C'est dire le plaisir qu'elle a eu quand elle a reçu le coup de fil dudit Labrèche qui la réclamait sur un nouveau plateau de tournage, cette fois pour former un couple de «bobos», terme emprunté par l'auteur Marc Brunet pour tisser une critique sociale des bourgeois bohèmes.
C'est hier, sur les ondes de Télé-Québec, que les fans de ces deux joyeux lurons ont donc retrouvé le tandem Dorval-Labrèche, cette fois sous le profil de Sandrine et Étienne, deux conjoints qui habitent le Plateau Mont-Royal mais qui, aux dires d'Anne Dorval, auraient aussi bien pu vivre dans le quartier Mile End, sinon à Outremont, Trois-Rivières, Québec ou Ottawa.
«Il y en a partout des gens très-très-très branchés, trop, qui ont de bons trains de vie et qui ont un double-discours. Moi-même, je me considère comme une «bobo» parfois. J'ai certains idéaux de gauche que je ne respecte pas tout le temps. Je fais de la récupération mais je n'ai pas encore de compost à la maison...», donne-t-elle en exemple. Ceci dit, «j'espère tout de même avoir plus de profondeur qu'eux. On pousse vraiment ça au maximum. Moi, je dis qu'ils sont sur le bord d'être imbéciles...», sourit-elle, «mais en même temps, ils sont charmants.»
Sandrine et Étienne font du Bixi mais utilisent leur 4 X 4 pour aller chercher leur engin. Ils sont constamment en représentation et ils ont même leur émission culturelle intitulée La bande
des 2 où ils peuvent échanger leurs opinions, celles qu'ils ont sur tout, décrit-elle en rafale.
«Ils veulent le bien de leur communauté mais quand ils sont tannés, ils n'ont plus aucune conviction... On ne sait pas où ils habitent et on ne sait pas ce qu'ils font dans la vie pour avoir de l'argent mais c'est un couple amoureux qui marche bien. Ils sont exactement faits l'un pour l'autre.»
Pour composer le personnage de Sandrine, Anne Dorval s'est amusée à lorgner du côté de ce qui est tendance, jusqu'à reluquer les défilés Louis Vuitton, «des affaires qui n'ont aucun sens...», souffle-t-elle. Sandrine porte aussi le chapeau. «C'est beau...», commente la comédienne, «c'est juste que c'est beaucoup. D'ailleurs tous ses costumes, on pourrait les porter dans la vie. Ça existe, j'en vois dans la rue...»
Évidemment, en épousant ce texte, le duo en est quitte pour une autre joyeuse somme de fous rires. «Bien oui, c'est revenu. Moi qui n'en avais jamais eu avant! Même que je me vantais de n'avoir jamais eu de fous rires...» Les retrouvailles ont fait leur effet et le jeu a repris rapidement. «Notre but à tous les deux, c'est de faire rire l'autre et de le faire décrocher», avoue-t-elle.
«On a un humour qui se ressemble et il me fait rire. Mais Marc Labrèche, il fait rire le Québec en entier.»
Outre les 22 épisodes prévus au calendrier cette année, on a d'ailleurs prévu deux épisodes de bloopers qui devraient témoigner des moments de folie qui règnent sur le plateau. «Dans le jeu avec Marc Labrèche, il y a une espèce de chimie inexplicable. On ne se pose même plus la question. On a un même rythme, une même énergie qui fait des flammèches souvent... Après les trois années du Coeur a ses raisons, je me disais que ça ne reviendrait probablement jamais cette affaire-là, cette symbiose dans le jeu. J'ai été très étonnée et très émue en même temps lorsque j'ai reçu son appel.»
Avis à ceux qui ont raté le premier épisode hier, Télé-Québec le diffusera en reprise aujourd'hui 17 h et 0 h 30 de même que mardi 22 h.
Anne Dorval avait beau adorer l'idée de partager de nouveau le plateau avec Marc Labrèche, elle a dû faire quelques culbutes dans son agenda et demander quelques concessions pour pouvoir, dans un même automne, honorer aussi bien le plateau des Bobos que celui de son autre série Les Parent et ce, tout en respectant sa volonté d'être bien présente dans le quotidien de ses deux enfants.
Dans Les bobos, il y avait le jeu avec Marc Labrèche qui lui assurait une garantie de qualité, il y avait les textes de Marc Brunet qui faisaient de même, mais un autre facteur a joué dans sa décision, celle de voir son complice de jeu prendre une part de la réalisation de cette émission, dit-elle.
«Que Marc réalise était aussi pour moi quelque chose de très-très-très rassurant», note Anne Dorval. «Marc a un sens artistique très développé. Il a un sens du timing dans le jeu mais il a aussi ce timing dans la réalisation. Il me connaît, il connaît mes inquiétudes et il est très-très-très sensible aussi. C'est un sensible hors du commun, Marc Labrèche. Et il veut me faire plaisir en même temps.»
Anne Dorval se retrouve donc à être dirigée par son complice, qui y va à pas feutrés. «Il me connaît bien, il connaît mon style de jeu et des fois, très discrètement, il me dit que ce serait bien si je jouais telle chose de telle manière, mais il a tellement peur de me blesser... Il marche toujours sur des oeufs même si je lui dis qu'il ne me blessera jamais.»
Au contraire, Anne Dorval est du genre à accueillir avec ouverture les commentaires. «Il faut que je sois la meilleure possible et je n'ai pas d'autre oeil extérieur que le sien», raisonne-t-elle. «Je suis aussi son oeil extérieur d'ailleurs. Je pense qu'on a une grande confiance l'un envers l'autre.»
Autres projets à l'horizon
Anne Dorval sera en tournage pour Les bobos jusqu'à la fin janvier et pour Les Parent jusqu'à Noël, ce qui ne laisse aucune autre possibilité à son agenda. Il n'en demeure pas moins que pour la suite des choses, plusieurs projets sont à l'horizon, du côté des téléséries et du cinéma, dit-elle. Rien toutefois qui puisse être annoncé puisque rien n'est encore arrêté.
Dans ses horizons futurs, il y a toutefois fort à parier qu'elle renouera avec Serge Denoncourt au théâtre et avec l'oeuvre de Xavier Dolan au cinéma.
«Pour ce qui est de Xavier Dolan, je pense qu'on n'arrêtera jamais d'avoir des projets, nous deux. Il est tellement intelligent, tellement inspirant et prolifique», défile-t-elle.
La volonté est là, ne restera plus qu'à voir la concordance avec son agenda. Ces années-ci, Anne Dorval a l'heureux problème de devoir choisir entre les propositions qu'on lui fait. Mais, la comédienne ne prend résolument rien pour acquis.
«J'en profite pendant que ça passe parce que d'ici cinq ou dix ans, tout peut basculer... Mais actuellement, j'ai la chance de pouvoir choisir et de jouer avec les gens que j'aime.»