L'humour international de Sugar Sammy

Sugar Sammy présentera la dernière représentation de rodage... (Photo: La Presse)

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Sugar Sammy présentera la dernière représentation de rodage de son nouveau spectacle ce mardi 28 août à la Girafe Noire, à Louiseville. La tournée officielle de 100 % en français s'arrêtera à Shawinigan le 29 septembre et à Trois-Rivières le 18 janvier 2013.

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Marie-Josée Montminy
Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Sugar Sammy a déridé des Australiens, des Koweitiens, des Philippins, des Libanais, des Jordaniens, des Allemands, des Indiens et la liste s'allonge. Il les a fait rire en anglais, en français, en hindi ou en punjabi.

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Sugar Sammy, de son vrai nom Samir Khullar, a fait connaître son humour dans une foule de pays, de la Nouvelle-Zélande à l'Afrique du Sud en passant par la Chine, l'Inde, l'Allemagne et le Liban.

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Mardi, l'humoriste montréalais né de parents d'origine indienne sera à La Girafe Noire, à Louiseville, pour livrer la dernière représentation de rodage de son nouveau spectacle, 100 % en français, dont la première aura lieu le 30 août à Laval.

Sugar Sammy, de son vrai nom Samir Khullar, a grandi dans le quartier Côte-des-Neiges à Montréal. Il raconte que c'est à l'âge de huit ans, en voyant un spectacle d'Eddy Murphy sur cassette vidéo, qu'il a eu le coup de foudre pour l'humour, particulièrement de style stand up américain. Quand on lui demande à quel moment il a réalisé qu'il était drôle, qu'il pouvait faire rire, on s'attend à ce qu'il réponde le classique «à l'école primaire en faisant le pitre en classe». Mais non.

«Ça a été lors de mon vrai premier numéro d'humour. J'avais 19 ans. C'était lors d'une soirée à Montréal avec des humoristes noirs américains, organisée pour la communauté noire de Montréal. Il manquait quelqu'un pour faire un numéro de 10 minutes. On m'a demandé si ça me tentait. J'ai travaillé sur ce numéro de dix minutes! J'ai eu une standing ovation. C'est là que j'ai réalisé que je pouvais faire ça comme métier», racontait le trentenaire au bout du fil, plus tôt cette semaine.

Comme Sugar Sammy privilégiait le genre d'humour américain, l'approche plus «québécoise» (c'est lui qui le dit!) de l'École nationale de l'humour de Montréal ne correspondait pas à ce qu'il souhaitait développer. «J'ai appris sur le tas. Ça m'a pris des années pour apprendre, pour m'auto-éduquer», indique celui qui s'est inscrit en études culturelles à l'Université McGill, parallèlement à son ambition de percer dans le domaine de l'humour.

On dit «parallèlement», mais l'adverbe n'est peut-être pas le mieux choisi. «J'apprenais tout le reste pour le développement de ma carrière. J'ai pris beaucoup de cours en marketing et en relations publiques. Je voulais tout apprendre pour mieux réussir dans mon métier, pour percer. Je crois que ça prend une éducation assez globale pour pouvoir gérer ta propre carrière dans la voie que tu veux suivre», mentionne-t-il.

Autour du monde

Au Québec, Sugar Sammy a récemment fait parler de lui lorsqu'il a proposé son spectacle en «franglais», You're gonna rire, l'hiver et le printemps derniers. Il avait auparavant présenté quelques numéros en français lors de galas ou de spectacles particuliers. Déployant surtout sa carrière en anglais, l'humoriste s'est fait connaître dans une impressionnante liste de pays allant de l'Afrique du Sud au Bahreïn en passant par l'Irlande, la Thaïlande, l'Arabie Saoudite et l'Égypte.

C'est à l'internet en général et à You Tube en particulier que l'humoriste attribue le travail d'agent promotionnel, si on peut dire, qui l'a propulsé dans le marché international. «Ce sont des gens qui m'ont vu sur You Tube et qui m'ont contacté. C'est ça la beauté d'internet. Les gens voient mes numéros, mes gags... Il y a des offres qui viennent de partout. Ce matin encore, j'ouvrais mes courriels et j'avais deux offres de l'Inde.»

«Internet donne des outils pour les artistes pas connus, pour se faire de la publicité gratuitement», constate-t-il. Et une fois le pied dans un pays, un effet multiplicateur peut faire son oeuvre. Sugar Sammy donne l'exemple d'un spécial télé qu'il a fait à Dubai, et qui a été diffusé dans 14 pays du Moyen-Orient, lui ouvrant ainsi les portes de cette partie du monde.

Depuis cinq ans, Sugar Sammy en a accumulé des heures de vol et des nuitées à l'hôtel. «Pendant trois années de suite, j'ai été membre du Club Super Élite d'Air Canada, ce qui veut dire que j'ai voyagé plus de 100 000 milles par année! Là, je suis plus au Québec, et ça fait du bien de rester ici, de rentrer chez nous après un spectacle», illustre-t-il.

S'adapter aux référents du public

Au fil de ses spectacles aux quatre coins du monde, Sugar Sammy a pu constater l'universalité de certains thèmes en humour. Mais quand est venu le temps de concocter un spectacle pour le public québécois, il était important pour lui d'y inclure des référents adaptés.

«Il y a des thèmes universels auxquels tout le monde peut s'identifier, comme par exemple les relations hommes-femmes ou les relations familiales. Mais quand je vais à quelque part, je fais un effort pour écrire des textes qui ciblent l'auditoire avec lequel j'interagis», formule-t-il.

Pour son spectacle 100 % en français, Sugar Sammy a voulu exposer sa vision du Québec, une vision remise en contexte, teintée par ses nombreux séjours à l'étranger.

«C'est un compte-rendu de mon point de vue du Québec», résume celui qui aborde plusieurs sujets d'actualité dans ses numéros, rodés depuis quelques semaines dans des petites salles de différentes régions du Québec.

«Je suis un peu à contre-courant. Je ne le cache pas, je suis fédéraliste. Ils sont rares, les humoristes à dire qu'ils sont fédéralistes! Je l'assume et j'embête plusieurs Québécois avec ça, surtout les souverainistes», commence Sugar Sammy en discutant du contenu qu'il exploite. Un exemple d'«embêter les souverainistes»? «Il y a deux sortes de Québécois: il y a les Québécois qui sont éduqués, cultivés, bien élevés, pis t'as ceux qui ont voté Oui», a-t-il déjà lancé dans un numéro...

Il taquine les Québécois, oui, mais Sugar Sammy peut aussi se moquer des Haïtiens, des Français, et même plus directement de personnalités connues comme Boucar Diouf ou Rachid Badouri, qu'il a notamment imités dans un numéro au gala des Olivier en 2010. Aussi capable d'autodérision, l'humoriste sait commenter les stéréotypes qui colorent son propre héritage culturel.

Pour en revenir à 100 % en français, «je parle aussi de la protection de la langue française, de la culture populaire québécoise, de la place des ethnies, des manifestations des étudiants, des élections», énumère l'humoriste en décrivant son nouveau spectacle, qu'il présentera en tournée dont à Shawinigan le 29 septembre et à Trois-Rivières le 18 janvier 2013.

Entre ces deux passages en Mauricie, il sera entre autres allé à Toronto, à Houston et à Miami, en plus de poursuivre sa tournée dans plusieurs salles québécoises. Mais que ce soit à Louiseville, Brossard, Kuala Lumpur ou Hong Kong, pour Sugar Sammy, «il n'y a aucun meilleur feeling au monde que de faire rire quelqu'un. C'est aussi bon pour celui qui fait rire que pour celui qui rit».

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