Maximiser les retombées locales

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Le Quotidien

Le 20 août dernier, je me suis adressée aux membres du conseil municipal de Saint-Félicien. Le but de mon intervention était de dénoncer la vente d'une vingtaine de terrains domiciliaires à un promoteur qui vient de la couronne nord de Montréal. Le journaliste Louis Potvin a rapporté mes propos dans l'édition du Quotidien du lendemain, mais j'aimerais apporter un complément à ce reportage.

En apprenant que des terrains avaient été vendus à un consortium étranger, j'ai été pour le moins estomaquée, en sachant que 39 personnes attendent et se sont fait promettre des terrains dans ce secteur. Jusqu'à maintenant, la ville de Saint-Félicien a été capable de développer des quartiers. La main-d'oeuvre, l'équipement et l'expertise sont toujours en place.

Pourquoi demander à d'autres de faire ce qu'on est capable de faire nous-mêmes?

M. le maire, Gilles Potvin, me répond que ça coûte cher à la ville et que la ville a besoin de gens de l'extérieur pour innover et se développer.

Je réponds à cela que ce n'est pas une dépense, mais plutôt un investissement. Au même titre que l'on fait la promotion de l'achat chez nous, nous devons privilégier l'emploi chez nous.

Les entrepreneurs d'ici et leurs employés, qui paient des taxes ici et qui dépensent dans les commerces locaux, vont devoir se chercher du travail ailleurs. On n'a qu'à penser à toutes les personnes qui sont impliquées dans la construction d'une maison pour réaliser que 20 maisons qui sont construites par des gens de l'extérieur, ça prive l'entrepreneuriat local d'une opportunité qui leur revient.

Est-ce que les matériaux vont être achetés dans les commerces d'ici?

Est-ce que les fermes de toit, les solives de plancher, les murs usinés vont provenir de l'extérieur ou s'ils vont faire affaire avec une ou l'autre des trois usines qui en fabriquent dans la région?

Selon moi, le conseil municipal de Saint-Félicien n'avait qu'à développer des terrains et les vendre aux intéressés.

Ceux-ci auraient eu le loisir de choisir leur entrepreneur, le modèle de maison correspondant à leur budget, et même faire de l'autoconstruction.

Je crois que le développement de la région et de la ville doit se faire en permettant aux gens d'ici d'avoir la priorité en matière d'emploi.

Jeannine Lavoie

Saint-Félicien

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