L'intrigant Messmer

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Messmer présentera son nouveau spectacle Intemporel les 21 et 22 février et en supplémentaire le 27 septembre à la salle J.-Antonio-Thompson.

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

Oubliez le monsieur moustachu à chapeau haut de forme qui balance un pendule devant votre visage pour vous faire hurler à la lune. Le folklore du magicien qui scie son assistante dans une boîte ou le mystère du médium qui parle aux morts ou du guérisseur qui arrête le sang sont aussi à des lieues de l'univers de Messmer.

Dans cette mythologie de l'occulte, Messmer exerce une science de laquelle semblent évacués trucs ou fumisteries. Et ne lui parlez pas de don...

«Quand les gens disent que j'ai un don, je n'aime pas ça. Si j'ai un don, c'est d'avoir appris à maîtriser cette science, c'est l'habileté à maîtriser ces techniques. Ça prend une partie de talent», convient Messmer lorsqu'on le questionne sur la nature de ses habiletés à contrôler l'esprit des volontaires alignés sur la scène pour être hypnotisés par lui.

«Je n'aime pas la référence au don ésotérique, je fais attention à ça», ajoute celui qui a découvert l'hypnose enfant, via un livre offert par son grand-père.

Messmer, qui garde secrète sa véritable identité, s'est principalement formé en lisant des ouvrages sur l'hypnose, le magnétisme, la télépathie, puis en «se pratiquant».

Il était encore enfant quand il a hypnotisé son premier sujet, et adolescent quand il a donné son premier spectacle, en contexte privé. «Quand j'ai commencé à étudier l'hypnotisme et le magnétisme, je ne savais même pas que ça existait et qu'on pouvait faire des spectacles de ça. Le premier spectacle d'hypnose que j'ai vu était celui de Domineau», raconte l'homme de 41 ans.

En 2006, après plusieurs années de prestations dans des bars et petites salles, il était remarqué par le trifluvien d'origine Éric Young qui venait de créer l'agence Entourage avec son père André. C'est avec Entourage qu'il a développé le spectacle Messmer, Fascinateur, présenté 466 fois au Québec et en France entre 2007 et 2012, à travers le tournage et la diffusion des émissions spéciales Messmer: Drôlement mystérieux.

Le terme «fascinateur» a été accolé à son nom pour son premier spectacle afin de mieux  représenter le spectre de son art: «Je fais plus que de l'hypnose sur scène. J'utilise d'autres techniques comme la télépathie, la programmation neuro-linguistique, la sophrologie. L'hypnose n'est pas assez globale pour dire ce que je fais. C'est un univers complètement éclaté; personne ne fait ce que je fais.»

L'été dernier, Messmer a rodé son nouveau spectacle auprès du public québécois avant de tenir l'affiche du Théâtre Bobino de Paris 66 fois entre le 19 octobre et le 16 janvier.

La thérapie et le divertissement

L'hypnose est aussi connue pour ses vertus thérapeutiques par les gens qui y sont réceptifs, soit entre 10 % et 15 % de la population selon des études. Des femmes gèrent les douleurs de l'accouchement par l'hypnose, tandis qu'un dentiste peut l'utiliser en alternative aux anesthésiants.

Des hypnothérapeutes annoncent également leurs services pour aider à perdre du poids, arrêter de fumer ou mieux dormir. La Société québécoise d'hypnose regroupe d'ailleurs plus de 175 dentistes, médecins et psychologues formées à l'hypnose clinique.

Au début de sa carrière, parallèlement à son calendrier de spectacles, Messmer a aussi exploité le volet plus thérapeutique de l'art qu'il perfectionnait depuis l'enfance.

«À 19-20 ans, j'ai ouvert une clinique en hypnothérapie pour aider les gens à se libérer de leurs phobies, par exemple. J'ai toujours fait du spectacle en même temps, mais j'ai décidé d'arrêter la thérapie pour aller chercher le plus de gens possible pour leur montrer que l'hypnose, ça marche», explique-t-il.

