Hier matin, au Sensplex, une demi-douzaine de joueurs qui appartiennent à l'organisation des Sénateurs d'Ottawa ont pris part à une longue séance d'entraînement informelle.
Il y avait les jeunes vétérans Marc Méthot et Kyle Turris, de même que les espoirs Mark Borowiecki, Corey Cowick et Patrick Wiercioch.
La recrue Jean-Gabriel Pageau, encore plus dans la brume que les autres, complétait le portrait.
Turris et Méthot seront tout bonnement mis en lock-out par Gary Bettman si ce dernier ne parvient pas à s'entendre avec Donald Fehr d'ici le 15 septembre. Ils disputeront leur prochain match de hockey quand une nouvelle convention collective aura été ratifiée.
En cas de conflit, Borowiecki, Cowick et Wiercioch se rapporteront directement à Binghamton.
Dans le cas de Pageau, c'est moins clair.
Le centre gatinois de presque 20 ans aimerait bien jouer dans la Ligue américaine la saison prochaine. Avec tous ces attaquants qui ont été mis sous contrat par la direction des Sénateurs au cours des derniers mois, son poste n'est pas encore gagné.
La compétition risque d'être plus forte, encore, si jamais le directeur général Bryan Murray décide d'envoyer des espoirs de premier plan comme Jakob Silfverberg et Mika Zibanejad dans les mineures en cas de conflit.
«Pour l'instant, je me présente à Kanata chaque matin pour m'entraîner. C'est là où j'en suis», résumait le jeune homme lors d'une conversation avec le représentant du Droit, en milieu de journée.
«Non, je ne sais pas où je m'en vais et je n'ai aucun contrôle là-dessus. Il me reste donc une chose à faire. Je dois me présenter et m'entraîner. On verra bien ce qui arrivera.»
Pageau essaie de prendre la vie du bon côté. Si les Sénateurs ne le croyaient vraiment pas prêt à faire le saut dans la LAH, il aurait été facile de le renvoyer dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec pour lui permettre d'y entreprendre une quatrième et dernière saison.
Un pacte?
Murray aurait plutôt conclu un pacte avec son équipe, les Saguenéens de Chicoutimi. Un pacte dont Pageau ne sait à peu près rien. Il présume qu'on a demandé aux Bleuets d'être patients.
«Pour l'instant, les Sénateurs veulent me garder ici, avec eux, pour que je puisse continuer à m'entraîner. J'imagine que c'est une bonne chose. Je serais bien à Chicoutimi, mais je suis encore mieux ici», résume celui qui a paraphé son premier contrat de hockeyeur professionnel ce printemps après avoir inscrit 65 points en 46 matches chez les juniors.
«Je n'aime pas trop penser à ce genre de choses. C'est certain que je n'aurai pas beaucoup d'amis au camp lorsque je vais essayer de me tailler un poste, mais je ne veux pas faire le cave non plus parce que tous les joueurs qui seront mes rivaux pourraient devenir mes coéquipiers éventuellement.»
«Je vais arriver au camp avec la tête vide avec l'intention de donner tout ce que j'ai. Je vais tout faire», complète-t-il.