Le moment de sortir de la crise

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Le Quotidien

Nous sommes un groupe de femmes et d'hommes engagés dans des services de pastorale auprès des paroisses et des communautés catholiques du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Devant la tournure des évènements relatifs aux manifestations étudiantes qui durent depuis plus de 100 jours, nous demandons au gouvernement le retrait de sa loi spéciale et le retour à la négociation pour tous les intervenants dans le conflit sur les droits de scolarité afin de trouver une solution de sortie de crise.  

Nous croyons que le conflit actuel ne pourra se régler ni par la force ni par le saccage ou la violence. Nous observons cependant que la vaste majorité des étudiants et des personnes qui les ont appuyés ont utilisé leur droit de manifester et de s'opposer de manière pacifique et civilisée. Nous ne comprenons pas que notre gouvernement ait voté une loi aussi dure alors que, depuis plusieurs semaines, ce conflit aurait dû faire l'objet d'une attention toute particulière de sa part en vue d'en arriver, le plus tôt possible, à un compromis négocié de bonne foi.

Nous croyons que la gestion de ce conflit, d'abord limité à des oppositions étudiantes aux hausses des frais de scolarité imposées par le gouvernement et qui s'est transformé peu à peu en une véritable crise sociale, a eu pour conséquence de créer graduellement toujours plus de divisions dans la société. Ces tensions de plus en plus hostiles, nous les vivons au quotidien dans nos milieux de travail, dans les différentes organisations que nous fréquentons et avec plus de douleur dans nos propres familles.

Nous nous inquiétons des conséquences à court et à long termes de la présente situation si rien n'est fait pour dénouer l'impasse. Y aura-t-il d'autres victimes dans les manifestations? Qu'arrivera-t-il de la confiance de la population et des étudiants envers les institutions démocratiques et l'implication citoyenne? Quels seront les impacts lors du retour en classe et sur le personnel enseignant? La population est en droit de s'attendre à des mesures de pacification, dans un respect authentique de la jeunesse qui est le présent et l'avenir de notre société et qui ne doit pas être stigmatisée comme une ennemie du peuple.

Comme tant d'autres avant nous, nous appelons tous les députés et les ministres du gouvernement du Québec à revenir à des considérations de justice, d'équité et de recherche de la paix par les compromis nécessaires. Nous en appelons à toute personne de bonne volonté pour qu'elle exprime de manière civilisée sa désapprobation face à la destruction active de nos liens sociaux et plus encore des liens entre les générations.

La jeunesse du Québec, notamment celle qui veut poursuivre des études postsecondaires, a besoin qu'on lui fournisse les meilleures institutions possibles et les cadres propices à l'apprentissage et au développement des compétences propres à chacune des professions. Nous regrettons sincèrement le choix des moyens déployés par le gouvernement et l'appelons à faire preuve d'une plus grande ouverture au dialogue et à une quête véritable de consensus rassembleurs.

Et nous signons:

Agentes et agents de pastorale laïques:

Mylène Renaud

Patrice Imbeau

Sabin Duchesne

Carole Boily

François Malenfant

Martine Perron

Jocelyne Simard

Claire Lavoie

André Fortin

Frédéric Plourde

Sylvie Voisine

Viviane Villeneuve

Michelle Tremblay

Gaston Drolet

Monique Tremblay

Janic Beaumont

Jocelyn Girard

Paulin Michaud

Isabelle Dallaire

Diacres permanents et prêtres:

Jean-Yves Boivin

Pierre Boudreault

Jean-Paul Larouche

Gérald Linteau

Louis-Marie Beaumont

Sympathisants:

Alain Bilodeau

Jocelyne Guénard

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