûr, il n'a point démérité. Un air de la Bolduc en italien, puis une sorte de délire auquel ont participé Alain François et Marjo, ont rappelé pourquoi le festival lui a souvent confié la grande scène. Lui aussi, il joue dans les coins et il bloque des rondelles.

Un retour apprécié

À l'autre extrémité de la rue Racine, les amateurs de musiques arabisantes ont été choyés. Lynda Thalie est venue présenter son petit dernier, l'album Nomadia, devant des fans qui étaient cordés tellement serrés qu'il était difficile de faire un pas de côté. Toujours en voix, elle a bien négocié son virage pop illustré par son récent succès, Dance Your Pain Away (La tête haute).

Les fidèles ont aussi apprécié le retour de quelques perles, notamment Mon amie la rose, qui l'accompagne depuis 14 ans. La touche contemporaine est venue d'un passage aux accents hip-hop scandé sans coup férir, une parenthèse originale dans le contexte d'une chanson laissant filtrer un zeste de mélancolie.

En lever de rideau, un autre artiste originaire de l'Algérie, Karim Saada, s'est taillé un beau succès grâce à ses compositions de facture traditionnelle. Plusieurs font écho à des phénomènes tels que l'exil et le mal-être des jeunes, mais peu importe le thème, le rythme était soutenu et les gens ont pris plaisir à danser tout au long du spectacle.

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