Émile Proulx-Cloutier: l'artiste aux multiples facettes

Le chanteur sera en spectacle avec deux musiciens... (Photo: La Presse)

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Le chanteur sera en spectacle avec deux musiciens au Théâtre Belcourt le 9 février et à la Maison de la culture de Trois-Rivières le 14. Il visitera La Tuque et Shawinigan en avril.

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «Je me suis assis à un piano pour la première fois à huit ans, et j'ai chanté mes chansons en public pour la première fois à 28 ans. J'ai alors eu la sensation qu'un volcan qui grondait depuis 20 ans était en pleine éruption».

Cette image formulée par Émile Proulx-Cloutier résume la place occupée par la musique dans sa vie, une vie nourrie par la création artistique sous plusieurs formes.

On peut soupçonner que l'ADN ou du moins le contexte familial dans lequel a grandi le fils des comédiens Danielle Proulx et Raymond Cloutier ait pu influencer son intérêt pour les arts. Avant que le volcan auquel il fait référence ne se réveille, le jeune homme avait étudié en cinéma et en théâtre et multiplié les projets professionnels issus de ces volets.

«Tout a commencé par la musique», indique-t-il en commentant la versatilité qui caractérise sa feuille de route. «Mon père a été très stimulant là-dedans. On écoutait beaucoup de musique quand j'étais enfant, de la musique assez variée comme les Beatles, Gerry Boulet, Octobre, Pierre Flynn, Richard Desjardins...», énumère celui qui fut rapidement séduit par l'univers des mots, des images, de la poésie.

En repensant à cette découverte de la richesse des textes de chansons, Émile Proulx-Cloutier cite ces vers de Desjardins qui l'avaient fasciné: «Toi, tu es ce soleil aveuglant les étoiles», tirés de la chanson Nataq dont il a apprivoisé tout le sens en l'écoutant à répétition.

«Après, je me suis intéressé à l'instrumental et j'ai très vite voulu en faire avec mes mains! Mon père m'a acheté des bâtons de batterie et je jouais sur des coussins...»

«J'ai très vite pris des cours de piano. J'aimais ça, mais je n'étais pas un élève très obéissant. J'aimais improviser... Ma relation avec le piano n'en était pas une de performance; c'était pour moi un terrain de jeu», analyse-t-il.

Émile Proulx-Cloutier nourrissait aussi en parallèle son besoin d'écrire. «Mais le piano et l'écriture restaient dans la sphère privée. Comme un jardin secret. J'ai étudié en cinéma au cégep et le jeu a pris plus de place», raconte le finissant de la cuvée 2006 du Conservatoire d'art dramatique de Montréal.

«Je n'avais jamais fait le joint entre mon plaisir profond à jouer du piano et la poésie jusqu'à il y a environ quatre ans, par un concours de circonstances. Ma blonde était en voyage, je jouais au théâtre le soir et j'avais beaucoup de temps seul le jour. J'étais rendu au moment où il fallait que ça sorte», dévoile l'auteur-compositeur-interprète en songeant à ce moment où l'addition de la musique et des mots s'est concrétisée par une chanson.

C'est en 2011, au Festival en chanson de Petite-Vallée, que le comédien a présenté ses créations pour la première fois, en souhaitant parcourir le même trajet que tous les autres auteurs-compositeurs-interprètes en émergence.

L'acteur ne voulait pas dévoiler sa facette musicale dans une émission ou un événement spécial prétexte davantage à l'anecdote («oui, ce comédien joue aussi de la musique») qu'à l'exposition de la création pour ce qu'elle est. Le résultat? Émile est reparti de Petite-Vallée avec sept prix!

«La scène est l'endroit où je me sens le plus heureux. En tant que comédien, tu défends le texte de quelqu'un d'autre. Mais comme auteur-compositeur-interprète, c'est aussi une bonne sensation, mais profondément vertigineuse. Tu es responsable de tout. Tout est de ta faute!», sourit l'artiste.

Depuis quelques mois le chanteur présente au public une quinzaine de chansons qui se veulent autant de petites histoires lui permettant de se glisser dans la peau de personnages allant du jeune ado au vieux paysan.

Il est important pour lui de faire connaître ses chansons par le biais de la scène avant la diffusion sur le web ou l'enregistrement sur disque. Il aime bien la perspective du public à l'écoute vierge de toute référence, qui découvre ses chansons, ses petits scénarios mis en musique. Une musique sans étiquette de style.

«Je dis aux gens qu'il faut prendre un risque. Je sais que ce sont des chansons qu'ils ne connaissent pas. En spectacle, je travaille aussi à ce qui se passe entre les chansons, sur comment on glisse d'un univers à l'autre», explique l'artiste qui sera au Théâtre Belcourt de Baie-du-Febvre le 9 février, à la salle Louis-Philippe-Poisson de Trois-Rivières le 14 février, au Complexe culturel Félix-Leclerc de La Tuque le 25 avril et à la Maison de la culture Francis-Brisson de Shawinigan le lendemain.

La polyvalence incarnée

Émile Proulx-Cloutier a incarné de multiples rôles sur les planches, devant les caméras de télévision et sur les plateaux de cinéma. Il a aussi tenu la claquette pour la réalisation de trois courts-métrages et la coréalisation d'un documentaire avec sa conjointe Anaïs Barbeau-Lavalette.

Son premier rôle, il l'a tenu dans le film Matusalem en 1993 à l'âge de 10 ans. Plusieurs années plus tard, on a aussi pu le voir dans Le ring, Le banquet, Le déserteur et Opération Casablanca. Comme réalisateur et scénariste, le finissant du programme de cinéma du Collège Ahuntsic a mérité deux Jutra en 2005 pour son court-métrage Papa, et le prix Gémeaux du Meilleur documentaire en 2010 pour Les petits géants.

Les habitués du petit écran l'ont peut-être suivi dans Mon meilleur ennemi et Les hauts et les bas de Sophie Paquin, et peuvent le reconnaître présentement en Maxime Cadieux dans Toute la vérité. Au théâtre l'hiver dernier, il tenait le rôle de Gildo dans la pièce Frères.

Son talent d'auteur-compositeur-interprète a mûri en sourdine jusqu'à ce qu'il soit révélé au Festival en chansons de Petite-Vallée. Même si la chanson rassemble une bonne partie des habiletés développées dans toutes ses activités créatrices, Émile Proulx-Cloutier ne mettrait pas de côté les autres volets de sa carrière.

«Même si oui, la chanson fait appel à plusieurs zones créatives, elle ne pourrait pas remplacer tout le reste», dit-il en assurant qu'il n'abandonnera pas son travail de comédien pour se consacrer exclusivement à celui de chanteur.

À travers les tournages de Toute la vérité, plusieurs dates de concerts figurent à son calendrier d'ici l'été, question de continuer à s'approprier les chansons qu'il compte bien enregistrer d'ici la fin de l'année. L'automne marquera aussi la sortie du film L'autre maison de Mathieu Roy («petit» frère du journaliste Patrice Roy), un projet duquel le comédien parle avec enthousiasme.

Inspiré de la maladie du père du réalisateur et de Patrice (le journaliste Michel Roy), le film mettra également en vedette Marcel Sabourin dans le rôle du père et Roy Dupuis dans celui du frère d'Émile Proulx-Cloutier, alter ego de Mathieu Roy. «C'est inspiré du déclin de son père qui avait l'alzheimer, ce père qui répétait toujours qu'il voulait aller à l'autre maison», résume le comédien en vantant le traitement artistique de la maladie, qui évite le «regard clinique».

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