Loi 41: patients et pharmaciens sont gagnants

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Sophie Vincent de la pharmacie Marc Dontigny de la rue Thibeau, à Trois-Rivières.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Sophie Vincent de la pharmacie Marc Dontigny de la rue Thibeau, à Trois-Rivières, a vu apparaître des titres, dans les médias, du genre: «Plus besoin d'aller chez le médecin, allez chez le pharmacien».

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André Lapierre, pharmacien-propriétaire du Familiprix Extra André Lapierre et Claude Héon de Bécancour.

François Gervais, Le Nouvelliste

Or, la loi 41, adoptée en juin dernier et octroyant de nouveaux actes légaux aux pharmaciens, ne permet pas ça du tout, dit-elle.

«Il y a eu beaucoup de confusion dans la population au sujet des services réels. Ça a créé beaucoup d'attentes chez les patients», raconte la pharmacienne. «Quelqu'un est venu nous voir en disant: ''j'ai mal à l'oreille. Regardez mon oreille''», raconte-t-elle.

«Le travail du pharmacien demeure la pharmacothérapie», rappelle Mme Vincent. «On n'a pas le droit de faire des diagnostics.»

Malgré tout, les nouveaux actes légaux octroyés aux pharmaciens apportent beaucoup de bienfaits dans le contexte d'un système de santé engorgé.

«Le grand gagnant, c'est le patient», analyse-t-elle. Par exemple, «les récidives d'infections urinaires sont fréquentes et ça arrive toujours un vendredi soir ou une fin de semaine. Pour le patient, c'est un avantage très important que le pharmacien puisse l'aider pour ça, maintenant, au lieu d'aller à l'urgence», fait-elle valoir.

«Actuellement, on peut prescrire un médicament lorsqu'aucun diagnostic n'est requis», explique André Lapierre, pharmacien-propriétaire du Familiprix de l'avenue Godefroy à Bécancour.

«Par exemple, si une personne s'en va en voyage là où il y a de la malaria, on a le droit de lui prescrire, selon la région, un produit pour prévenir la malaria.

On a le droit de prescrire des antibiotiques chez les porteurs de valves. On a le droit de prescrire pour la pédiculose (poux), bref prescrire pour que le produit soit remboursé par les compagnies d'assurances. Ce qu'on fait le plus souvent, ce sont des cas de diarrhée du voyageur», illustre le pharmacien-propriétaire.

En cas de nausées et vomissements reliés à la grossesse, le pharmacien peut aussi prescrire un produit pour soulager les symptômes, «mais on va aviser le médecin», nuance M. Lapierre.

«Bien sûr, ce sont des tâches qui s'ajoutent à ce qu'on a déjà. Nous voyons ça d'un oeil favorable au point de vue de l'évolution de notre profession. Au niveau de la législation, on s'est aperçu qu'on était des acteurs de premier rang. Pour notre profession, c'est vraiment un plus», estime Mme Vincent.

Toutefois, avec ces droits nouvellement acquis arrivent du même coup des responsabilités accrues, explique-t-elle. «Je deviens celle qui prescrit et la seule personne responsable de vous. Ça demande du temps», dit-elle.

«Si je décide de renouveler vos médicaments pour la pression, par exemple, je dois m'assurer qu'on atteigne les valeurs recherchées. Donc, ça me prend des valeurs de pression.

Il faut que je m'assure que le patient atteigne les cibles nécessaires. Pour certains patients, il faudra des prises de sang afin de vérifier le potassium et la créatinine», explique la pharmacienne.

De tels actes nouvellement autorisés, qui nécessitent un suivi, prennent donc plus de temps à faire, «donc il faut plus de personnel. Si je suis dans le bureau avec un patient pendant 10 ou 15 minutes, je devrai avoir un autre pharmacien, de l'autre côté du comptoir, qui s'occupera du reste de la clientèle», explique M. Lapierre.

«Je dirais que pour l'instant, la majorité des pharmaciens laissent aux médecins de familles la prise en charge globale d'un patient. C'est beaucoup de temps et il faut vérifier beaucoup de choses. Le gouvernement a donné très peu pour poser cet acte-là.

Ça pourrait être très demandant au niveau du temps et très engageant au niveau de la responsabilité professionnelle», estime Mme Vincent.

Malgré tout, les nouveaux actes légaux autorisés aux pharmaciens «représentent un bon pas en avant, mais il y a encore beaucoup plus qu'on pourrait faire aussi», estime pour sa part André Lapierre.

«Moi, je suis très content», analyse ce pharmacien de 34 ans d'expérience. «On se battait pour obtenir ça», dit-il.

Le plus grand bénéfice pour les pharmaciens, en obtenant ces nouveaux actes légaux, «c'est d'exercer des connaissances qu'on avait, mais qu'on ne pouvait pas nécessairement utiliser de façon autonome», résume Mme Vincent.

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