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Pour un financement adéquat des ressources en santé mentale

Le Quotidien

Depuis plusieurs semaines, suite à différents drames survenus et mettant en cause l'état de santé mentale des individus, l'Association des Ressources Alternatives et Communautaires en santé mentale de la région (ARACSM-02) tient à exprimer certaines de ses inquiétudes.

Depuis le début de son existence, soit en 1991, notre association réunit les organismes qui oeuvrent en santé mentale dans la région et qui ont des missions très diversifiées. Certains interviennent auprès des familles, d'autres auprès des personnes vivant avec un problème de santé mentale, d'autres encore auprès des deux clientèles.

D'une part, nous reconnaissons que les familles ont grand besoin d'aide. Elles ont également grand besoin de faire partie prenante des décisions qui concernent les personnes qu'elles ont ou non à charge. Quant à eux, les organismes qui les supportent se doivent de recevoir un financement leur permettant de répondre adéquatement à la demande. Nous reconnaissons qu'un rapprochement entre l'équipe traitante et les membres de l'entourage permet à la fois un meilleur suivi et une protection pour les familles.

D'autre part, les personnes vivant avec un problème de santé mentale ont des droits et la loi (P-38) «Loi sur la protection des personnes dont l'état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui» a été mise en place pour protéger ces droits.

La protection de la personne souffrant d'une maladie mentale demande une participation adéquate du milieu des soins de santé, des services sociaux, des services policiers et ambulanciers. La personne est en droit de profiter de nombreux avantages que peut offrir une coopération pleine et entière entre les médecins, les psychiatres, les milieux hospitaliers, les équipes en santé mentale, les organismes d'aide et de soutien et autres oeuvrant au niveau de l'intervention en situation de crise.

Nous sommes d'avis qu'il faut éviter de mettre malencontreusement les deux clientèles en opposition et chercher plutôt à améliorer les services à leur attention. Il est vrai d'affirmer que les difficultés d'accessibilité à des services dans la communauté sont au coeur de cette problématique. Tant la personne qui souffre que son entourage a besoin d'une variété de services accessibles, personnalisés et correspondant à leurs besoins.

Selon nous, ce n'est pas en restreignant davantage les droits fondamentaux, en réinstitutionalisant les personnes qui vivent un problème de santé mentale, ou encore en les forçant à prendre une médication que notre société se retrouvera complètement à l'abri de drames. Rappelons que la «désinstitutionalisation» des institutions psychiatriques a commencé dans les années 1960.

Un peu partout dans le monde, on a reconnu que ces institutions étaient mal adaptées et peu aidantes pour les personnes qui y séjournaient. Revenir à ce modèle serait un recul considérable par rapport à tout le travail qui s'est fait en matière de soins et services en santé mentale au Québec depuis les 20 dernières années. Dans notre région, le transfert de la clientèle de l'Institut Roland-Saucier vers le centre hospitalier contribue significativement à la déstigmatisation des personnes souffrant de maladie mentale.

Nous croyons fermement que la sur-médiatisation de ces drames ainsi que la généralisation à l'emporte pièce qui est faite n'aident en rien les personnes qui se battent pour aller mieux, pour s'intégrer dans leur communauté, pour trouver la dose de médicament qui leur convient et pour contrer les préjugés encore largement véhiculés à leur égard. Il ne faut pas revenir en arrière, mais plutôt travailler ensemble à l'amélioration et la consolidation des services offerts à la communauté. Un financement adéquat des ressources alternatives et communautaires, qui constituent bien souvent la première porte d'entrée de services pour les familles et pour les personnes vivant avec un problème de santé mentale, serait selon nous un grand pas dans la bonne direction.

Nadine Picard

Présidente

Association des ressources alternatives et communautaires en santé mentale du Saguenay-Lac-Saint-Jean (ARACSM-02)

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