FRANÇOIS HOUDE
Réouverture du Théâtre Belcourt
Le projet initial de rénovation du Théâtre Belcourt, à Baie-du-Febvre, fondé en 1950, a été présenté en 2009 et était évalué à 2,7 millions $. Le 1er septembre 2010, les travaux se sont finalement mis en branle et étaient évalués à quelque 4 millions $. L'ouverture officielle d'un Théâtre Belcourt rajeuni a eu lieu le 4 mai dernier avec un spectacle de Patrick Norman et quelques mois de retard sur l'échéancier initial. Le théâtre abrite désormais une salle moderne de 340 places avec des loges, un foyer pouvant accueillir 200 personnes, un débarcadère pour les décors, de l'espace d'entreposage et une salle de répétition. De vastes locaux ont été prévus au sous-sol pour accueillir la bibliothèque municipale de Baie-du-Febvre dans le futur.
L'ascension de Denis Villeneuve
Après trois longs métrages, le cinéaste gentillois Denis Villeneuve a réalisé, en 2010, Incendies, sur son propre scénario adapté de la pièce de théâtre de Wajdi Mouawad. Début février, on annonçait qu'il était parmi les cinq films en nomination pour le titre de meilleur film en langue étrangère à la cérémonie de remise des Oscars 2011. Denis Arcand est le seul autre cinéaste québécois à avoir vu un de ses films en nomination aux Oscars. Le 27 février, Denis Villeneuve échappait la précieuse statuette aux mains de la réalisatrice danoise Susanne Biel pour son film In a Better World. Au Canada, Incendies a quand même remporté huit prix Genie et neuf prix Jutra dont, dans les deux cas, ceux du meilleur film et de la meilleure réalisation.
Greffons, une idée brillante et sympathique
À partir d'une oeuvre de Rebecca Belmore soumise à la Biennale nationale de sculpture contemporaine de 2010 et qui comptait plus de 200 quartiers de bûches de bois, la Galerie d'art du Parc et la Biennale les ont distribuées à des artistes, organismes culturelles et entreprises trifluviennes en leur demandant d'en faire une sculpture. Les quelque 193 bûches retournées ont d'abord fait l'objet d'une exposition, et, ensuite, d'un encan à l'église St-James où la vente des oeuvres a rapporté près de 15 000 $, montant auquel le CALQ ajoutera environ 45 000$ par son programme d'encouragement du mécénat. L'idée, brillante et sympathique, a permis de sensibiliser des gens à la sculpture contemporaine tout en amassantde l'argent pour deux organismes culturels locaux sans but lucratif. Bravo.
MARIE-JOSÉE MONTMINY
Boréalis, un succès qui dépasse les estimations
Un an après son ouverture du 7 septembre 2010, le centre d'histoire de l'industrie papetière Boréalis constatait dans son bilan que son objectifs de visiteurs avait été dépassé de 7863 personnes. Alors qu'on avait estimé à 24 000 l'achalandage de la première année d'exploitation du nouveau musée, ce sont 31 863 visiteurs qui se s'y sont présentés jusqu'au 7 septembre 2011. Le succès de Boréalis a été récompensé par au moins deux prix, soit un Prix Excellence de la Société des musées québécois soulignant le succès du redéploiement du Centre d'exposition sur l'industrie des pâtes et papiers dans l'ancienne usine de filtration de la Canadian International Paper et le renouvellement complet de ses expositions, ainsi que le Prix Culture Mauricie pour la mise en valeur du patrimoine industriel au Gala arts excellence tenu à La Tuque en octobre.
Année faste pour Valérie Milot
Le visage de la harpiste trifluvienne Valérie Milot figure sur les pochettes de pas un mais deux albums parus en 2011. Elle a lancé son deuxième album solo V - Musique de chambre pour harpe en mars et un autre, Old Friends - Simon & Garfunkel Classical Tribute - Hommage en duo avec son compagnon de vie, le violoniste Antoine Bareil. Old Friends est paru en octobre, le même mois où la harpiste assistait à l'Autre gala de l'ADISQ, où elle était en nomination dans la catégorie «Classique - Soliste et petit ensemble» pour son album V. Le trophée Félix est allé au pianiste Alain Lefèvre, mais la nomination confirme tout de même un certain niveau d'excellence de cette diplômée du Conservatoire de musique de Trois-Rivières.