S'il s'est concentré sur la scène, c'est en quelque sorte pour démystifier l'hypnose, pour la réhabiliter de son aspect «dernier recours» un peu ésotérique.

«Des gens venaient me voir en disant: ''J'ai tout essayé, je n'ai rien à perdre en essayant l'hypnose''. Les gens doutent moins aujourd'hui. Il y en a qui doutent encore, mais beaucoup moins que quand j'ai commencé à faire des spectacles. Les gens y croient et sont plus ouverts.

Des gens vont consulter en clinique après avoir vu mes spectacles», affirme celui qui s'est nommé Messmer en 1995 en l'honneur du médecin autrichien Franz-Anton Mesmer.

Messmer observe que les gens sont à la... - image 2.0

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Messmer observe que les gens sont à la recherche de sensations et d'émotions fortes, ce qui attise leur intérêt à se faire hypnotiser sur scène.

Pour les sensations fortes

Monter sur la scène à l'invitation d'un chanteur ou d'un humoriste peut déjà s'avérer gênant pour les plus timides d'entre nous. Mais... volontairement abandonner sa conscience à un «fascinateur» comme Messmer devant des centaines de spectateurs dans une salle, sans contrôler ce que le maître provisoire de notre cerveau nous fera faire? Vraiment?

Messmer le confirme: les gens se bousculent pour vivre l'expérience de l'hypnose sur scène. «Oui, au début, je sentais la peur des gens. Certains se demandaient si c'était dangereux...», reconnaît-il.

Mais à entendre parler le fascinateur, on réalise que ce que l'on appréhende comme inquiétant - la perte de contrôle de ses actions sous hypnose -  peut être perçu comme un cadre rassurant pour les personnes avides de sensations fortes.

À travers l'hypnose de type divertissement, les volontaires ont l'occasion de vivre des situations improbables ou rocambolesques tout en ayant l'assurance de réintégrer la réalité. Et ils regagnent le réel de la même façon qu'ils l'avaient quitté l'espace d'une aventure quasi onirique.

«Les gens aiment les sensations, les émotions fortes. Il y a des files d'attente pour monter sur scène. Les gens ont envie de vivre des aventures flamboyantes. Ils ont appris à avoir confiance en moi» assure Messmer, qui soumet à son joug psychique une quarantaine de personnes à chaque spectacle.

Ceux et celles qui ont déjà vu le premier spectacle de Messmer peuvent s'attendre à du nouveau pour le second. Dans ce qu'il qualifie de «sauce futuriste», le fascinateur propose un voyage dans le temps, où la technologie intervient comme soutien au fil conducteur.

«Ça prend une bonne équipe, qui peut me donner des portes de sorties. On ne sait pas comment les gens vont réagir, et je dois pouvoir m'adapter à ces réactions. C'est un tour de force que de réussir à maîtriser toutes ces réactions différentes, soir après soir», confie-t-il.

En mentionnant son équipe, Messmer tient à en faire ressortir les racines mauriciennes. Le Nicolétain Marc Gélinas a collaboré aux textes et à la conception et le producteur demeure Éric Young. Messmer exprime également sa reconnaissance envers le diffuseur Claude Marchand, de la Corporation de développement culturel de Trois-Rivières, «qui a cru en nous dès le départ».

Le fascinateur québécois commence aussi à être connu en France grâce à la scène et à la télévision. «À Paris, les gens ne me connaissaient pas beaucoup. Au début, ils venaient plus par curiosité sans trop savoir à quoi s'attendre, puis après ils ont commencé à venir pour vivre le trip sur scène», observe-t-il.

Un spectacle comme celui qu'il propose est-il universel, ou doit-il s'adapter aux particularités culturelles? «Moi je crée des situations sur la scène. C'est la façon de réagir qui fait rire les autres dans la salle. Un Français rit de la réaction d'un Français, comme un Québécois rit des réactions d'un Québécois. Le show se fait par le monde de la place», considère Messmer.

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