Le jazz selon Émilie-Claire Barlow

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La chanteuse ontarienne Emilie-Claire Barlow réinvente des grands...

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La chanteuse ontarienne Emilie-Claire Barlow réinvente des grands succès à sa manière. Elle sera en spectacle au FestiVoix de Trois-Rivières demain. Sa prestation se tiendra sur la scène Desjardins des Voix multiples à 19 h. Son premier album en français sera disponible cet automne.

Marie-Pier Cloutier
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Son prénom francophone pourrait trahir ses origines, mais la chanteuse Emilie-Claire Barlow est bel et bien Torontoise et elle ne parle français que depuis cinq années seulement.

Elle plonge son auditoire dans le passé alors qu'elle revisite des pièces jazz des années 30 et 40. Pour son dernier album, elle s'est permis un saut dans le temps afin d'avancer de deux décennies et de faire revivre les années 60 à son public. Ses admirateurs de Trois-Rivières voyageront dans le temps alors qu'elle sera en prestation lors de la soirée de clôture du FestiVoix demain.

Ce sera la deuxième visite en sol trifluvien pour l'Ontarienne qui apprécie son chaleureux public québécois. Son spectacle aura lieu à 19 h sur la scène Desjardins des Voix multiples. Elle interprétera sans doute certaines de ses pièces en français, elle qui a inclus quelques titres francophones sur ses plus récents disques. Elle a déjà huit albums à son actif, dont les trois premiers qui étaient signés par son groupe.

«J'ai trouvé mon style pour le quatrième album Like a lover. J'ai trouvé ma voix», souligne-t-elle en parlant du disque qui a été le premier d'une série de cinq depuis l'affirmation de ce style. «J'ai voulu prendre des chansons qui me sont familières, les démonter et les reconstruire dans mon style à moi. Je réinvente des succès des années 30 et 40. Pour le dernier disque, j'ai pris seulement des chansons des années 60. J'aime l'idée de réinventer, c'est excitant!», explique-t-elle.

«Sur mes albums, ce sont des chansons du répertoire américain, le Great american songbook. Il y a aussi quelques chansons françaises et brésiliennes», ajoute Emilie-Claire Barlow. C'est ainsi qu'elle porte à l'oreille de ses admirateurs, entre autres, des reprises des pièces You're driving me crazy, You make me feel so young et On the sunny side of the street.

Sur The beat goes on, album paru en 2010 où elle personnalise des titres des années 60, on peut danser au rythme du classique These boots were made for walkin'. Elle reprend aussi avec assurance la pièce Comme je crie, comme je chante de Pauline Julien. Elle semble prendre toute la place qui lui revient lorsqu'elle lance «Prenez-moi comme je suis». Si quelques pièces sont plutôt nostalgiques, plusieurs sont énergiques et font systématiquement bouger la tête au rythme des notes. L'album porte bien son titre.

Enfance inspirante

L'artiste baigne dans la musique depuis sa tendre enfance. «Quand j'étais jeune, la musique était présente dans ma famille. Ma mère était chanteuse et mon père jouait de la batterie. Ils étaient des musiciens de studio, ils ont fait des thèmes publicitaires et ils ont joué sur des albums. Dans ma jeunesse, j'ai passé beaucoup de temps dans le studio et j'ai commencé à chanter vers l'âge de huit ans, raconte la chanteuse. À l'école secondaire, j'ai étudié le théâtre musical et j'ai ensuite étudié la théorie et les arrangements musicaux au Humber College de Toronto», poursuit-elle.

«Quand j'étais jeune, j'ai écouté ma mère qui chantait les chansons des années 30 et 40 et je suis devenue familière avec ces chansons», se souvient l'artiste qui a recroisé ces pièces pendant ses études secondaires avant de les interpréter sur ses albums.

Elle puise aussi son inspiration dans l'oeuvre de grands artistes. «J'aime beaucoup les chanteurs comme Mel Tormé, Nancy Wilson et Ella Fitzgerald», avoue la chanteuse passionnée.

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Seule ce soir, c'est le titre prévu du premier album en français d'Emilie-Claire Barlow.

Un premier album francophone

Seule ce soir, c'est le titre prévu du premier album en français d'Emilie-Claire Barlow. La chanteuse semble bien fière de ce titre qui décrit l'humeur générale de ce prochain disque qui sera tout en mélancolie et en romantisme. C'est à l'automne prochain que le public pourra se procurer le neuvième album de la chanteuse de Toronto.

Son intérêt pour la chanson francophone ne date pas d'hier. Sa mère l'a certainement influencée, elle qui est francophile. «Ma mère aime tout ce qui est en français, que ce soit la langue, la musique ou la cuisine», indique Emilie-Claire Barlow qui mentionne aussi que ce nom à consonance francophone n'est pas étranger à la passion de sa mère pour la langue de Molière. Cet intérêt transmis de la mère à la fille, elle enregistre des titres en français sur des albums principalement anglophones depuis quelques années déjà.

Nouvel album, nouvelles versions

L'album francophone à paraître ne sera pas inconnu des admirateurs qui suivent l'artiste depuis ses débuts. Elle a décidé de reprendre certaines pièces en français qu'on retrouve sur ses albums précédents. «J'ai voulu refaire des chansons que j'avais déjà enregistrées. Nous les avons faites il y a quelques années et nous sommes devenus plus intimes avec les chansons.

Nous les avons jouées en tournée et nous avons évolué. C'est pour ça que nous faisons de nouvelles versions», explique-t-elle.

Sur ce disque, on pourra donc écouter quelques versions revisitées des pièces qui ont déjà fait le succès de la chanteuse. Entre autres, le public redécouvrira sous un autre jour les chansons Les yeux ouverts, C'est si bon, Chez moi et Jardin d'hiver. Les deux premières paraissaient sur son album The very thought of you (2007) et les deux autres sur Haven't we met? (2009).

Son répertoire en français sera aussi bonifié par de nouveaux titres comme La plus belle pour aller danser et Quand le soleil dit bonjour aux montagnes, des pièces bien connues au Québec.

Un cadeau pour les Québécois

Cet album francophone est une façon de souligner cette belle relation qu'elle a avec ses admirateurs québécois.

«Je voulais montrer mon appréciation et dire merci aux gens du Québec. Je veux aussi montrer mon respect pour la langue et pour la musique francophone», confie l'artiste ontarienne. Son amour pour le français est évident et il n'est pas difficile de se laisser charmer par le petit accent de la chanteuse.

Elle maîtrise d'ailleurs déjà assez bien sa deuxième langue, mais elle souhaite profiter de ce nouveau disque pour améliorer ses habiletés.

«Pour moi, chanter en français me permet de m'exprimer d'une manière différente. La langue est belle, poétique et romantique», pense-t-elle. Elle croit aussi que sa voix se transforme selon la langue dans laquelle elle chante et qu'elle peut produire des sons différents en passant d'un idiome à l'autre.

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