D'inconnu à vedette en 1 h 44

Encore peu connu du grand public, Nicola-Frank Vachon... (Photo: Sylvain Mayer)

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Encore peu connu du grand public, Nicola-Frank Vachon pourrait bientôt voir son statut changer alors qu'il est devenu Ésimésac, le personnage éponyme du film de Luc Picard.

Photo: Sylvain Mayer

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François Houde
Le Nouvelliste

(Saint-Élie-de-Caxton) Un jeune premier de 36 ans, c'est possible. S'il a l'air de Nicola-Frank Vachon. Le grand comédien de la ville de Québec a décroché le rôle d'Ésimésac Gélinas dans le film de Luc Picard et le voilà catapulté simultanément acteur de cinéma et jeune premier.

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Propulsé acteur de cinéma, lui qui avait surtout fait du théâtre jusqu'ici dans sa carrière, Nicola-Frank Vachon a été ravi de l'expérience du tournage d'Ésimésac.

Photo: Alliance Vivafilm

Si son nom ne vous dit rien, c'est parfaitement normal. Il est surtout connu à Québec où il a connu le Conservatoire d'art dramatique dont il est sorti en 2004 avec pour ambition de privilégier une carrière au théâtre, ce à quoi il a été fidèle depuis sa sortie. Tout en continuant de travailler comme photographe, son premier amour.

L'épisode Ésimésac est né avec une audition. Très bonne, apparemment. «Je ne savais pas trop à quoi m'en tenir mais en voyant que le titre du film était le nom de mon personnage, je me suis douté que ça devait être assez gros, rigole-t-il. Je me suis dit que je ne pouvais pas rater une occasion comme ça tout en me répétant qu'il ne fallait pas que j'en fasse une montagne parce que je pense que j'aurais trop stressé. J'ai une vie bien remplie à Québec: je n'ai pas absolument besoin de ça. Je me suis donné comme mandat d'avoir du fun avec ce rôle-là.»

Il a fallu trois auditions qui se sont évidemment bien passées. «Le contact a été excellent dès le départ avec Luc (Picard, le réalisateur). Quand j'ai obtenu le rôle, ç'a été un bonheur extraordinaire. Je sais que c'est gros et que ça pourrait changer ma vie. Mais de peur d'avoir trop d'attentes qui risqueraient d'être déçues, je préfère prendre ça au jour le jour.

«Le Québec du cinéma est un petit milieu et on ne peut pas prévoir connaître une grosse carrière grâce à un rôle important. Dans la ville de Québec, c'est pareil: tu ne peux jamais t'asseoir sur tes lauriers en pensant que ta carrière va rouler toute seule. C'est la raison pour laquelle je continue de faire de la photo, le domaine dans lequel j'ai étudié avant le théâtre.»

Il admet du même souffle avoir eu la piqûre et être prêt à sauter sur la prochaine occasion qui va se présenter de tourner au cinéma. «Je n'ai jamais cru que je pourrais avoir un rôle aussi important. J'ai fait bon nombre d'auditions qui n'ont mené à rien et je me disais que je n'étais pas fait pour le cinéma. Aujourd'hui, j'ai tellement aimé l'expérience que j'ai complètement changé d'idée. Je me suis senti comme un poisson dans l'eau et il me semble que j'ai rapidement compris les principes du jeu à la caméra. Je me demande même si je n'aimerais pas cela davantage que le théâtre. Pour être honnête, je vis une remise en question professionnelle!»

Un innocent

Chez Ésimésac, il a surtout retenu l'innocence «...dans le bon sens du terme. Il possède une extrême candeur. Les enfants qui m'entourent et ma propre enfance ont été une grande source d'inspiration. Je me suis remis dans cet état-là. Ésimésac est d'une grande transparence avec une exceptionnelle soif de vivre et de devenir un homme.»

«À cause de sa très grande force physique, il est rapidement appelé à jouer un rôle important au sein du village et ça, ça vient le miner parce qu'il en a trop sur les épaules. Il commence alors à se prendre lui-même au sérieux et les problèmes arrivent. Le message que le film véhicule c'est que c'est très important de rester solidaire pour que chaque individu ne devienne pas une île isolée. Quand ça arrive, on perd le simple plaisir de faire les choses et les problèmes surviennent.»

«C'est drôle parce que je pouvais faire le parallèle avec ma propre situation parce que j'aurais pu me sentir isolé à cause de mon rôle mais le personnage principal du film, finalement, ce n'est pas Ésimésac, mais bien le village en entier. Je me suis aperçu que je n'avais pas à porter le film sur mes épaules. Ça m'a beaucoup aidé à calmer le jeu.»

Le grand comédien a dû affronter le syndrome de l'intrus puisqu'il entrait dans un groupe déjà formé et soudé par Babine, il y a quatre ans. «J'ai eu des peurs, au début, moi qui suis un acteur très peu connu qui se retrouvait à tenir le rôle principal. J'arrivais dans un groupe fort composé d'acteurs expérimentés déjà liés les uns aux autres.

«Mais ils m'ont tellement bien accueilli que tout ça a disparu. Luc Picard m'a fait confiance et j'ai décidé de me faire confiance également. Dès le départ, Luc m'a dit: 'Je ne veux pas que tu me donnes raison de t'avoir choisi.' Ça voulait seulement dire que je n'avais qu'à jouer et avoir du plaisir, tout simplement.»

La lorgnette de la réalité

Le rôle avait beau être très attrayant, il reste que Nicola-Frank Vachon affrontait un défi d'interprétation: un personnage de conte dans un univers irréel né de la fertile imagination de Fred Pellerin. Comment arrive-t-on à trouver le ton juste?

«Il fallait envisager ce qui se passait comme si tout était un enjeu parfaitement réel, répond le comédien. Pour les personnages, c'était leur réalité. Il nous fallait rester branchés sur la situation à jouer. C'est comme dans la comédie où on dit souvent qu'il ne faut pas jouer les gags: il faut jouer la situation et l'humour va découler de l'absurde de la situation dans laquelle les personnages sont plongés.»

«Le tournage a été bien concret. On était complètement plongés dans la nature mais malgré tout, j'ai toujours senti une certaine magie qui planait. Inconsciemment, on était portés par l'histoire qu'on racontait. À cause de l'endroit reculé où on se trouvait dans les Laurentides, on n'avait pas de cellulaires parce que les ondes ne rentraient pas. Alors, on faisait quelque chose de très inhabituel aujourd'hui: on se parlait! Les liens en ont été beaucoup renforcés.»

L'acteur parle d'une atmosphère de camp de vacances. «Tout tournage est une expérience unique, ne serait-ce que parce qu'on vit une expérience de groupe très forte, mais je sais que celui-ci était vraiment spécial et qu'il va avoir une place importante dans mes souvenirs. C'est une des raisons pour lesquelles ç'a été une très grosse chance d'obtenir le rôle.»

Un premier rôle au cinéma est toujours susceptible d'assurer une grosse visibilité à l'interprète et de stimuler sa carrière. Ésimésac a toutes les chances d'être, en plus, un gros succès commercial, peut-être même le succès québécois de 2012. Nicola-Frank Vachon en est conscient.

«Je n'ai pas la moindre idée de ce qui va suivre. C'est un peu vertigineux, je l'avoue. Je suis passé de zéro à ça et je sais que c'est rare. Je ne veux quand même pas me faire d'idées: je veux juste saisir l'opportunité, c'est tout.

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