La raison derrière ce choix nominatif est bien simple. «Je suis d'abord et avant tout un musicien et ma fonction première est de composer de la musique. J'ai quand même sept albums originaux sous mon nom», lance-t-il. La musique, c'est vraiment ce qui est au coeur de ses motivations et par le fait même, de son discours.
«C'est en faisant de la musique que je découvre les choses que je n'aurais pas imaginées, explique-t-il en parlant de la façon dont il s'adonne à la création. Ce n'est pas une question d'inspiration, mais plutôt une question de contexte», ajoute-t-il. Avant de commencer le travail, il a parfois une idée vague de ce qu'il souhaite créer, mais ce n'est vraiment qu'en s'y mettant qu'il précise le tir et que le tout commence vraiment à prendre forme.
Inverser les rôles
Il y a quelques années déjà, Poirier animait une émission dans une radio universitaire à Montréal. Il croit que cette expérience lui a donné envie de se diriger vers la production musicale. «À force de jouer la musique des autres, j'ai eu le goût de faire ma propre musique», dit-il en se souvenant de ses débuts. C'est donc au tournant des années 2000 qu'il a commencé à se familiariser avec la production musicale.
Il y a un peu plus de 10 ans, en 2001, le travail se concrétisait en la sortie d'un premier album. Depuis, six autres disques ont suivi. Au fil des productions, son style de musique a changé. Il raconte qu'au début, ses albums étaient davantage tournés vers la musique ambiante. Il s'est glissé vers le hip-hop pour ensuite aller vers le dance hall et le jamaïquain. C'est ainsi qu'il caractérise ce qu'il fait maintenant comme une rencontre entre la musique électronique, le hip-hop et le reggae/dance hall.
Il prépare un nouveau disque qu'il prévoit sortir en 2013. Cette oeuvre s'inscrira dans un autre registre selon lui. Poirier qualifie cet album instrumental à paraître comme étant «plus d'écoute».
Sur le site de l'artiste, les visiteurs peuvent déjà porter à leurs oreilles une pièce qui sortira en septembre. Jokma est une chanson en créole réalisée avec l'artiste Mr OK.
De passage à Trois-Rivières
Par ailleurs, ce dernier accompagnera Poirier lors de son passage à Trois-Rivières dans quelques jours. Poirier s'amènera donc avec Mr OK et Face-T pour sa performance prévue le jeudi 16 août à la programmation du Festival urbain. C'est sous la formule sound system qu'il se présentera devant le public trifluvien. Il jouera donc un set de DJ avec des chanteurs. Ce soir-là, il participera à l'activité Macadam Riddim prévue à 20 h sur la rue Badeaux. Au menu pour Macadam Riddim, il y aura aussi Alaclair Ensemble, Payz Play Supaa Deejayz et Loud Lary Ajust.
En toute simplicité, Poirier invite la population à venir festoyer avec lui lorsqu'il débarquera au centre-ville. «C'est vraiment pour danser et pour faire la fête. Les curieux et les connaisseurs sont bienvenus», affirme-t-il, accueillant et heureux que cet événement soit à son agenda.
«Des gens n'ont peut-être pas le vocabulaire pour décrire ce que je fais, mais ils peuvent tout autant l'apprécier», ajoute-t-il.
La pause ne sera pas très longue entre sa performance au Festival urbain et son engagement suivant. Dès le lendemain de sa venue à Trois-Rivières, il sera de nouveau en prestation alors qu'il participera au Festival international reggae de Montréal.
Pas de frontière pour la musique
Même après tous les albums, Poirier n'a pas fait le tour de sa création et sa voix d'artiste n'a pas terminé son discours. Ce discours, c'est entre autres avec des collaborateurs étrangers dans différentes villes qu'il le soutient. Un artiste ouvert sur le monde et sur les gens.
«Je suis loin d'avoir dit ce que j'avais à dire. J'aime toujours composer de la musique, soutient-il. Je rencontre des gens intéressants, des chanteurs et des producteurs», dit-il, encore motivé après ces années de travail. L'artiste apprécie aussi les voyages que cette profession l'amène à réaliser. Washington, Boston et Toronto sont quelques-unes des destinations où il a mis le pied ces derniers temps. Cet automne, il ira à Genève, à Barcelone et à Londres. C'est bien agréable pour lui de voyager de cette façon.
Ses albums sont sortis à l'étranger et il les produit dans une perspective mondiale. «C'est fait pour que ça s'insère dans la scène musicale mondiale», caractérise-t-il ses réalisations. Pour conquérir des villes étrangères, il croit certainement qu'y sortir des albums facilite la tâche. Les collaborateurs originaires de différents pays avec qui il travaille vont dans la même veine. Il se tient également au fait de ce qui se passe dans ces pays où il voyage.
Horizons ouverts
Quand il est question de Poirier, il est aussi question d'ouverture. Ouverture sur les autres pays, les différentes langues et les styles. Tout cela se traduit entre autres par ses collaborations avec des gens de d'autres contrées. Pour lui, ce qui prime lorsque vient le temps de choisir un collègue, c'est d'abord et avant tout le talent et la personnalité de celui-ci.
Dans ce cas, la langue et l'origine sont des caractéristiques qui suivent les collaborateurs et qui ne sont pas des critères de sélection. Si c'est en créole, tant mieux. Si c'est en français, tant mieux aussi. «D'un pays à l'autre et d'un style à l'autre», décrit-il son travail. Les frontières sont secondaires pour le DJ et producteur. «Peu importe la langue, l'accent et d'où les gens sont», affirme-t-il.
Il travaille avec les personnes avec qui il croit qu'il obtiendra les meilleurs résultats et cela témoigne encore de son amour pour la musique. «Ce sont mes préoccupations musicales, si je dois collaborer avec des gens qui sont là-bas pour atteindre le son que je veux, je vais faire les démarches», note celui qui n'a visiblement pas peur de déployer des efforts pour atteindre ses objectifs.