Investissement à la ferme Médard

On dit souvent que la route du succès est semée d'embuches. S'il est un exemple... (Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

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Le Quotidien, Gimmy Desbiens

Marc St-Hilaire
Le Quotidien

(Alma) On dit souvent que la route du succès est semée d'embuches. S'il est un exemple qui reflète particulièrement bien ce proverbe, c'est bien celui de la fromagerie Médard de Saint-Gédéon, qui se lance dans un important projet d'expansion après une longue traversée du désert.

Tous se souviennent de l'été 2008 et de la crise de la listériose. Parmi les entreprises les plus durement touchées au Québec, la fromagerie jeannoise a été directement ciblée par les inspecteurs du MAPAQ et a dû retirer tous ses produits des tablettes.

Un an plus tard, le propriétaire la fromagerie Médard, Normand Côté, évaluait à quelque 300 000 $ la perte de revenus engendrée par le drame.

«Aujourd'hui, on a tourné la page», confie la fille de l'agriculteur, Justine Côté.

Âgée de 23 ans, la jeune femme et sa soeur Rose-Alice, 25 ans, représentent en effet la relève de l'entreprise familiale.

Persuadées que leur avenir réside dans le rêve initié par leurs parents, elles ont choisi de bonifier le commerce fromager d'une boulangerie et, dans un deuxième temps, d'une meunerie artisanale.  

Le petit complexe agricole proposera également une terrasse de type bistro, où les cyclistes et autres clients pourront déguster des mets issus du milieu, tel un sandwich ou une fondue au fromage servie dans un bol de pain frais, fait sur place.

«L'objectif est de nous procurer tous nos ingrédients à l'intérieur d'un périmètre de 25 kilomètres. On veut que ce soit local», explique Justine Côté.

La première phase des travaux devrait être complétée à temps pour Pâques, à la fin avril.

Quant à la deuxième étape de réalisation du projet, elle est prévue pour l'automne 2011, mais demeure conditionnelle à l'octroi de subventions.

Bien que Justine refuse de dévoiler les montants impliqués, elle mentionne que les investissements totaux se chiffreront à quelques centaines de milliers de dollars.

«Nous avons obtenu notre permis de la CPTAQ (Commission de protection du territoire agricole) le 31 août dernier, après plusieurs mois d'attente. Nous étions si heureuses, nous avons pleuré de joie», exprime-t-elle.

Après avoir complété un diplôme en art et technologie des médias, Justine a réalisé qu'elle ne pouvait tourner le dos à l'appel de la terre. Aussi a-t-elle décidé d'entreprendre des études de boulangerie artisanale dans le but de poursuivre le projet de ses parents.

Bien qu'ils souhaitent continuer à exploiter leur ferme laitière, située à l'arrière du domicile familial, Normand Côté et sa conjointe ont accepté de céder leur demeure à leurs filles afin qu'elles puissent aller de l'avant dans leurs projets.

Ces dernières constituent la sixième génération d'agriculteurs à la ferme Domaine de la Rivière.

«Mes parents nous appuient pleinement dans notre démarche», souligne Justine Côté.

L'architecture de la résidence, inspirée de celle de l'école du village historique de Val-Jalbert, se prête parfaitement à la nouvelle vocation qu'on entend lui donner.

«Nous voulons adopter le concept terre vivante. Depuis quatre ans, nous travaillons en ce sens alors qu'on sème nos céréales directement dans le sol, sans le labourer. C'est vraiment le retour à la terre; plus bio que bio», explique Justine.

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