Ce n'est pas toujours évident de refaire les valises chaque fin de semaine et de s'éloigner de ses proches. C'est même ce qui est le plus difficile pour lui.
«En bout de ligne, c'est un choix à faire. Il n'y a pas un métier qui est parfait et moi j'ai décidé de pousser là-dedans», soutient l'artiste qui se console rapidement lorsqu'il entre sur scène pour y ressentir des émotions qu'il ne pourrait pas vivre ailleurs. Et la route, il dit qu'il ne faut pas en avoir peur lorsqu'on décide de se consacrer à cette passion.
Sa profession ne rime pas avec un gagne-pain garanti, mais pour l'instant, tout semble bien aller. «C'est d'avoir une régularité qui est difficile. Ils vont faire des gros shows, la plupart de ceux avec qui on discute, après ça ils vont être deux ou trois semaines sans faire de spectacles. Nous autres, en étant un petit peu moins connus, les cachets sont plus abordables pour tout le monde. Ce qui fait qu'en bout de ligne, on réussit à jouer deux à trois fois par semaine. Ça devient intéressant. Ça fait une stabilité», reconnaît-il. L'année 2012 leur a donné du travail pratiquement tous les vendredis et samedis.
Vivre de sa musique, ce n'est pas une bénédiction qui tombe du ciel. On le sait, ce sont les efforts, le talent et la persévérance qui finissent par être récompensés. Éric Masson n'est pas seul dans cette aventure cependant. Quatre musiciens jouent avec lui.
«Il y a beaucoup de chansonniers qui sont seuls qui réussissent à le faire. Nous autres, c'est un petit peu comme un défi d'avoir le même créneau, mais de faire vivre cinq personnes aussi avec ça. C'est un beau petit défi et on réussit à le faire en groupe», lance-t-il, fier des projets réalisés avec ses collègues.
Le métier vu par l'artiste
Le travail du chansonnier est en fait principalement concentré pendant les fins de semaine. Éric Masson et ses musiciens prennent la route, montent sur scène et recommencent le lendemain. Ça se poursuit souvent jusqu'au dimanche.
Éric Masson chante les propres compositions de son groupe, mais l'esprit du chansonnier n'est jamais très loin. Il n'a pas l'intention de délaisser les reprises qui l'ont fait connaître et qui l'ont mené où il est.
«Je discute avec d'autres chansonniers et ils sont tannés de chanter Le vieux dans le bas du fleuve et toutes ces chansons-là. Je trouve que ces chansons font partie de notre histoire. Il y a de plus en plus de jeunes qui viennent nous voir et je trouve que c'est important de transmettre ça, raconte-t-il en décrivant sa vision du métier de chansonnier. C'est autant aimer les gens qu'aimer la musique. C'est la relation qu'il y a entre les gens et ta gang», admet-il en énumérant les qualités liées à ce même métier.
Alors que la carrière se porte déjà bien, Éric Masson ne compte pas quitter la région si jamais tout cela devenait encore plus prenant. «M'implanter à quelque part, je ne pense pas que c'est quelque chose, premièrement, qui changerait de quoi et surtout ça ne m'intéresse pas. Je suis bien ici et je suis prêt à faire le sacrifice de faire plus de route», confie celui qui est soucieux que sa famille et ses amis soient tout près de lui.
Il faut toujours commencer quelque part
Comme plusieurs artistes qui tentent de percer, Éric Masson rappelle que c'est au bas de l'échelle qu'il a débuté.
«Il y a eu je ne sais pas combien de spectacles-bénéfices, des spectacles dans des petits bars où souvent ça ne paie même pas ton essence pour y aller, confie-t-il. Souvent, avant de faire le festival dans une ville, il a fallu que j'aille jouer peut-être 10 ou 12 fois dans le petit bar de la région ou dans un party de famille dans un sous-sol. Le cheminement est vraiment long avant d'aboutir à ce qu'on veut aboutir», poursuit-il, comblé par le métier qu'il pratique.
Pas de répit pour Éric Masson et ses musiciens
Toute cette histoire a commencé il y a quelques années, alors qu'un propriétaire d'un resto-bar à Percé proposait à Éric Masson un contrat d'une soixantaine de spectacles pour un été. Quand il est revenu en Mauricie, les gens ont commencé à remarquer ce qu'il faisait. Depuis ce temps, des musiciens se sont joints à lui et leur agenda commun est bien rempli.
Aujourd'hui, Éric Masson c'est aussi la violoniste Marie-Josée Richard, le trompettiste Stéphane Bédard, le batteur Louis Thériault et le bassiste François-Charles Turcotte.
«J'entends souvent des gens dire qu'ils s'en vont voir Masson à telle place, mais mon show ne serait pas ce qu'il est sans toute ma gang. Je leur laisse une grosse place dans le spectacle», souligne-t-il.
Cet été, les boîtes à chansons et les bars sont mis de côté et les spectacles extérieurs sont à l'horaire. Bien que le groupe participe à différents événements dans la région, les artistes jouent bien au-delà des frontières mauriciennes.
Un pas à la fois
C'est en passant par la petite porte d'en arrière, comme dit Éric Masson, qu'il croit faire sa place dans le milieu artistique. Ses musiciens et lui vont d'ailleurs partir à la conquête du Lac Saint-Jean et de la Beauce, deux bouts de pays où ils souhaitent qu'on les découvre.
«On se fait connaître par les poignées de mains. Des fois c'est 10, 15 ou 20 personnes à la fois. On fait nos compositions aussi, on les fait connaître comme ça à travers le spectacle», dit l'artiste qui aura 32 ans à la fin du mois.
Le dimanche 29 juillet, Éric Masson sera en spectacle en Mauricie. Il participera au Festi-Beach de Lac-à-la-Tortue.
Le Nouveau-Brunswick est une destination inscrite à l'agenda depuis quelques années. Dans cette province, Éric Masson souligne qu'il ne passe pas inaperçu.
«Il y a un engouement aussi fort là-bas qu'ici dans ma région. On est comme leur petit groupe local à eux autres aussi», note-t-il avec amusement en parlant de ce public néo-brunswickois accueillant.
En plus des spectacles, il prépare, avec ses musiciens, un nouvel album. Les cinq artistes n'oublieront pas leur petit côté chansonnier en laissant place à une ou deux reprises sur ce disque.
La musique, c'est la vie à temps plein pour Éric Masson. L'horaire est chargé et il se considère bien chanceux.
«En parlant avec d'autres musiciens, il y en a beaucoup qui disent qu'ils aimeraient jouer toutes les fins de semaine. Ce pourquoi je trouve que je suis le plus chanceux, c'est qu'après neuf ans, les gens se déplacent encore pour venir me voir», remercie le chanteur qui explique possiblement cette appréciation par la relation qu'il a avec son public.