Visite chez Martine Tremblay

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Daniel Coté
Le Quotidien

(Chicoutimi) En principe, La route des artistes de la Maestria permet de visiter des peintres et des sculpteurs à leur domicile, une fois par année. C'est ce que propose Martine Tremblay, l'un des 15 membres de ce collectif, depuis hier midi. La différence est qu'en plus de voir ses tableaux, les gens qui se rendront chez elle d'ici à 17h, demain, pourront admirer sa collection de bonsaïs.

Impossible de les manquer, puisqu'ils sont alignés sur une longue table, dehors, près de l'entrée de son domicile de la rue Baron, à Chicoutimi-Nord. Loin d'être agacée par l'intérêt que suscitent ces arbres miniatures, la maîtresse des lieux présente chacun de ses 50 sujets, décrit comment elle s'y prend pour contrôler leur croissance et montre en quoi il s'agit d'une forme d'art.

Cette dimension artistique, évidente même aux yeux d'un profane, constitue le trait commun entre les bonsaïs et la peinture. Dans chaque cas, Martine Tremblay peut donner libre cours à son imagination, tout en respectant un canevas bien délimité. Dans ses tableaux, par exemple, on retrouve des constantes, comme la primauté des personnages. Le traitement, lui, peut varier à l'infini.

«J'aime montrer des personnages, les mettre en relation avec ceux qui les observent. Depuis 30 ans, c'est ce qui m'attire le plus», confirme l'artiste. Elle ajoute que chaque oeuvre commence par un titre, obligatoirement. Son cahier de croquis en renferme plusieurs qui, le moment venu, se transformeront en images. «Ça me prend un but», laisse échapper Martine Tremblay.

Ne pas se gêner

Le plus beau compliment qu'on puisse faire à la Chicoutimienne, c'est de lui dire qu'on reconnaît spontanément ses créations, qu'elle possède un style qui lui est propre, ce qui est la stricte vérité. «Ce que je fais est figuratif et expressionniste. Je peins de façon cloisonnée, aussi, en intégrant beaucoup de détails», mentionne-t-elle.

Ses personnages occupent le gros de l'espace, si bien que le décor devient secondaire. Même sur l'imposant triptyque qui accueille les visiteurs dans la maison, une oeuvre intitulée «Au fil de l'eau», la rivière qui se déploie sur les trois surfaces se fait discrète. Pourtant, c'est le Saguenay, tandis que les trois sections représentent Jonquière, Chicoutimi et La Baie.

Un autre exemple a pour titre «Se laisser surprendre». On voit des constructions sur le côté, mais bien malin qui reconnaîtrait les Halles de Paris. «Je n'évoque pas les lieux directement. Ainsi, je n'aurais pas mis la tour Eiffel sur ce tableau», raconte Martine Tremblay.

Son goût pour l'expérimentation s'exprime à travers le choix des couleurs, qui sont généralement chaudes, mais pas tout le temps. Elle aime aussi jouer avec les formes, allant jusqu'à produire des tableaux épousant le look d'un vitrail. Dans son atelier, on remarque également une toile plus grande qu'à l'ordinaire, «Un vent de bonne volonté». Elle lui a demandé 150 heures de travail.

«Je l'ai fait pour moi. C'est la quatrième du genre et je voudrais présenter ces oeuvres au Centre national d'exposition de Jonquière», révèle l'artiste, qui est membre de la Maestria depuis 2007. En attendant, la meilleure option pour découvrir son art consiste à la visiter entre midi et 17h, aujourd'hui et demain.

«C'est la quatrième fois que je participe à cette activité portes ouvertes et je l'apprécie. Je remarque toutefois que des gens ont peur de déranger les artistes. Or, ce genre de manifestation n'a pas uniquement pour but de vendre des toiles. C'est pour faire connaître notre travail. Il ne faut pas être gêné de venir, même si on n'a pas l'intention d'acheter», insiste Martine Tremblay.

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