Charlène Paillé: La top-modèle à surveiller

Charlène Paillé est la seule fille au Québec... (Photo: Sylvain Mayer)

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Charlène Paillé est la seule fille au Québec à avoir retenu l'attention de l'agence Marilyn de New York, l'agence des Kate Moss et Adriana Lima.

Photo: Sylvain Mayer

Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Au début de l'été dernier, la Shawiniganaise Charlène Paillé terminait ses études en design de mode au Collège Lasalle de Montréal, heureuse d'aborder le métier qu'elle avait en tête depuis l'enfance.

Elle était toutefois bien loin de s'imaginer que quelques mois plus tard, elle défilerait à New York pour les Calvin Klein de ce monde et figurerait au palmarès saisonnier des dix mannequins à surveiller sur la planète, selon le New York Magazine.

Cet été, Charlène Paillé est devenue Charlie, est passée de ses «Doc Martens» aux chaussures à talons de six pouces et a été retenue pour faire la page couverture du magazine Dazed and Confused en Angleterre, au même titre que l'ont fait Madonna et Kristen Stewart (Twilight).

Mais encore, elle a vécu sa première expérience de paparazzi (ils connaissaient son nom), a travaillé avec la réputée Nicole Miller et Jeremy Scott (pressenti par Karl Lagerfeld comme le futur Chanel), et a porté les créations de Chanel, Yves Saint-Laurent, Gucci, Prada et Louis Vuitton.

En deux mois et demi à New York, Charlène Paillé est devenue mannequin. Ces jours-ci, elle défile à Singapour (elle y est pour deux mois), après quoi ce sera Londres, avec retour sur New York en janvier 2011. La jeune femme a un calendrier chargé, et elle est aux anges.

Direction Manhattan

Au mois de mai dernier, Charlène déambulait dans les rues de Montréal, occupée à aller mener son curriculum vitae aux diverses boutiques de mode, quand une femme l'a abordée, lui disant qu'elle pourrait devenir mannequin.

La Shawiniganaise avait déjà été accostée deux ou trois fois pour la même raison, mais cette fois-ci, la dame signalait qu'elle allait la rappeler. «J'ai traversé la rue et mon téléphone a sonné. C'était elle. J'ai trouvé ça tellement cute que j'y suis allée.»

Dès lors, les choses se sont précipitées. En se présentant à l'agence Dulcedo de Montréal avec son visage impeccable, ses 5 pieds 11 et ce corps longiligne, on lui a donné rendez-vous avec des agents de New York qui venaient recruter quelques beautés au Québec. «Ils ont fait le tour des agences du Québec et ils ont flashé sur moi.»

Charlène Paillé est la seule fille au Québec a avoir retenu l'attention de l'agence Marilyn de New York, l'agence des Kate Moss et Adriana Lima. Depuis, elle se dit sans-abri. «Actuellement, j'habite dans mes valises. Tout mon appartement se trouve dans des boîtes dans le garage de mes parents», sourit-elle.

Au départ, Charlène avait rendez-vous à New York pour passer un test de trois semaines, mais elle n'est finalement revenue que deux mois et demi plus tard. «Ils (les gens de l'agence Marilyn) ne m'ont jamais parlé de repartir», sourit-elle, «et j'ai fini avec 115 heures de travail à la Semaine de la mode...»

L'expérience de cette fameuse semaine lui a donné d'ailleurs un bel aperçu du rythme effréné que les mannequins doivent traverser par moment, avec un agenda qui débute par un premier rendez-vous à 7 h 30, un dernier à 20 h, et entre les deux, des rendez-vous en enfilade pour des essais de vêtements, des séances photos, des défilés et autres activités du genre, histoire de modeler son corps aux créations signées Calvin Klein, Lacoste, ou Marchesa, donne-t-elle en exemple.

«Marchesa, ce sont les robes des tapis rouges», enchaîne-t-elle, ajoutant qu'on lui a demandé de faire des essais de robes en fonction de tenues pour Scarlett Johansson et Lindsay Lohan, notamment.

Mais encore, l'horaire serait agréable si les rendez-vous étaient les uns à la suite des autres, sauf qu'à répétition, elle devait combiner deux, parfois trois rendez-vous cédulés simultanément.

Un jour, à la même heure, elle devait être à deux endroits situés aux deux extrémités de Manhattan. «J'ai couru à New York comme une vraie folle», rigole-t-elle.

«Tu manques des rendez-vous, tu arrives en retard mais c'est comme ça. Tout le monde est habitué là-bas.» Quant à ses heures personnelles, elle n'y compte pas trop. «Parfois on dort, parfois on mange...»

Le rythme reprendra de plus belle à Singapour, prévoyait-elle avant son départ, ravie. «Moi j'adore», souffle-t-elle. «J'ai toujours adoré le stress, les dernières minutes. Au Collège Lasalle, j'en ai bu du café et du Red bull. Et à Singapour, je vais avoir des chauffeurs...»?

De la création aux défilés

Charlène Paillé n'avait jamais pensé qu'un jour elle pourrait devenir mannequin.

«J'aurais eu le goût, oui, mais c'est la confiance qui manquait», dit-elle. «J'avais aussi le pressentiment que je n'allais pas aimer ça. Pour moi, c'était un monde assez superficiel...»

La jeune femme croyait par ailleurs qu'elle ne pourrait pas être prise au sérieux.

«Je croyais que mes piercings et mes tatous (sur une main, un poignet et les deux chevilles) m'en empêcheraient. J'ai toujours été une fille rock and roll mais heureusement, à New York, ils ont aimé mon côté rebelle.»

Tellement d'ailleurs qu'on l'encourage à le cultiver, et à ne surtout pas sourire en se présentant. «L'agence veut me couper les cheveux pour me différencier encore.»

Bref, Charlène Paillé n'avait jamais pensé devenir mannequin et ce, même si elle a eu un heureux modèle auprès d'elle. Sa mère, Johanne Boisvert, a été mannequin, un contexte qui a mis la jeune femme en contact avec la mode dès son jeune âge.

«Ma mère m'a raconté qu'à l'âge de 5 ans, quand on me demandait ce que je voulais faire plus tard, je répondais que j'allais faire du linge pour madames», rigole-t-elle. «Toute petite, je dessinais des robes. Disons que je n'ai jamais voulu être vétérinaire.»

En arrivant à New York, Charlène Paillé connaissait déjà très bien tous les designers et les mannequins. «Je suivais déjà les sites et aujourd'hui, je suis sur le site que je préférais!»

Sa formation en design de mode fait d'ailleurs d'elle quelqu'un qui, contrairement aux autres mannequins, peut avoir des conversations avec les créateurs.

«C'est sûr que plus tard, je vais devenir designer alors ça m'ouvre des portes. J'en apprends énormément, même que parfois, je peux donner mon avis», dit-elle.

Selon les circonstances bien sûr. «Devant des designers comme Calvin Klein, tu ne dis pas un mot et tu souris...»

Pour le moment, elle prend tout ce qui passe, et elle adore, incluant les appartements de mannequins qu'elle partage avec les autres filles de son agence, parmi lesquelles elle s'est fait quatre amies déjà, dont une Coréenne et une Suédoise. «Tout est dans un livre», dit-elle. «J'écris tout!»?

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