Ingrid Saint-Pierre lance son album
Année marquante pour l'auteure-compositrice-interprète trifluvienne Ingrid Saint-Pierre, qui a présenté un premier album de ses compositions, Ma petite mam'zelle de chemin en mai. C'est à Trois-Rivières, pendant ses études à l'UQTR, que la native de Cabano a développé son art et a commencé à se produire dans des cafés. Deux extraits radio et un vidéoclip permettent à Ingrid Saint-Pierre de faire connaître les petites histoires qui inspirent ses douces chansons. Des médias montréalais l'ont qualifiée de «craquante» ou ont loué son «charme angélique». Son agenda de 2012 prévoit des concerts de Sherbrooke à Port-Cartier en passant par New Richmond, Sorel, Bécancour et Trois-Rivières.
Jacques Lacombe consolide son lien avec l'OSTR
Le directeur artistique et chef attitré de l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières Jacques Lacombe a terminé l'année 2011 en signant un contrat de cinq ans le liant à l'organisation qu'il a jointe en 2006. Partageant son temps entre l'orchestre symphonique du New Jersey, qu'il dirige aussi, et les nombreux contrats qui le mènent de Vancouver à Berlin, le chef continue à développer les activités périphériques aux concerts. Il préside le jury du concours annuel, assure la continuité du concept des Matinées symphoniques, et a annoncé à la mi-décembre la mise en place d'un projet de Classe en résidence, jumelant des musiciens de l'OSTR à des élèves de l'école Immaculée-Conception de Shawinigan.
Fouilles fructueuses à la place Pierre-Boucher
Riche terreau pour les fouilles archéologiques, le vieux Trois-Rivières a encore livré de ses secrets tout au long de l'été. Des archéologues ont mis au jour des vestiges de la palissade à la place Pierre-Boucher. Cette découverte a permis de confirmer ce qui était jusqu'alors une hypothèse quant au statut de bourg fortifié de Trois-Rivières. Les fouilles se sont tenues dans le contexte des travaux de réaménagement de la place, dans une optique de mise en valeur du patrimoine. Plusieurs artefacts et autres fondations de bâtiments ont aussi été découverts par les archéologues dans six aires de fouilles.
Les Petits chanteurs voyagent
À l'été 2011, les Petits chanteurs de la Maîtrise du Cap ont effectué leur deuxième tournée européenne en trois ans. Ils ont entre autres chanté à Barcelone en Espagne, à Toulouse en France, et à Horrues en Belgique lors de ce séjour qui s'est étalé du 18 juin au 3 juillet. Les Petits chanteurs de Trois-Rivières, eux, ont uni leurs voix à celles de quelque 300 Pueri Cantores américains et canadiens lors de la cérémonie commémorative du dixième anniversaire des attentats du World Trade Center, le samedi 10 septembre dernier à la cathédrale St. Patrick's de New York. Les anciens Petits chanteurs du quatuor vocal QW4RTZ ont aussi exporté leur talent en France à l'occasion d'une série de concerts du 23 juin au 5 juillet.
LINDA CORBO
Nouvelle vocation à l'église Saint-James
L'église Saint-James aura une nouvelle vocation. La nouvelle a été officialisée en octobre par la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, Christine Saint-Pierre. La dame est venue sur place annoncer une subvention de 1,7 M$ qui permettra à la Corporation de développement culturel de Trois-Rivières, nouvellement propriétaire, de transformer l'église en un nouveau lieu de diffusion culturel et ce, tout en maintenant sa vocation religieuse pour le bien de la communauté anglicane. Par cet octroi, l'église, qui s'appellera désormais le «Centre d'art Des Récollets St-James», subira une cure de jeunesse avec des travaux qui visent autant la bâtisse extérieure qu'un réaménagement intérieur. Dans la chapelle, on souhaite présenter des petits concerts de musique classique, de musique de chambre ou d'art lyrique, entre autres, alors que le presbytère sera rénové pour faire place à des résidences d'artistes. Les travaux se feront en deux phases, la première pour l'automne 2012 et la seconde pour le printemps 2013. Notons que le projet d'ensemble est estimé à 2,3 M$.
