«Je ne fais pas du Walt Disney, mais j'essaie de coller sur ce modèle-là un spectacle familial, une expérience que pourront autant apprécier un petit gars de sept, huit ans qui connaît le personnage d'Amos Daragon qu'une grand-mère de 82 ans qui va se retrouver dans un univers merveilleux», formule le Centre-Mauricien à qui la direction de la Cité de l'énergie a confié la conception du grand spectacle qui succédera à Éclyps dès le 3 juillet.
Plus tard dans l'entrevue, Bryan Perro fait à nouveau référence à Walt Disney lorsqu'il discute de son auditoire-cible. «C'est pour tout le monde. J'ai voulu créer quelque chose d'accessible pour les sept à 77 ans, selon l'expression cliché. Quand on pense à du Walt Disney et qu'on se demande c'est pour qui, on sait que ce n'est pas seulement pour les jeunes!»
Donc, pas nécessaire d'avoir lu les 12 romans des aventures d'Amos Daragon publiés depuis 2003 et les deux premiers tomes de la trilogie Amos Daragon - Le Sanctuaire des braves, édités en novembre 2011 et en mars dernier, pour «comprendre» la trame du spectacle qui animera les soirées de la Cité de l'énergie du mardi au samedi jusqu'au 18 août.
Le scénario correspond au premier roman. «Il était déjà complet. Il est utilisé pour bien lancer l'histoire. C'est une histoire fermée, plus que les autres», fait remarquer le «père» de ce jeune personnage de 12 ans, premier élu de la «génération des porteurs de masques», tout droit sortie de l'imaginaire de Bryan Perro. D'où le titre de ce premier roman de la série, Amos Daragon, Porteur de masques.
La forme
Nous l'évoquions plus tôt, Amos Daragon - La première aventure échappe aux formes de productions culturelles traditionnelles. Oui, on aura une scène, des décors, des costumes, des éclairages et un public qui ceindra le tout. Mais on comprend qu'il faut oublier le concept des comédiens qui s'échangent des répliques en se déplaçant entre deux éléments de décor d'une façon classique.
«Tout est enregistré sur bande sonore. L'action sera en jeu masqué, en marionnettes géantes et en cirque», dévoile Bryan Perro. Et le tout sera assuré par des acrobates, et non des comédiens. Des auditions ont été tenues en mars dernier pour composer la distribution des 14 artistes de cirque qui feront vivre les personnages de l'univers médiéval fantastique transposé à Shawinigan.
«Pour la plupart, il s'agira d'un premier gros contrat», précise Bryan Perro en précisant que la shawiniganaise d'origine Shannon Gélinas, diplômée de l'École nationale du cirque que l'on avait pu voir dans Éclyps, revient dans Amos. «Elle est impressionnante dans la technique du tissu aérien. Elle a même laissé tomber un contrat à Barcelone parce qu'elle n'avait pas de nouvelles, pour revenir à la Cité de l'énergie tellement elle avait apprécié l'expérience.»
Vingt bénévoles de la région feront office de figurants dans la production et, parenthèse pour les personnes intéressées, on en recherche encore.
Comme pour les deux premiers spectacles, Amos exploitera les atouts du site sur lequel il sera présenté: les atouts de la nature, dont la proximité à la rivière et à la forêt, et les atouts techniques, axés autour du plateau central tournant. Pour en donner une idée, Bryan Perro mentionne la reconstitution d'«une ville médiévale complète», l'utilisation de systèmes de projection de - très hauts - jets d'eau et de nouveaux projecteurs pour affiner l'animation.
Les répétitions pour Amos Daragon - La première aventure ont commencé mardi dernier sur le site. «Nous en sommes rendus à mettre les morceaux du puzzle ensemble», résumait Bryan Perro la veille du début des répétitions.
«La construction des décors est en train de se faire, les transitions vidéo en animation, ça roule, tous les costumes sont arrivés...», énumérait-il lundi. C'est le comédien Marcel Sabourin qui narre l'histoire enregistrée sur la trame. Quant au personnage d'Amos, il prendra la voix du comédien Raphaël Grenier-Benoît, qui incarne Olivier dans la télésérie Les Parent.
Bryan Perro a joué comme comédien dans Kosmogonia. Il incarnait le personnage du Temps dans cette création de Claude Champagne qui a tenu l'affiche à la Cité de l'énergie de 2001 à 2006. Puis il a conçu Éclyps, la production qui y a succédé pendant cinq étés.
C'est à lui que le grand manitou de la Cité de l'énergie Robert Trudel et son entourage ont confié l'élaboration et la mise en scène d'une troisième production comblant le créneau divertissement de l'attrait touristique aussi axé sur l'histoire de l'hydroélectricité.
«Le défi avec Amos est d'offrir un produit qui va surpasser Kosmogonia, et surpasser Éclyps. Et de beaucoup. On a monté une marche entre chaque production, et là, je veux en monter cinq. Tout a été upgradé», affirme Bryan Perro, conscient du lien de confiance qui l'unit à la Cité de l'énergie depuis plus d'une décennie.
«Je sens ce lien de confiance depuis Kosmogonia. Tout le monde partage la même passion d'appartenir à Shawinigan et de vouloir y créer un show grandiose. On a la même fierté, le même enlignement en ce sens», commence Bryan Perro en faisant référence à Robert Trudel et à son équipe. «Ce sont des travailleurs, les Trudel! On a cette même pulsion là du travail», constate Bryan Perro.
«On a envie de créer quelque chose à Shawinigan. Quelque chose de calibre mondial. J'en ai vu des spectacles, partout, et je peux dire que ce qu'on va faire va accoter le calibre mondial», promet le créateur. «Amos, ce sera 34 personnes en scène et une vingtaine de personnes qu'on ne voit pas. C'est sept, huit concepteurs, 70 costumes, un budget de plus de 1,8 million $», énumère-t-il.
Déjà, l'auteur qui a vendu 1,4 million de livres au Québec seulement n'est pas étranger au «calibre mondial». Sa série Amos Daragon est traduite en 22 langues et distribuée dans 26 pays, de la Russie à la Corée en passant par le Brésil, la Pologne, la Serbie, le Japon, le Portugal et l'Italie.
On se doute que si le spectacle de cet été s'appelle La première aventure, d'autres suivront... Oui, laisse entendre le créateur d'Amos, mais en indiquant tout de même que cette «première aventure» ne durera pas qu'un été.