Fruits importés du sud

Attention à la veuve noire

La morsure d'une veuve noire n'est pas mortelle... (Photo Michel Tremblay)

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La morsure d'une veuve noire n'est pas mortelle pour un adulte. Son venin peut toutefois être fatal pour une personne à la santé précaire et les enfants en bas âge si aucun antipoison n'est administré.

Photo Michel Tremblay

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Laura Lévesque
Le Quotidien

(Chicoutimi) Au moins deux veuves noires ont été découvertes à Saguenay en moins de deux semaines. Ces spécimens, dont le venin est dix fois plus concentré que celui d'un serpent à sonnette, proviennent de Californie.

Dangereuse pour la santé humaine, les deux araignées ont atterri dans la région à la suite d'échanges commerciaux. La première veuve noire a été trouvée dans l'emballage d'une pièce de machinerie commandé des États-Unis par le groupe Alfred Boivin.

L'autre spécimen, connu pour son imprimé de sablier sur l'abdomen, a été détecté cette semaine dans une grappe de raisins. En lavant ces fruits achetés à l'épicerie, une dame de 80 ans a fait cette surprenante trouvaille.

D'ailleurs, l'Agence canadienne d'inspection des aliments prévient les consommateurs que la découverte de veuves noires parmi les raisins de table, surtout ceux importés de Californie, est de plus en plus fréquente pendant la récolte d'automne.

Entomologiste

Les deux spécimens retrouvés à Saguenay ont été confiés à l'entomologiste Robert Loiselle. La dernière fois qu'une de ces araignées lui a été remise remonte à 15 ans. Le spécialiste a d'ailleurs baptisé les veuves noires Anita, en l'honneur d'une de ses tantes, et Dolores, un nom trouvé par un étudiant.

«La première fois, c'est un étudiant qui revenait de la Colombie-Britannique qui m'a apporté l'araignée. Il l'avait trouvée dans ses valises», raconte le spécialiste.

Les veuves noires ne vivent pas dans l'environnement québécois. Mais M. Loiselle ne serait pas surpris que ces mystérieux insectes puissent faire leur nid dans la province.

«Elles ne vivent pas encore liberté ici. Mais d'ici 5 ou 10 ans, ça pourrait arriver. La veuve noire a d'ailleurs trouvé refuge en banlieue de Toronto. Autrefois, elle ne vivait pas là. Et Toronto, c'est aux portes du Québec. Si elle survit à cet endroit, elle pourrait bien vivre à Montréal», explique l'entomologiste également de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

À l'heure actuelle, les veuves noires se retrouvent dans quelques régions chaudes de l'est et du centre des États-Unis, les déserts de l'Amérique du Nord et le sud du Canada.

Les deux araignées sont conservées dans des bocaux à l'université. Les veuves noires quitteront toutefois le bureau de l'entomologiste pour rejoindre le musée du Fjord.

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