Bryan Perro rayonne
Le moins que l'on puisse dire, c'est que Bryan Perro n'a pas lésiné en 2011. L'auteur shawiniganais a annoncé coup sur coup, l'été dernier, la création de sa nouvelle maison d'édition, Perro Éditeur, et l'arrivée d'une nouvelle trilogie qui s'avère être la suite d'Amos Daragon. Le premier tome intitulé Le Sanctuaire des braves a été lancé en octobre et le deuxième tome est promis pour mars. Par ailleurs, Perro s'est associé aux Éditions La Presse. L'auteur prête ici sa plume au personnage de Walter, de la série animée québécoise Walter et Tandoori. Perro signera donc une trilogie pour enfants, dont le premier tome a été publié au début décembre. Développement aussi du côté du petit écran puisque Bryan Perro a également animé en octobre un série de cinq émissions sur les ondes de Radio-Canada Mauricie, sous le titre Créatures fantastiques.
Fred Pellerin sur tous les fronts
On dirait bien qu'au fil de la dernière décennie, elles ont été plutôt nombreuses, les années marquantes pour Fred Pellerin. Et ce n'est pas 2011 qui aura fait exception, que non. En avril, le conteur lançait son DVD L'Arracheuse de temps, un spectacle dont le rayonnement a d'ailleurs été fièrement souligné en juin avec la remise d'un billet double platine pour ses 206 833 billets vendus. En octobre, au tour du chanteur de se faire honorer pour son spectacle Saint-Élie-de-Chanson. Au Gala de l'Adisq, avec cinq nominations, il est allé cueillir trois Félix, pour le «Spectacle de l'année - Interprète», «Metteur en scène de l'année» et «Scripteur de l'année».
Novembre n'a pas été moins reluisant, avec le lancement de son deuxième album solo, réalisé encore une fois par son complice Jeannot Bournival, sous le titre C'est un monde. Or un mois plus tard, jour pour jour, il recevait un disque d'or pour ses 43 000 copies vendues. Parions que les Félix le talonneront de près en 2012... Mais encore, Fred Pellerin récidivait de nouveau en décembre, cette fois en livrant un conte symphonique en compagnie de Kent Nagano et l'OSM. Si on ajoute à cela son message bien senti lors de la Fête nationale en juin, son hommage vibrant à Vigneault en novembre et ses succès en France, disons qu'il a connu une année «sabbatique» joyeusement bien remplie.
Danse Encore joue d'audace
Le Festival international Danse Encore (FiDE) a connu une année de bouleversements en 2011, en jouant d'audace avec une formule renouvelée et un nouveau lieu de déploiement. Pour la première fois cet été, on a concentré toutes les activités sur la Place de l'Hôtel de ville, rebaptisée pour l'occasion le «Village de la danse», donnant à cette 17e édition un caractère particulier.
L'édition 2011 s'est distinguée par la qualité de ses spectacles en salles avec une pléiade d'invités de choix, dont le groupe Quest Crew qui est débarqué à Trois-Rivières directement de Los Angeles et qui a soulevé les foules en moins de deux. Pour la première édition de cette nouvelle formule, les organisateurs du FiDE ont été satisfaits des résultats obtenus, assez pour reprendre le tout de la même manière en 2012, tout en peaufinant la formule et en prévoyant certains réaménagements sur le plan de la logistique extérieure.
La fin du Théâtre des Marguerites
Dans un registre moins heureux, l'année 2011 a aussi été marquée par la fermeture définitive du Théâtre des Marguerites. L'institution a rendu l'âme à la fin de sa saison estivale, en septembre, après 44 ans de vie artistique. Le lieu, nouvellement acquis par l'homme d'affaires trifluvien Mathieu Dupont, servira dorénavant l'entreprise Cèdres Dupont, qui était déjà voisin du théâtre. Rappelons que cette institution avait été fondée en 1967 par Mariette Duval et Georges Carrère, qui ont connu les belles heures du théâtre d'été. Le couple avait vendu le lieu en 1988 à Reynald Bergeron, qui l'a à son tour vendu à son fils Mathieu en 2004. C'est ce dernier qui a pris la décision finale, à regret, après avoir tout fait en son pouvoir pour sauver le lieu culturel.