Le troisième débat électoral sur les ondes de Radio-Canada a permis aux candidats Georges Simard (Parti libéral du Québec), Denis Trottier (Parti québécois), Olivier Bouchard-Lamontagne (Québec solidaire) et Alain Hamel (Coalition avenir Québec) de s'exprimer sur les dossiers régionaux.
Dès le départ, Georges Simard a parlé du manque d'étoffe de son adversaire péquiste. «Aucun dossier n'a avancé depuis que M. Trottier est là. Les gens me disent qu'ils attendent toujours la prison et leur marina. Il démontre qu'il s'occupe plus de ses dossiers à lui que de ceux du comté», a lancé M. Simard.
La réplique est venue rapidement. Denis Trottier estime avoir l'étoffe assez épaisse après avoir défendu plusieurs dossiers face aux grandes entreprises. «Mais il faut dire que je n'ai jamais eu de collaboration de la part de M. Simard. Il me disait qu'il préférait aller directement au premier ministre.»
Enjeux régionaux
Après les mises au point d'usage à ce sujet, les candidats ont élaboré sur les enjeux régionaux. Pour la prison, Alain Hamel estime qu'il ne sert à rien de discuter de ce dossier puisqu'il est réglé. Olivier Bouchard-Lamontagne préférerait une nouvelle école à un centre de détention. Denis Trottier croit qu'il sera important que des services soient maintenus à Chicoutimi, mais que la prison doit voir le jour à Roberval. Quant à Georges Simard, il se réjouit de savoir que tout est attaché, car il craindrait que Stéphane Bédard (Chicoutimi) soit plus fort que Denis Trottier et renverse la décision.
Pour la réouverture de la papeterie à Dolbeau-Mistassini, MM. Simard et Trottier souhaitent un redémarrage rapide, alors que le candidat de Québec solidaire préférerait que le gouvernement remette Produits forestiers Résolu à sa place, estimant que la compagnie prend trop de place. Alain Hamel pense que l'industrie devrait se trouver un nouveau créneau, car le marché est en décroissance.
Mais la forêt demeure tout de même une préoccupation pour les candidats dans Roberval. Les candidats ont l'intention de faire preuve de vigilance, d'autant plus que le président de PFR, Richard Garneau, parle du manque d'approvisionnement.
«S'il y a moins de récolte, il y aura moins de travail. C'est pour ça que nous proposons un plan sylvicole pour améliorer la situation. Et on fait travailler le monde», lance Denis Trottier.
«Le problème, avec la plantation d'arbres, c'est que ça va rapporter uniquement dans 80 ans. Je m'inquiète davantage des régions qui veulent s'approprier les CAAF de Roberval et Saint-Félicien. Ça doit rester chez nous», ajoute le député péquiste.
Olivier Bouchard-Lamontagne entend lui aussi dire que des gens veulent obtenir les approvisionnements de bois. «Oui, car ils sont tannés que Résolu quête pour la biomasse et qu'ils doivent toujours demandés à PFR pour aller dans la forêt.»
Quant à Alain Hamel, il croit que Richard Garneau joue son jeu en parlant du manque de bois. «Le bois est plus loin et coûte plus cher. Il a peut-être un oeil sur la forêt de proximité et l'épinette noire.»
Finalement, au sujet de la décentralisation des pouvoirs, M. Trottier croit qu'il faut rapatrier des emplois de fonctionnaires des ressources naturelles de Québec vers les régions, alors que M. Bouchard-Lamontagne croit que ce sera à la population de prendre position. M. Hamel suggère l'abolition des commissions scolaires et de la Conférence régionale des élus, alors que M. Simard estime que le Parti libéral a déjà décentralisé avec la prison à Roberval et le département de médecine à l'UQAC.