David Robert 100% Mauricie

Natif de Saint-Étienne-des-Grès, David Robert a à coeur... (Photo: Émilie O'Connor)

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Natif de Saint-Étienne-des-Grès, David Robert a à coeur l'essor professionnel des artistes de la Mauricie.

Photo: Émilie O'Connor

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «Ce que ça dit c'est que c'est possible.» C'est en relatant son cheminement que David Robert en arrive à cette conclusion. Ce qui est possible? Développer des projets et gagner sa vie avec la musique en Mauricie.

Le Stéphanois de 31 ans a co-créé le studio Newton et la Coop Émergence, a tourné en Europe avec Fabiola Toupin et Les Tireux d'Roches, et lancera son premier album le 31 janvier à la Maison de la culture Francis-Brisson de Shawinigan.

«Oui, on peut aller jouer dans plusieurs pays en restant en Mauricie. Je suis un militant de ce message! Je suis un gars de campagne, je suis un gars attaché à ma région, à ma famille, à mes amis qui sont ici. Je n'irai pas à Montréal! Il est faux de penser qu'il n'y a pas de beaux talents ici en Mauricie», martèle celui qui, dès sa sortie du Cégep de Drummondville, attestation d'études collégiales en sonorisation et enregistrement en poche, a tout de suite fondé son studio d'enregistrement avec son frère Sylvain et Sébastien Cloutier.

L'histoire de David Robert avec la musique date de longtemps. Influencé par son père et son grand frère, il raconte avoir donné son premier spectacle rue Hart, à Trois-Rivières, à l'âge de 12 ans avec Sylvain de Carufel.

«Mon père avait fait des disques avec mon oncle du côté de ma mère dans les années 1970. Et quand j'avais huit ans, un drum est entré dans la cave. C'était à mon frère. J'ai commencé à tapocher sur le drum, dans le sous-sol de chez mes parents, qui ont été très patients... À 12 ans, on montait un band et on écrivait des tounes!»

Au secondaire, à l'Académie Les Estacades, il s'est tourné vers le théâtre tout en continuant à nourrir son intérêt pour la musique. «C'est à 15-16 ans que la décision a été prise consciemment que je voulais vivre de la musique. Mais la musique élargie. Aux Estacades, j'avais fait de l'humour, joué du Molière...», raconte-t-il en soulignant les atouts de la complémentarité des diverses facettes de l'activité artistique. Déjà à la fin du secondaire, David Robert faisait partie du groupe Pragma avec son frère et Isabelle Ferron.

En 2003, le jeune homme a cofondé le Studio Newton (qui n'existe plus) et a travaillé comme sonorisateur et directeur technique au Maquisart. «Le studio, c'était pour combler le besoin qu'il y avait ici. J'ai côtoyé tous ces talents qu'il y avait en Mauricie, j'en ai vu des très bons qui sont morts dans l'oeuf pour différentes raisons», commente-t-il pour vanter la qualité des Mauriciens qui n'ont pas tous eu la chance de voir leur talent reconnu et diffusé.

Le studio visait à faciliter l'accès aux infrastructures et aux ressources d'enregistrement pour les artistes locaux. C'est dans ce même esprit de développement régional que le technicien et artiste a cofondé la Coop Émergence avec la chanteuse Fabiola Toupin en 2009. L'organisme soutient les artistes dans leurs démarches liées à l'essor de leur carrière, que l'on parle de promotion ou de demande de subventions, par exemple.

Récemment, David Robert a quitté le conseil d'administration de la Coop pour accepter le poste de directeur artistique d'Hello Musique, basée à Sainte-Adèle. «Je travaillais sur un projet de label en Mauricie et j'ai approché Hello pour un partenariat. On m'a plutôt offert la direction artistique du label! C'était le chaînon manquant pour une mise en marché nationale de nos productions régionales. On peut maintenant produire, promouvoir et plus facilement mettre nos disques en marché», se réjouit-il.

Côté musique

En plus de Pragma de 1998 à 2004, David Robert a aussi fait partie de la formation UN de 2003 à 2007, avec notamment le Sylvain de Carufel complice de son premier groupe à la fin de l'école primaire.

Depuis 2005, il collabore avec Fabiola Toupin à titre de percussionniste, choriste, co-arrangeur, co-scénographe ou directeur technique, et il a joint la formation trad Les Tireux d'Roches en 2009, y multipliant aussi les rôles.

Avec Fabiola, il a voyagé en France, en Suisse, en Belgique, en Europe de l'Est et en Amérique centrale, tandis que les Tireux d'Roches l'ont aussi amené dans plusieurs provinces du Canada, en Allemagne et en Espagne. Les Frères Lemay comptent également parmi les artistes avec lesquels il collabore. Toutes ces occupations avaient provoqué une mise de côté du volet auteur-compositeur-interprète de David Robert.

Le premier disque solo qu'il présentera ce jeudi est le fruit d'une démarche de cinq ans. «J'ai eu des formations en écriture avec des gens comme Robert Léger, Serge Fiori, Marc Picard, Manu Trudel et Claude Lemesle. Tout ça a été profitable. Et une des meilleures écoles de la chanson en Mauricie, c'est Les Tireux d'Roches. Denis Massé et Dominic Lemieux, ce sont des gars de grande expérience et d'un grand sens artistique. Les Tireux d'Roches ont influencé mon écriture.»

«Aussi tous les voyages en France, en Suisse, en Belgique, en Acadie, dans toute cette francophonie, toutes les rencontres que j'y ai faites, tout ça m'a beaucoup nourri. Je dirais que ce disque est un bel amalgame de cinq années d'écriture», ajoute-t-il en parlant des 13 chansons de son album Aimer quand même.

Pour son disque à lui, l'auteur-compositeur-interprète s'est entouré de plusieurs de ses amis et collaborateurs dans divers projets. Les chanteuses Fabiola Toupin, Cindy Bédard et Mélissa Brouillette, les guitaristes Antoine Dufour et Jean-Michel Renaud, les bassistes Sébastien Saliceti, Jean-François Langevin, Igor Bartula et Dominic Laroche figurent à la longue liste de collaborateurs.

C'est Sylvain Robert qui s'est chargé des photos de la pochette et autres visuels, et qui a réalisé le premier clip sur la chanson Plus heureux, moins parfait.

«Cette chanson en dit long sur mes perceptions de l'industrie, qui est pleine de fla-flas. Enlevez un peu de make up, d'artifices, et soyez dans un processus d'intégrité! Aujourd'hui, je trouve que le processus d'intégrité est bafoué. C'est 50 % image, et 50 % musique», dénonce-t-il. Son intégrité à lui, c'est l'expression d'un «folk épuré, sans prétention, avec des textes qui sans être trop poétiques ou littéraires peuvent en dire beaucoup, en toute simplicité».

«On aurait plusieurs raisons de taper sur la tête de nos dirigeants, des gens qui nous empêchent de faire du développement durable. Aussi, on est dans une ère où les enfants vivent dans des familles reconstituées. Le titre Aimer quand même fait partie des messages que je veux livrer. Malgré tout, il faut focusser sur le positif», soutient le musicien qui sera entouré de Mathieu Gélinas, Mélissa Brouillette, Jean-Michel Renaud et Dan Lemay pour le spectacle-lancement de son album jeudi.

Fabiola Toupin, Baptiste Prud'homme et Sylvain Robert seront également invités la scène de la Maison de la culture Francis-Brisson pour certaines pièces. L'album, lui, sera en magasin à compter du 5 février.

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