Le défi créatif de Véronique Marcotte

Véronique Marcotte, qui assurera la mise en scène... (Photo: Stéphane Lessard)

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Véronique Marcotte, qui assurera la mise en scène des deux grandes cérémonies des Jeux du Québec à Shawinigan, s'est aussi alliée à une conseillère de la région en la personne de la comédienne Renée Houle.

Photo: Stéphane Lessard

Linda Corbo

Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Voilà six ans qu'elle a quitté Trois-Rivières pour la Métropole, Véronique Marcotte est aujourd'hui ravie d'être de retour en Mauricie. Ravie de renouer avec les gens du coin, mais surtout d'avoir l'occasion de déployer un talent qu'on ne lui connaissait que très peu ici, un art de la mise en scène qu'elle concentrera sur deux grands rendez-vous à Shawinigan, les cérémonies d'ouverture et de fermeture de la 47e finale des Jeux du Québec.

Le jour où on lui a proposé ce défi, elle l'a fait sien. «Mon premier gros trip, c'est que j'avais l'impression de revenir à la maison faire un show avec le bagage que j'ai acquis depuis cinq ans.»

À Trois-Rivières, on a connu de Véronique Marcotte l'agente culturelle et l'auteure. C'est à côté de Charles Guillemette qu'elle a eu son premier contact avec la mise en scène et qu'elle y a pris goût et c'est en compagnie de son mentor (devenu meilleur ami), le comédien et metteur en scène Denis Bouchard, qu'elle a peaufiné son art.

À Montréal, elle a été directrice artistique du Forum jeunesse du Sommet du millénaire au Palais des congrès. À Ottawa, elle a orchestré la Fête du Canada sur la colline parlementaire en 2009. À Québec, elle assistait Denis Bouchard pour la mise en scène du spectacle d'ouverture du 400e anniversaire de la Vieille Capitale. À Shawinigan, elle compte en mettre plein la vue, et ce, malgré un budget miniature.

Son terrain de jeu est le Centre Bionest. Elle adore. «C'est neuf et c'est immense», souffle-t-elle. «J'accrocherais la moitié de la planète au plafond que ça ne bougerait même pas!»

Ce qu'elle vise d'abord et avant tout, c'est de surprendre les deux délégations différentes qui entreront dans le Centre Bionest lors des deux grands rendez-vous, soit quelque 2900 jeunes à l'ouverture le 26 juillet, et un autre groupe de quelque 2900 jeunes à la clôture des Jeux le 3 août.

«Mon défi, c'est de ne jamais perdre de vue que c'est un show pour des jeunes de 14 et 15 ans. Je veux qu'ils sortent de là émerveillés.» Elle est d'ailleurs tout particulièrement fière du moment où on allumera la vasque.

Véronique Marcotte a souvent dit que sa plus grande qualité était son empathie mais elle se ravise un brin désormais. «Je réalise aujourd'hui que c'est difficile pour moi de me remettre dans la peau d'un jeune de 14 ans...», sourit-elle. En revanche, elle a une sympathie importante pour eux. «Ces jeunes-là s'entraînent à l'année longue et ils vont se battre pour des médailles cet été. Pour moi, c'est le côté lumineux des jeunes.»

Pour peupler ses spectacles, elle aura recours à des artistes connus au sein de la région et d'autres connus à la grandeur du Québec. L'animateur fait partie de ces deux catégories puisqu'elle a fait appel à Rémi-Pierre Paquin, qui est originaire de Grand-Mère, que les jeunes apprécient beaucoup, et qu'elle-même affectionne tout particulièrement du fait qu'il n'a surtout pas froid aux yeux. «J'aime son énergie. C'est un gars qui n'a pas de tabou et pas d'ego. Il a sûrement des limites, mais je ne les ai pas encore trouvées», rigole-t-elle.

Rémi-Pierre Paquin animera les deux spectacles. En fait, à l'exception d'une tête d'affiche, tous les artistes qui seront de la cérémonie d'ouverture seront aussi de la cérémonie de clôture. «Je monte un seul show, avec huit jours d'entracte», image-t-elle. D'ailleurs il faut oublier la série de numéros successifs. Véronique Marcotte mettra plutôt l'ensemble des artistes à contribution tout au long du spectacle.

Au menu, elle a prévu entrecroiser les arts du cirque, la musique, la chanson, la danse et, si le budget le permet, des performances audio-vidéo. Pour la trame sonore, certaines musiques ont été composées expressément pour l'occasion. «Il y en a une, entre autres, qui a été créée pour le moment où on allumera la vasque. Je pleure à chaque fois que je l'entends...»

Évidemment, la metteure en scène a dû conjuguer avec le protocole qu'exigent ces cérémonies. «Il y a 19 délégations à faire entrer, ça prend du temps... On m'a dit que le record était de 19 minutes et je leur ai dit que je battrais ce record avec 18 minutes 50 secondes!»

Véronique Marcotte n'est pas une adepte des grandes lignes directrices mais s'il en est une qui l'a guidée cette fois-ci, c'est celle de la lumière. «Je me paye un grand trip de lumière, qu'elle soit naturelle ou technologique», dit-elle, «et je vais aussi jouer avec les noirs...»

La metteure en scène réfléchit à ces deux spectacles depuis décembre et sur une échelle de dix, elle considère que le degré de difficulté est assez élevé. «Je dirais un gros 7 bien dodu, à cause des contraintes budgétaires.» Ceci dit, elle a pleinement confiance en ce qu'elle va proposer. «J'ai fait des erreurs dans ma vie mais dans la finalité d'un show, je ne me suis pas encore trompée!»

Véronique Marcotte... (Photo: Stéphane Lessard) - image 2.0

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Véronique Marcotte

Photo: Stéphane Lessard

Orange mécanique, un autre défi de taille

«Ça prenait une folle pour dire oui et j'ai dit oui.»

Véronique Marcotte a accepté de créer la mise en scène du classique Orange mécanique, un roman d'Anthony Burgess, popularisé par Stanley Kubrick au cinéma, qui en a fait une oeuvre-culte.

Or non seulement l'oeuvre est audacieuse, mais la jeune femme en sera à sa toute première mise en scène au théâtre, elle qui a toujours joué sur le terrain des variétés jusqu'à ce jour.

Cette invitation lui a été lancée par le producteur Paul Dupont-Hébert sous la recommandation de Denis Bouchard, qui assurera la direction artistique du spectacle alors que le comédien Alexandre Goyette en fera l'adaptation québécoise.

«Côté intellectuel, les deuxième et troisième degrés que je peux me permettre avec mes romans me manquaient à la mise en scène», note celle qui a d'ailleurs enfilé les formations avec Danielle Fichaud en direction d'acteur, en analyse de texte et en scénographie.

Outre le degré de difficulté, Véronique Marcotte débutera dans les sphères du théâtre en dirigeant des comédiens de renom, dont on ne peut mentionner à ce jour que Maxime LeFlaguais dans le premier rôle.

La metteure en scène a décidé d'épouser d'abord et avant tout le roman de Burgess. Le défi demeure imposant.

«Il faut trouver le langage propice sans tomber dans le franchouillard et raconter une histoire sans entrer dans un trip de création.»

Le résultat de son travail se matérialisera en février 2013, à l'Olympia de Montréal. La pièce sera aussi présentée à l'Impérial de Québec et au Casino du Lac-Leamy.

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