L'automne le plus fou de Christine Beaulieu

Christine Beaulieu multiplie les personnages....

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Christine Beaulieu multiplie les personnages.

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les comédiens le disent souvent. Dès qu'on ne les voit pas au petit écran, les gens croient qu'ils ne travaillent pas, alors que la situation est souvent tout autre. La comédienne Christine Beaulieu, originaire de Pointe-du-Lac, en est un exemple patent.

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Pour la pièce Grain(s), présentée en septembre au Théâtre La Licorne, Christine Beaulieu a baigné dans un théâtre documentaire à saveur environnementale et sociale et s'est transformée en journaliste-narratrice pour relater la démarche de l'auteure.

On ne la voit plus au quotidien dans Virginie, ni à la semaine dans C.A., et pourtant, la jeune femme est en train de traverser l'une des saisons les plus occupées de sa carrière. Son menu de saison automnal est une courtepointe de productions qui lui donne à adopter une variété de personnages, à son grand plaisir.

Cet automne, Christine Beaulieu a honoré deux pièces de théâtre, s'est retrouvée au grand écran dans deux films d'auteurs, a poursuivi les publicités qui la lient au Mouvement Desjardins et se prépare maintenant à une autre production théâtrale en fonction du printemps. «Tout est tombé en même temps mais c'est super plaisant. Je dois avouer que les projets qui m'occupent actuellement m'animent beaucoup.»

À un certain moment, la congestion est néanmoins apparue dans son agenda. Pour le bien de deux productions qu'elle devait livrer au Théâtre La Licorne au cours des derniers mois, elle répétait le jour et jouait le soir devant public. «Je jouais dans deux pièces présentées l'une après l'autre. C'est la première fois que je fais ça... Depuis le mois d'août, j'étais dans la salle du lundi au samedi, de 9 h le matin à 23 h le soir.»

La première pièce, présentée en septembre, était intitulée Grain(s), portait sur la transformation génétique et abordait le genre documentaire. Christine Beaulieu y incarnait le premier rôle, celui de la narratrice, la journaliste et auteure de la pièce.

«Une femme extraordinaire qui est allée en Saskatchewan et qui est allée voir la multinationale Monsanto. C'était très stimulant de la jouer dans toute sa démarche. Elle a une personnalité très proche de moi. Les gens croyaient que c'était moi qui avais écrit le texte», dit-elle. Pour honorer ce personnage, elle devait toutefois ingurgiter une somme de texte considérable, d'autant plus que le spectacle était d'une durée de 2 h 35.

La deuxième production, un huis-clos familial intitulé Ce moment-là, est présentée depuis le 2 octobre et se termine ce soir. Christine Beaulieu y joue un personnage opposé, une jeune femme anglaise très naïve qui se met en tête de réconcilier la famille irlandaise de son nouvel amoureux. Le défi était donc de bien départager les deux sommes de textes. Une seule fois, elle a failli se tromper et interpeller le personnage d'une pièce du nom d'un personnage de l'autre pièce.

Enfin, la production qu'elle prépare actuellement en fonction du printemps lui permet de jouer avec sept autres comédiennes qu'elle admire, sous une mise en scène de Marie Brassard. Toutes seront cette fois au service de textes signés Nelly Arcan, une production intitulée La Fureur de ce que je pense, qui sera présentée du 9 avril au 4 mai 2013 à l'Espace Go.

«Nous allons dire les mots de Nelly, mais teintés de ce que ça nous fait», commente Christine Beaulieu, qui a dégusté les écrits de Nelly Arcan, qui s'est enlevée la vie en septembre 2009 dans son appartement montréalais. «Quand on la lit, on voit bien qu'elle avait des attentes incroyables envers la vie et qu'elle était très déçue... On va essayer de faire ressortir la beauté de tout ça, mais il sera inévitable de toucher aussi le plus horrible...»

Dans cette pièce, elle savoure la compagnie des Sophie Cadieux, Julie Le Breton, Mania Chokri et Evelyne de la Chenelière, entre autres. «Nous sommes toutes des filles libres, belles, épanouies, bien dans leur corps mais, en même temps, chacune de nous a quelque chose de très sensible», dit-elle.

