Une autre voix Cohen s'impose

Adam Cohen sera en spectacle au Théâtre du... (Photo: La Presse)

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Adam Cohen sera en spectacle au Théâtre du Cégep le 17 février.

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Linda Corbo

Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Avec ses trois albums précédents, Adam Cohen a tenté de séduire le public en se distinguant de son célèbre père Leonard, histoire de tracer sa propre voie. Ce n'est toutefois qu'à la sortie de son quatrième opus, lancé en octobre sous le titre Like A Man, que l'homme s'est imposé sur la scène internationale.

Ces jours-ci, son succès l'amène à sillonner aussi bien les routes de Londres, Paris, Berlin et Glasgow que celles de Montréal, Toronto et Drummondville, sans oublier son rendez-vous avec les Trifluviens, prévu ce vendredi au Théâtre du Cégep. Plus tard cette année, il gagnera cette fois l'Australie et les États-Unis.

Avec Like A Man, Adam Cohen a lâché prise. Après avoir lutté pendant plusieurs années contre ses tendances naturelles et ses préférences pour écouter les conseils de producteurs qui l'orientaient ailleurs, il a choisi cette fois-ci de s'harmoniser avec son code génétique. Et il s'en porte mieux.

L'auteur-compositeur et interprète l'avoue sans ambages. Avant de prendre ce tournant, il était sous l'influence de son entourage, mais aussi de son propre orgueil. «Il me manquait un courage et une sagesse pour développer qui j'étais. Je voulais participer à la business, mais pas à l'art», dit-il avec le recul. «Je voulais être star, je voulais l'adulation, je voulais le sex, drugs and rock and roll''... Je n'ai pas mis mon énergie à trouver les traits dont j'avais hérités.»

Adam Cohen considère que trois facteurs ont joué en sa faveur au cours des dernières années, à commencer par sa désillusion pour le métier, qui a bien failli le faire abdiquer. Secundo, il y a eu «ce retour incroyable et touchant de mon père sur scène», souffle-t-il.

«De voir un homme de 76 ans être au sommet, ça m'a laissé admiratif et inspiré», observe-t-il. Mais encore. En troisième lieu, il a accueilli Cassius, qui a aujourd'hui quatre ans. «En devenant père, je suis devenu très, très connecté à ma famille», dit-il.

Lorsqu'est venu le temps de concocter son nouvel album, Adam Cohen ne voulait plus miser sur la business. «Je voulais être bon. Le but n'était plus l'adulation mais c'était de construire une vie noble et digne.» En cours de processus, il savait qu'il était sur la bonne voie cette fois. «En processus de création, il était très clair que ce que je faisais allait compter.»

Le choix des dix pièces de cet album a été basé sur de nouveaux critères. Et s'il n'y en a que dix, ce n'est pas un hasard non plus. «Je ne suis pas prolifique», avoue-t-il. «Toutes ces chansons, ce sont des rescapées. Ce sont des chansons que j'avais abandonnées parce qu'elles ressemblaient trop à ce que mon père faisait. J'étais arrogant par mon appétit pour le succès. Le but ici, c'était de les sauver. Je les avais abandonnées, mais elles étaient mes préférées...»

Ceci dit, Adam et Leonard Cohen ont toujours entretenu d'agréables relations filiales. Ce n'est pas parce que le fils voulait s'affranchir de son père que le doyen s'en est offusqué, au contraire. «Mon père a toujours été incroyablement encourageant. Il m'a toujours aidé, informé, inspiré. Il a été très généreux avec ses connaissances, son appui et son amour. Je peux vous dire que je l'admire en tant qu'artiste mais aussi en tant qu'homme», note le fils. «Il savait que j'étais sérieux, que je bossais, que je travaillais. Il savait très bien que je cherchais. Il ne s'inquiétait pas de moi. Il savait.»

Quand le père a écouté l'album de son fils, c'est lui qui lui a suggéré ce titre hautement symbolique, Like A Man. «Devenir un homme, être père, prendre ses responsabilités. C'est ce qui caractérise la mission dans la vie.» C'est ce matériel qui sera livré vendredi, au Théâtre du Cégep de Trois-Rivières.

Revenir à Montréal

Adam Cohen est né à Montréal et y a passé les premières années de sa vie. C'était avant de voyager passablement jusqu'à habiter désormais à Los Angeles, avec escale de 12 ans à Paris et en Provence où il a suivi sa mère lors du divorce de ses parents, d'où son français impeccable.

«Montréal est un des deux lieux de stabilité que j'ai eus dans ma vie. C'est pour ça que ma connection est si forte avec cette ville.» Il n'en demeure pas moins que le Québec dans son ensemble lui est étranger. «Je ne suis allé que deux fois à Québec et je pense que je ne suis jamais allé à Trois-Rivières, ni au Saguenay...»

Au cours de cette enfance à Montréal, famille oblige, Adam Cohen avait déjà été contaminé par la musique.

«Pour moi, la musique n'a jamais été une décision et n'a jamais été délibérée. J'ai attrapé le virus et j'en ai développé tous les symptômes.»

Adam Cohen a beau avoir cherché sa voie pendant plusieurs années, la musique est

toujours demeurée au coeur de sa vie.

«Mon parcours n'a pas été facile mais en même temps, je ne peux pas me plaindre. J'ai eu plusieurs gérants puissants autour de moi. J'ai eu plusieurs chances de m'exprimer par la musique, à voyager dans le monde et à apprendre la business avec un certain glamour», raconte-t-il.

C'est dire à quel point, aujourd'hui que son art est assumé et apprécié, il se retrouve en harmonie avec son style de vie. «C'est quelque chose de délicieux et d'inattendu», dit-il. Il embrasse d'autant plus les tournées qui l'occupent actuellement. «J'aime beaucoup le rythme de la tournée qui ne me demande qu'à me laisser guider et à être bon. Je viens d'une période où pendant des années, j'ai vécu une absence d'organisation...»

Février lui donne rendez-vous avec Sherbrooke, Ottawa, Montréal, Toronto, Sutton, Drummondville, Québec, Trois-Rivières et Saguenay, autant de coins du Québec qu'il visitera avec ses deux musiciens, pour un rendez-vous qu'on annonce aussi doux que fignolé.

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