La signature Ciccone

L'auteur-compositeur-interprète a lancé son septième album, intitulé Pour... (Photo: Émilie O'Connor)

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L'auteur-compositeur-interprète a lancé son septième album, intitulé Pour toi, le 23 octobre.

Photo: Émilie O'Connor

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Nicola Ciccone entre dans le café où nous avons rendez-vous l'air contrit, multipliant les excuses pour son petit retard (justifié par une mauvaise indication d'adresse...). Il s'en excusera encore à la fin de l'entrevue. Poli! Entre les deux, le Montréalais aux racines italiennes ne lésine pas sur les mots et les détails pour parler généreusement et avec enthousiasme de son plus récent album, son septième.

L'auteur-compositeur-interprète a écrit les paroles et la musique des 12 pièces de son nouvel opus en plus d'en assurer la coréalisation. La portion auteur de sa création est intimement liée à sa passion pour le chant. Chacune des chansons de Pour toi a germé de la semence soit d'un sentiment, soit d'une histoire vécue par un proche, soit d'une préoccupation ou d'un enjeu social. Parfois, tous ces ingrédients ont inspiré l'artiste qui explique dans autant de capsules sur son site Internet, la genèse de chacune des pièces du disque.

Nicola Ciccone a fait paraître son premier album, L'opéra du mendiant, en 1999. À partir de là, le créneau des «chanteurs romantiques» québécois s'est enrichi de la production de ce fils d'immigrés italiens que l'on associe maintenant à des titres comme J't'aime tout court, Chanson pour Marie et J't'aime pas j't'adore. Bien que le principal intéressé fasse remarquer qu'il ne se limite pas qu'à la chanson d'amour et qu'il parle aussi d'enjeux sociaux dans ses chansons, reste que l'amour est sa principale source d'inspiration.

Et pour le chanteur, on ne modifie pas une formule gagnante, surtout quand elle plaît autant au public qu'à l'artiste qui la lui propose. «Le point de départ de la création de l'album était de trouver comment être fidèle à mon essence. J'ai un style, j'ai une signature que je veux garder tout en trouvant une façon d'évoluer là-dedans», formule-t-il en analysant les sources créatrices de l'album. La façon qu'il a privilégiée pour évoluer dans la constance de son essence passe par les thèmes évoqués, ou leur traitement.

«Moi, j'aime la grande chanson française, la chanson à texte, la mélodie. Je voulais rester fidèle à ça, mais en trouvant des choses que je n'avais pas faites au niveau de la thématique ou du ton», explique-t-il avant de mentionner le fameux thème de l'amour en citant trois titres en particulier, Pour toi, Et si on faisait un enfant et Inconditionnel. «Je parle de sujets propres à ce que vit un homme dans la trentaine. Mais cette fois-ci, je me livre avec moins de pudeur», confie-t-il.

Quand on suggère que la pudeur dans les déclarations d'amour en chansons peut être alimentée par la peur de passer pour «kétaine», Nicola Ciccone réagit: «Un cynique ne se justifie jamais d'être cynique, mais un romantique doit se justifier... Ce que je vis, tout le monde le vit. En 2012, on est comme blindés devant les émotions. C'est comme si on n'avait pas le droit d'être sensible. Mais dans les spectacles que je fais, je constate que beaucoup de gens aiment être romantiques!»

«En résumé, je dirais que je parle aussi de beaucoup de sujets sociaux et engagés, mais le thème le plus engagé en 2012, c'est l'amour», dit-il.

Les autres thèmes

Nicola Ciccone avait déjà abordé des questions dites sociales comme dans Chanson pour Marie, qui fait référence à la problématique de la violence conjugale, ou encore dans L'immigrant, au titre miroir de son sujet. Sur son septième album, le chanteur explore le thème du deuil d'un enfant. La prière a été inspirée de l'impuissance ressentie par Nicola Ciccone devant le chagrin de son ami qui a perdu son fils de 13 ans. «J'ai aussi fait le téléthon d'Opération enfant soleil pendant 15 ans. J'en ai vu, des enfants partir... Et j'ai voulu parler de ce deuil-là.»

Porte-parole de la Fondation québécoise de l'autisme depuis six ans, le chanteur a également voulu traduire en chanson les particularités de ce trouble du développement. Dans L'autiste, il utilise une analogie à la peinture pour décrire le cerveau d'un enfant autiste, le comparant à un tableau de Riopelle. «Il y a dans la peinture de Riopelle une énorme émotion. Je cherchais une image porteuse pour vulgariser à ma manière l'autisme et défaire les préjugés», explique-t-il.

Dans un autre exemple de source d'inspiration pour une chanson, l'auteur-compositeur-interprète mentionne Faire la guerre à la mort, faire l'amour à la vie, une chanson inspirée du diagnostic de cancer reçu par une de ses proches, qui s'en est remise. «C'est un outil qui peut offrir un baume à d'autres personnes, d'entendre parler dans une chanson de quelqu'un qui s'en est sorti».

Deux métiers bien différents

Nicola Ciccone a commencé à écrire des chansons à l'âge de 12 ans, d'abord en anglais. Il s'est par la suite mis à composer aussi en français, en italien et même en espagnol. Étudiant en psychologie à l'université, il a remporté le concours Ma première Place des arts en 1998, et a lancé son premier album l'année suivante. C'est avec la chanson Le petit monde que le public a découvert l'artiste polyglotte.

Après quatre albums en français, tous parsemés de titres en italien, l'artiste a présenté un disque en anglais, Storyteller, en 2008. Imaginaire a suivi en 2010, dans un retour au français (et à l'italien), tandis que Pour toi a été lancé le 23 octobre dernier. Entre la parution de ses albums, Nicola Ciccone a foulé les scènes de la province, et aussi de la France, notamment après la sortie en Europe de J't'aime tout court en 2005.

L'artiste avoue se nourrir autant de la scène que de l'écriture de chansons. «Ce sont deux métiers complètement différents, être un artiste de scène et être un créateur. Le métier de scène est très social, de gang, et aussi d'abandon au public, tandis que le métier de créateur quand on écrit des chansons est un travail solitaire, de réclusion, presque d'hibernation. De pouvoir faire les deux empêche de tomber dans la routine», compare-t-il.

«Là, après un an passé en studio pour l'album, je suis content de retrouver les gens, je suis prêt à retourner sur scène. Et après la tournée, je sais que j'aurai besoin de retrouver une certaine routine, d'être un peu plus dans mes affaires», ajoute-t-il.

La tournée de spectacles de Pour toi devrait s'amorcer en février 2013. Les dates seront annoncées au début de décembre. «Le vertige que tu peux vivre sur scène, c'est l'ultime vertige. Tu as beau composer et fignoler tes chansons dans les détails, tant que tu ne les offres pas au public, il manque quelque chose. Le partage sur la scène est le plus bel échange», conclut-il.

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