Plongeon dans le polar

Dans le premier roman de Maureen Martineau, on... (Photo: François Gervais)

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Dans le premier roman de Maureen Martineau, on découvre Judith Allison, nouvelle recrue de la police régionale d'Arthabaska, qui sera appelée à mener ses enquêtes dans les trois MRC de son territoire attitré, soit Nicolet-Yamaska, Bécancour et Arthabaska.

Photo: François Gervais

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Elle a beau avoir écrit quelque 150 pièces de théâtre pour le Théâtre Parminou de Victoriaville, qui l'a occupée pendant trois décennies, Maureen Martineau a connu un certain vertige à l'idée de publier son tout premier roman.

Or le saut est concluant. Non seulement elle a procédé en début novembre à la sortie de son premier thriller policier sous le titre Le jeu de l'ogre mais, sur sa table de travail, elle a déjà un deuxième tome presque terminé dont la sortie est prévue à l'automne 2013, et un troisième qui mijote dans son imaginaire en ébullition.

Publiés aux Éditions La Courte échelle, ses bouquins s'articuleront autour des enquêtes de Judith Allison, nouvelle recrue du Service de police régional d'Arthabaska, que l'on apprend à connaître dans ce premier roman de 442 pages, et qui nous entraîne dans des lieux familiers, de Victoriaville  à Trois-Rivières en passant par Warwick, Deschaillons et Saint-Albert, sans oublier le patelin de l'auteure, Tingwick.

Voilà une bonne dizaine d'années que Maureen Martineau avait le nez dans les polars, un genre qu'elle a connu tardivement puisqu'elle avoue avoir cultivé longtemps un préjugé à leur endroit. «J'ai découvert quelques Américains d'abord, puis j'ai connu Henning Mankell et tous les Scandinaves, et j'ai perdu mon préjugé», dit-elle, ravie d'avoir découvert un genre littéraire où les préoccupations sociales, voire même les commentaires, peuvent prendre beaucoup de place en toile de fond du suspense.

Pour cette dame qui a écrit pendant 30 ans des pièces à caractère social, il y avait là une voie intéressante. Et plus que jamais, elle trouvait dans le roman une liberté d'écriture qu'elle recherchait désormais. «J'ai beaucoup écrit en collaboration avec des groupes qui voulaient prendre la parole sur certains sujets mais, cette fois, j'avais besoin d'initier un projet d'écriture où je serais la seule maître à bord», sourit-elle.

Avant de prendre l'avenue du roman, Maureen Martineau a essayé d'autres chemins, de l'écriture de chansons jusqu'à d'autres types de pièces de théâtre, sans succès. Le roman s'est imposé, fidèle à un souhait qu'elle cultivait depuis longtemps.

Avec son expérience, elle n'avait aucune crainte à l'idée de construire une histoire, à développer des personnages, encore moins à créer des dialogues, mais elle avait une appréhension face à la narration et à la manière de raconter son histoire. «C'était mon gros complexe», avoue-t-elle. «Me trouver là-dedans, ça a été long.»

Pour son premier roman, l'auteure est partie d'un fait divers qu'elle avait déjà entendu et a créé une police régionale à Arthabaska dotée d'un service d'enquêtes, un modèle qui n'existe pas en réalité dans cette municipalité mais qui existe dans des villes comme Gatineau ou Sherbrooke. Elle a élaboré un plan détaillé de 30 pages, a construit sa bible de personnages et s'est lancée, pour le meilleur et pour le pire. À la moitié de son bouquin, son plan a été mis de côté et l'histoire est partie dans une toute autre direction, note l'auteure.

La dame a pris deux ans et demi pour écrire ce roman, à temps libre, à raison de quelque 10 h d'écriture par semaine. C'est en croisant solidement les doigts qu'elle a fait parvenir son manuscrit à six maisons d'édition, sans véritable attente, dit-elle, du moins pas avant plusieurs mois. La Courte échelle a toutefois répondu après deux mois seulement.

Au bout du fil, Maureen Martineau était si surprise de ce coup de fil qu'elle a eu du mal à comprendre que la directrice littéraire de la maison d'édition était intéressée à l'éditer. En fait, le processus était passablement avancé quand, enfin, l'auteure a commencé à croire que son projet serait bel et bien sur les tablettes d'une librairie un jour.

Au Salon du livre de Montréal, le mois dernier, elle a encore eu un petit choc en apercevant la pile de ses bouquins au stand de La Courte échelle, où trône aussi les best-sellers de Chrystine Brouillette. Mais encore, le petit coup de coeur est survenu en librairie, quand elle a vu son livre dans la section des polars. «Je dors pas loin de Mankell et de Martin Michaud...», sourit-elle.

Série de drames au Centre-du-Québec

Chez les auteurs de suspenses, les plus classiques ont l'habitude de se mettre dans les souliers de l'enquêteur, contrairement aux auteurs de romans noirs qui chaussent ceux du criminel, ou aux auteurs de thrillers qui enfilent les chaussures de la victime, raconte Maureen Martineau. «Moi, j'ai dit ok... On va suivre la victime, le criminel, et l'enquêteur en même temps», sourit-elle. «J'aime les architectures complexes.»

Dans Le jeu de l'ogre, le lecteur se retrouvera à Tingwick, en 2008, là où vit Marie-Paule Provost, résolue à poursuivre l'homme qui lui a volé sa jeunesse. Elle n'en aura toutefois pas le temps puisque la dame perdra la vie dans un accident de voiture. Sa quête ne sera pas vaine pour autant. Nickie et Alexandra, ses filles, prendront le relais, ce qui ne sera pas de tout repos.

Or la mort de Mme Provost ne sera pas la seule puisqu'elle sera suivie d'une disparition, d'un drame familial et autres incidents criminels. Si bien que lorsque la jeune recrue Judith Allison prendra l'enquête, elle ne pourra que soupçonner certains liens entre tous ces événements.

Forte de 33 ans d'expérience dans le théâtre à caractère social, l'auteure visite ici le

thème de l'incompétence parentale de certains pères.

Dans son deuxième tome, il sera question de l'injustice qui peut régner entre les femmes qui peuvent et celles qui ne peuvent pas avoir d'enfant.

«Ce deuxième roman part aussi d'un fait divers, un crime horrible qui est survenu au Québec et qui m'a traumatisée lorsque j'avais 33 ans...», observe Maureen Martineau.

À ce jour, on a prévu le lancement de ce deuxième tome à l'automne 2013, sous le titre L'enfant promis. Mme Martineau a d'ailleurs déjà en tête le tome 3, qui sera teinté de politique cette fois. Judith Allison sera pour sa part destinée à évoluer à travers chaque roman.

Or, plus elle apprivoise cette nouvelle forme d'écriture, plus elle aime. «J'avais beau écrire beaucoup, le roman est un autre métier. Ce sont des découvertes et beaucoup d'apprentissage», en retient-elle.

Peu portée sur les descriptions, elle a notamment dû apprivoiser cet art. La dame a toutefois trouvé quelques liens intéressants entre l'écriture d'un roman et le théâtre.

«Le lieu, les objets et les accessoires peuvent jouer un grand rôle dans la description. J'avais l'impression de faire de la mise en scène», sourit-elle.

En écrivant, elle n'a pensé qu'à elle cette fois. «Pour moi, c'était un acte de liberté. Tu vas au bout de ce que tu penses, de ton style», dit-elle. Et aujourd'hui que tout son monde imaginaire est bien en place, elle peut s'amuser à y bâtir ses intrigues. «Pour les prochains romans, tout est là!»

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