Pour Christine Beaulieu, cette dernière production est un autre bel exemple du riche épisode qu'elle vit présentement sur le plan professionnel. «Si j'avais eu à choisir un seul projet dans tout Montréal, dans toutes les programmations de tous les théâtres, ce serait cette pièce que j'aurais voulu jouer.»

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Ci-dessus, Christine Beaulieu interpète Maude dans le film Enfin l'automne, que l'on peut tous visionner sur Youtube.

Le clan Beaulieu

C'est à se demander à quoi carburaient les filles du clan Beaulieu dans la maison familiale de Pointe-du-Lac pour qu'une fois devenues adultes, elles optent presque toutes pour le monde artistique.

Christine Beaulieu est comédienne. Sa soeur Patricia est réalisatrice à la télévision et a d'ailleurs mérité deux Gémeaux au dernier gala de la télévision (Meilleur documentaire: culture et Meilleure réalisation: magazine (pour l'émission Voir)). Quant à Marjolaine, elle est maquilleuse sur les plateaux, si bien que les trois sont appelées à se croiser ici et là dans leur métier respectif, ce qu'elles adorent.

Reste toutefois Marie-Renée, qui est diététicienne à Québec. Or si ses soeurs ne sentaient pas qu'elle était si heureuse là-bas, il s'en faudrait de peu pour que la pression s'accentue auprès d'elle. «Les quatre filles, nous sommes très, très, très proches. On essaie de la convaincre de venir à Montréal mais elle est bien à Québec...», sourit Christine.

La famille au grand complet s'est toutefois réunie dernièrement à l'ouverture du FNC (Festival du nouveau cinéma), histoire de voir Christine sur grand écran, à l'affiche dans le film La Mise à l'aveugle, du cinéaste Simon Galiero. Elle y joue cette fois le personnage de Julie, une fille démunie, sans culture et sans vocabulaire.

«Elle vit dans un monde de gars, un monde de poker, un monde dur. C'est une fille qui semble forte à l'extérieur mais à l'intérieur, tout est cassé. Ça montre une autre facette de mon jeu. En fait, je n'ai jamais eu autant de retours que pour ce personnage-là», observe la comédienne. Le film sortira dans les salles en décembre. Reste à savoir si le long métrage sera présenté à Trois-Rivières...

En revanche, quiconque est branché sur Internet peut voir Enfin l'automne, un long métrage de Patrick Boivin qui se retrouve actuellement sur Youtube. «C'est un triangle amoureux sur quatre saisons», commente-t-elle. Pour Christine Beaulieu, c'est une année faste du côté du cinéma puisqu'elle était aussi de la distribution de Camion, de Rafaël Ouellet, un long métrage plusieurs fois récompensé.

Cet automne, elle tournera par ailleurs une autre publicité pour la nouvelle campagne de Desjardins, qui reprend les personnages du petit couple Nico et Caroline. Car c'est elle, la fille qui nous dit que Nico et elle, ils pensent pareil... «Les gens ont vraiment accroché à ces pubs. Cette fois, ce sera la vengeance de Nico sur moi», sourit-elle. «Je crois que ça va être en ondes dès l'hiver.»

Mais tout d'abord, après le sprint automnal qu'elle a connu, elle vivra un mois de décembre raisonnable, qui sera le bienvenu. Le genre de pause qui l'amène à réfléchir à des ailleurs attirants.

Christine Beaulieu est une sérieuse adepte des voyages, qu'elle a multipliés d'ailleurs. «Je veux toujours partir, et j'adore les marchés de Noël en Europe», souffle-t-elle. Tout comme elle aime la mer qui lui offre la possibilité de s'adonner à la plongée sous-marine.

«La plongée impose une lenteur. Pour moi, c'est vraiment un moyen de me détendre.»

Ceci dit, l'été, c'est encore la balle molle qui l'occupe depuis six ans, dans le quartier Rosemont où elle rejoint sur le terrain les Ariane Moffatt, Sylvie Moreau, Salomé Corbo et autres artistes du milieu.

Christine Beaulieu est lanceuse. D'ailleurs sa propre maison de production, elle l'a intitulée Champ Gauche. Cette petite boîte, elle l'a créée pour lui permettre une liberté de création totale, et pour lui donner l'occasion d'en ajouter encore à la somme des personnages qu'elle aura incarnés cette année.

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